L’influence glacière dans la Côte-du-Sud du Québec
L’influence glacière : le paysage de la Côte-du-Sud a été façonné, dans ses grandes lignes, par l’abrasion des formations géologiques appalachiennes depuis leur émergence des fonds marins. Mais le relief actuel porte aussi l’empreinte d’un autre phénomène géologique majeur : la glaciation.
La dernière avancée glaciaire
D’après les données géochimiques recueillies dans l’Atlantique Nord, le territoire canadien aurait connu pas moins de onze grandes périodes glacières au cours des deux dernières millions d’années. Dans la région, il subsiste surtout des traces de la dernière de ces glaciations, celle du Wisconsin (du nom de la limite de son extension), qui a débuté il y a 75 000 ans pour atteindre son maximum il y a 20 000 ans, la glace couvrant alors la majeure partie de l’Amérique du Nord.
On ne peut exclure l’hypothèse d’un englacement local du massif sud du comté de Bellechasse. Dans sa progression vers le sud, le front glacier aurait englobé les glacières locaux, qui seraient redevenus autonomes lors de son retrait vers le nord. On estime à plus de 3 000 mètres l’épaisseur de la glace qui a recouvert le territoire canadien. Les pressions énormes exercées par la calotte voici on enfoncé la croûte terrestre. L’avancée de cette masses compacte à eu l’effet d’une gigantesque ponceuse.
Sur la rive nord, les roches cristallines du Bouclier laurentien ont fourni du sable mêlé de pierres que les cultivateurs appellent « terre jaune ». Cependant, les formations de la rive sud ont livré une gamme plus étendue de matériaux qui constituent la plupart des sols arables de la région. La couche de sédiments, qui atteint un maximum de 60 mètres d’anse de Sainte-Anne, s’est formée durant la déglaciation amorcée vers 18 000 ans BP (note : BP signifie « before present » en anglais. C’est-à-dire, avent l’époque actuelle.
Influence glacière : La déglaciation
Vers 13 000 ans BP, la calotte glacière se scinde en deux à la hauteur de Saint-Antonin. Cette ouverture progresse vers le sud-ouest en longeant le piedmont des Appalaches, de Saint-Onésime jusqu’à Saint-Nérée dans le comté de Bellechasse. L’espace dégagé, encore fortement déprimé est envahi par un bras de mer qui recouvre entièrement les basses terres. Les géographes ne s’entendent pas sur le niveau atteint par la mer des Goldthwait. En se basant sur les travaux de Duncan sur Kamouraska et de le Rouzes sur Bellechasse, on peut avancer le chiffre de 160 mètres. Lacombe a cru identifier près de Saint-Gervais, à 230 mètres d’altitude, un dépôt vaseux accompagné d’une plage qui pourrait être une anse de mer post-glaciaire, mais cela demeure peu vraisemblable.
Au-delà de 200 mètres d’altitude, les sols se constituent des matériaux grossiers charriés par le glacier ou du sable transporté par les cours d’eau dans les vallées. Les seuls dépôts d’argile ou de limon important sont localisés au fond des lacs. En deçà des 160 mètres, les matériaux arrachés au sous-sol ont été soumis, dans la mer de Goldthwait, au processus de sédimentation qui a déterminé par la suite, les capacités agricoles des basses terres de la région.
Le relèvement des terres
Le géographe Jean-Claude Dionne, spécialiste de la géomorphologie de la Côte-du-Sud, a démontré l’existence d’un bas niveau marin, entre 7 000 et 6 000 ans BP. Suivi d’une transgression des eaux du Saint-Laurent. Il a en effet découvert, en différents sites du rivage. (Embouchure de la rivière Boyer, Montmagny, Cap-Saint-Ignace, Rivière-Ouelle). Des souches et des troncs d’arbres fossiles dans la zone en perd intertidale actuelle. Ces vestiges témoignent de l’existence d’une forêt de conifères. Elle s’attendait à au moins 3,5 en dessous du niveau des plus hautes marées d’aujourd’hui. Comme les espaces retrouvés ne poussent pas à ce niveau, cela signifie que le niveau du Saint-Laurent était jadis intérieur d’au moins 5 mètres.
Ce reliquat de forêt étant recouvert de sédiments dins caractéristique des dépôts intertidaux, Dionne en conclut que le niveau du fleuve c’est relevé de 8 à 10 mètres durant une période qui a duré 1500 ans pour redescendre progressivement au rythme du relèvement isostatique commandé par entre rajustement de la croûte terrestre.
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Vers 3 500 ans BP, le niveau de la mer des Goldthwait ne dépasse probablement pas le niveau actuel. Les cuvettes argileuses, derrière certains crêtes rocheuses du littoral, emprisonnent l’eau de mer. Avec le temps, elles se transforment alors en tourbières. Ailleurs, le retrait de la mer de Goldthwhait a laissé, un peu partout sur le littoral de la Côte-du-Sud, une succession de terrasses. Celles-ci marquent les des stades d’équilibre entre le relèvement du socle continental et le mouvement des eaux.
La glaciation wisconsinienne représente l’événement le plus récent dans la longue histoire géologique du continent américain. À l’échelle régionale, l’envahissement du territoire par la nef de Goldthwait paraît le phénomène le plus significatif. Depuis le retrait de la mer postglaciaire, le paysage de la Côte-du-Sud n’a subi que des transformations superficielles. Du moins jusqu’à arrivée des premiers colons européens.

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Source du texte : Histoire de la Côte-du-Sud. Sous la direction de Alain Laberge. Martine Côte, Diane Saint-Pierre, Jacques Saint-Pierre, Yves Hebert. 1993. Extrait.