Villes et villages

Saint-Thuribe

Saint-Thuribe

Municipalité de Saint-Thuribe

Située dans la région administrative de la Capitale nationale et faisant partie de la municipalité régionale de comté de Portneuf, la municipalité de paroisse de Saint-Thuribe a été constituée civilement le 14 février 1898. Cette petite municipalité ne regroupe qu’environ 300 Thuribiennes et Thuribiens et s’étend sur un superficie de 50 kilomètres carrés.

Située à 8 kilomètres au nord de Saint-Casimir et une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Saint-Raymond dans la région de Portneuf, Saint-Thuribe est traversée par la rivière Niagerette et par la rivière Blanche, laquelle coule dans la partie est du territoire situé en plein dans les contreforts des Laurentides.

Née à l’extrême fin du XIXe siècle, la paroisse de Saint-Thuribe, détachée de Saint-Casimir, est érigée canoniquement en 1897 et civilement en 1898. Cette dénomination peu commune identifie également la municipalité de paroisse créée en 1898 de même que le bureau de poste qui entre en service cette année-là.

Turibe – graphie traditionnelle de ce prénom en français contemporain – ou Toribio Alonso de Mogrovejo (1538-1606) assure la présidence du tribunal de l’Inquisition à Grenade de 1572 à 1581 et devient archevêque de Lima en 1580. Béatifié en 1679, il accède à la canonisation en 1726, devenant ainsi le premier saint ayant œuvré en Amérique.

Le gentilé Thuribien, reconnu en 1986, figure déjà dans la correspondance ecclésiastique en 1900. Anciennement, on pouvait relever la dénomination de Saint-Thuribe-de-Grandbois, étant donné que le bureau de poste a longuement porté cette appellation de nature anthroponymique. Les belles terres agricoles de Saint-Thuribe favorisent la pratique de l’agriculture. Une industrie laitière florissante et l’exploitation forestière complètent le panorama économique de l’endroit.

Le réseau routier de la municipalité est formé de quelques rues et chemins parcourant la plaine agricole qui convergent vers une petite colline parsemée d’arbres où s’agrippe le noyau villageois de Saint-Thuribe. Du haut de son promontoire, l’église veille sur le village qui, comme si le temps s’était arrêté, a conservé son charme pittoresque avec ses résidences anciennes fort bien conservées. Construite en 1898 par Honoré Lachance, l’église est un des derniers exemples dans cette municipalité de bâtiments revêtus de brique rouge de fabrication locale. Son décor, réalisé en 1901, est l’œuvre de Joseph-Georges Bussières. L’église forme un ensemble unique avec le presbytère qui adopte le même parement extérieur.

Aujourd’hui, l’exploitation agricole constitue toujours la base de l’économie de Saint-Thuribe. Une industrie laitière active et l’exploitation forestière complètent son profil économique.

Notons que la Route des Fleurs traverse le territoire municipal. Cette route est entretenue par la Société d’horticulture et d’écologie de Portneuf (SHEP), un organisme à but non lucratif, fondé en 1993. La SHEP regroupe des gens curieux d’acquérir des connaissances additionnelles, de base ou spécialisées dans le domaine de l’horticulture ornementale, de l’arboriculture, de la culture potagère ou en serre et en matière d’ornithologie. Elle est affiliée à la Fédération des sociétés d’horticulture et d’écologie du Québec (FSHEQ). Tout au cours de l’année, cette société organise plusieurs activités tant pour ses membres que pour le public en général.

Lieu-dit Le Désert-à-Brave-Homme

S’étendant au pied de la colline appelée La Montagne, dans le rang Saint-Léon, ce lieu-dit est situé dans la municipalité de la paroisse de Saint-Thuribe, dans Portneuf, à 15 km au nord de Sainte-Anne-de-la-Pérade. L’appellation, d’origine descriptive, désigne un champ en culture bordé par la forêt. L’endroit est parfois appelé Le Désert-à-Dollard par les gens de la région. Le terme Désert se rencontre surtout dans la microtoponymie. Ce mot, encore usité en Normandie, a le sens de défrichement, clairière dans un bois, terrain nu au milieu d’une plantation, terrain essarté.

Coordonnées de la municipalité de Saint-Thuribe :

Adresse physique :

238, rue Principale
Saint-Thuribe.

Adresse postale :

238, rue Principale, C.P. 69
Saint-Thuribe.
G0A 4H0.

Téléphone : 418 339-2171.

Site Web de Saint-Thuribe : st-thuribe.net.

La catastrophe de St-Thuribe

Le récit d’un témoin de l’éboulement.

