Villes et villages

Ristigouche-Partie-Sud-Est

Ristigouche-Partie-Sud-Est

Municipalité du canton de Ristigouche-Partie-Sud-Est

Ristigouche-Partie-Sud-Est est une petite municipalité de canton qui se situe dans la Municipalité régionale de comté d’Avignon, dans la région administrative de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Elle a été constituée civilement le 30 juin 1906, elle recouvre un territoire de 54 kilomètres carrés de superficie et elle est peuplée par pas plus de 150 résidents.

En regard du territoire dont elle est issue, Saint-André-de-Ristigouche, la municipalité du canton de Ristigouche-Partie-Sud-Est se présente comme beaucoup plus exiguë, dans une proportion de 1 contre 3, et moins ancienne de 52 ans, ayant été érigée en 1907. Une mission était ouverte en ces lieux en 1897, érigée comme la paroisse de l’Immaculée-Conception en 1904. Ce territoire fort peu peuplé est bordé, à l’est par Pointe-à-la-Croix, à peu de distance de la réserve indienne de Restigouche. 

D’après le site Web de la municipalité, c’est la construction du chemin Kempt, le premier chemin terrestre qui liait toute la région du fleuve St-Laurent aux Provinces Maritimes qui a incité un plus grand nombre de personnes à s’installer dans le secteur.  Au début du XVIIIe siècle, le trajet entre Québec et Saint-Jean au Nouveau-Brunswick se faisait via le Portage du Témiscouata et le long de la rivière St-Jean.

Après la guerre de 1812-14 entre le Canada et les États-Unis, et à la pensée de plus de trouble entre les deux pays, les autorités canadiennes décidèrent qu’une nouvelle route éloignée des frontières américaines était nécessaire. Il fut décidé de construire cette route dans la Vallée de la Matapédia et qu’elle porterait le nom Chemin Kempt, ou «Kempt Road».

Sir James Kempt, dans une lettre datée de 1829, informait le colonel York qu’une expédition sous le commandement de William McDonald explorerait la vallée de la Matapédia et qu’une seconde expédition se ferait à l’intérieur des terres, à l’est de la rivière Matapédia.

En 1829, William McDonald et l’arpenteur Frédéric Fournier explorent la région et commencent un tracé du chemin de Métis jusqu’au ruisseau de l’Officier, à Pointe-à-la-Croix, sur la rivière Restigouche. Ce tracé à l’intérieur des terres couvrait une distance de 98 milles.

La construction de chemin commença en 1830 sous la supervision de McDonald et du Major Wolfe Le chemin Kempt sera terminé en 1832, au coût de 30 000 $. Ce chemin, loin d’être parfait, servait tout de même aux voyageurs et aux habitants. De Métis jusqu’au lac Matapédia, le chemin était passable.

Plusieurs voyageurs empruntant ce chemin y trouvèrent la mort dans le froid, et les intempéries de l’expédition. Plusieurs se noyèrent en tentant de traverser les rivières. Pour venir en aide aux malheureux voyageurs, le gouvernement établit quatre postes le long du chemin avec chacun un gardien.

À la suite de nombreuses plaintes par les usagers sur les conditions du chemin Kempt, le gouvernement décida de l’abandonner en 1857. Un nouveau tracé de Causapscal à la rivière Restigouche, le long de la rivière Matapédia fut adopté. Cette route a été nommée Chemin Matapédia et fut complétée en 1862. Une des conditions de l’entrée des provinces Maritimes dans la Confédération était la construction d’une voie ferrée reliant toutes les provinces du Canada.

En 1868, il fut décidé de construire une section ferroviaire dans la Vallée de la Matapédia. Le 1er juillet 1876, le tronçon Sainte-Flavie-Campbellton fut inauguré.

Ristigouche-Partie-Sud-Est donne sur la rivière Restigouche là où elle s’élargit avant de se jeter dans la Baie-des-Chaleurs. Du rivage on aperçoit des estacades utilisées pendant la drave.