On écrit de La Chevrotière :

Monsieur Georges Bussières, cultivateur, demeurant tout près de l’endroit où l’éboulement a eu lieu, fait le récit suivant de la catastrophe de Saint-Thuribe, comté de Portneuf :

« Vers quatre heures, samedi matin, j’était à faire le train, j’entendis un bruit épouvantable, paraissant sortir de la rivière Blanche, à quelques arpents de chez nous. Faut vous dire, par parenthèse, que cette rivière Blanche prend sa source dans les Laurentides, à quatre lieues d’ici. C’est dans une petite rivière à peine profonde d’une brasse et large d’une soixantaine de pieds. Comme vous le voyez, elle coule assez rapidement de 60 à 75 pieds, qui sont – comme toute la région d’ailleurs – de terre argileuse, recouverte de quelques pouces d’humus à peine suffisant à la culture, Comme vous le constatez aussi, le pays est excessivement accidenté, l’on pourrait même dire bossu. Les terrains « planche » sont des exceptions, aussi n’en voyez-vous point ici.

«  Eu entendant donc ce fracas, je me précipitai vers l’endroit où se produisait le phénomène, et j’aperçus, sur lu rive gauche de la rivière, la terre qui s’écroulait avec grand bruit. L’air, en un instant, se remplit d’une vapeur à l’odeur argileuse, et l’on entendait comme un bouillonnement immense. La terre continuait de s’ébouler rapidement, sur une largeur de terrain d’environ un arpent. Je courus chez Tessier et lui criai du fuir. Je lui dis en même tempe d’aller avertir la famille Douville. Mais le chemin du Roi était déjà effronté et toute communication était devenue impossible. Tessier se sauva donc chez le voisin et l’éboulement continua de plus en plus terrible, À deux arpents de la rivière, l’éboulement s’élargit et s’étendit sur une surface d’une bonne lieue carrée. La maison d’école fut emportée lu première, puis la maison, les granges et bâtiments de Tessier, depuis lu maison de Douville et ces sept bâtisses, Des envases de glaises, hautes de soixante pieds, descendaient vers la rivière, glissaient sur ce courant mystérieux; des arbres arrachées au bois que vous voyez là-bas, à gauche, gagnaient aussi la rivière et on les voyait de loin, semblables à des mâts de navires sur une grosse mer…

Je dis à mon fils de courir chez M. le curé Martin, et de lui dire de venir arrêter ce désastre. Mon fils se rendit chez le curé, et celui-ci avec la croix, l’eau bénite, et l’encensoir, s’agenouilla sur l’autre rive et fit quelques prières qui semblèrent produire un bon citer. Il était environ six heures. Le cours de la rivière, obstrué par la terre ébouée, changea soudainement, et la terre en mouvement s’arrêta. Les abords de l’abime creusée par l’éboulement, continuèrent cependant de se défaire et de rouler en bas, mais le torrent qui chargeait les arbres et les masses de glaise s’était calmé Vers les neuf heures, la fume, la vapeur s’était dissipée et l’on procéda au sauvetage. La famille Tessier avait, heureusement, réussie à se sauver, avec quelques effets; mais tout son mobilier, ses animaux étaient perdus.

La famille Douville n’a pas été si heureuse. Réveillée en sursaut par le fracs de l’éboulement, la plupart des enfants se sauvèrent mais deux jeunes bébés qui dormaient au grenier ne se sauvèrent pas si facilement. Le jeune Donat Douville, courut au grenier, prit le bébé dans ses bras, réveilla la petite Régina, âgée de 6 ans, et lui dit de le suivre. Comme il allait franchir le seuil, la maison roula dans l’abime et ce n’est qu’avec peine que le petit Donat put se sauver avec le bébé.

La petite Régina était perdue. Les Douville n’ont donc pu rien sauver. Les bâtisses étaient assurées contre le feu, mais il n’est pas probable que les assurances paient les dégâts. L’on espère toutefois que la paroisse sera assez généreuse pour tendra la main à ces familles éplorées et à leur alléger un malheur qui aurait pu jeter dans le deuil la paroisse tout entière.

Le pont de bois a été mis en pièces. La rivière coule dans les champs ensemencés. Les dommages causés par l’inondation sont incalculables. La ferme de M. Philéas Douville, toute labourée et attendant la semence, est complètement détruite, de même que sa maison, ses granges et écuries. M. Trefflé Tessier n’a pu sauver que quelques effets.

Armoiries de la municipalité de Saint-Thuribe. Source de l'image : Site Web de la municipalité. Image libre de droits.
Armoiries de la municipalité de Saint-Thuribe. Source de l’image : Site Web de la municipalité. Image libre de droit.

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