Ce sont d’énormes pieux de roche et de bois aménagés en série à la sortie de la rivière entre les îles afin de retenir les billes de bois qui arrivaient avec le courant.

Le bois était coupé dans les vastes forêts en amont et jetées à la rivière lors de la crue des eaux au printemps. Le courant amenait ces billes jusqu’à l’estuaire à la hauteur de Ristigouche Sud-Est. Là, elles étaient chargées sur des barges et amenées aux différents moulins sur les deux rives.

La drave a été abandonnée au début des années 1970 à la faveur des camions de bois.

Le sentier Sillars

Le sentier Sillars est parallèle à la route 132 entre Matapédia et le chemin Kempt. Le chemin Sillars est balisé route verte d’une distance de 2,23 km. Les adeptes de vélo y retrouveront un emplacement de camping pour une tente avec table de pique-nique et installation sanitaire (toilette chimique) et poubelle à proximité du ruisseau Moffat. Dans un décor enchanteur, vous y retrouverez un sentier pédestre d’une longueur d’un kilomètre avec une vue de la rivière sur un magnifique belvédère.

Le centre d’interprétation du chemin Kempt

L’exposition se veut un voyage dans le temps, entrez dans l’univers du premier chemin terrestre liant toute la région du fleuve St-Laurent aux provinces maritimes. Divisé de façon à parcourir différents chemins, les visiteurs pourront s’imprégner de ce riche héritage et apprécier les documents, images et objets recueillis depuis plusieurs années par les bénévoles du groupe Héritage Chemin Kempt.

L’exposition est logée dans l’ancienne église St-John United construite en 1953, fermée au culte en 1995; elle ouvre ses portes en tant que Centre d’interprétation du Chemin Kempt en 2000. Il jouit d’un emplacement exceptionnel sur le chemin Kempt en bordure de la route 132.

Nous y retrouvons également une boutique d’artisanat et au sous-sol une importante collection de photos, de cartes, de documents historiques et d’artefacts recueillis au fil des ans. Il y a notamment d’anciennes cartes mondiales utilisées à l’école du village exproprié de St-Fidèle-de-Restigouche, et des objets de l’église précédente originale construite en 1861, des certificats de mariage, décès et naissances des familles pionnières anglaises du Restigouche de 1830 à 1925.

Richard Adams, un citoyen légendaire

Le citoyen le plus connu de la municipalité de Ristigouche-Sud-Est est le guide de pêche Richard Adams. Au fil des ans, il est devenu une légende dans la vallée de la Matapédia en partie à cause de toutes les personnes renommées qu’il a guidées mais aussi pour sa bonne humeur et son approche terre-à-terre à la vie. Plusieurs personnes l’ont rencontré alors qu’il faisait de l’auto-stop dans la région. Il a guidé jusqu’à l’âge de 94 ans, la preuve qu’il a aimé son travail et les rivières.

M. Adams est né dans le secteur Sillarsville de Ristigouche Sud-Est le 13 octobre 1910.

Ses parents Hudson Adams et Mina Pratt ont eu neuf enfants. À l’âge de 12 ans, le jeune Richard commence déjà à guider les pêcheurs au camp de Thomas Rand en tant que «bowman», un travail qui disparaît avec l’arrivée des canots à moteur.

Deux ans plus tard, il rentre dans la forêt pour couper les arbres et transporter les billots. C’était un travail dur qui commençait en octobre et finissait au printemps avec la drave. Seul un congé, celui de Noël, donnait du répit. M. Adams a travaillé de nombreuses années dans la forêt et est devenu un gérant d’équipe. L’été, il travaillait comme guide au Matamajaw Salmon Club de Causapscal. Il guidait notamment R.J. Cullen, le président de la compagnie forestière International Papers. Il a aussi guidé l’ex-président des États-Unis Jimmy Carter.

Richard Adams est décédé le 3 mars 2006 à Matapédia et inhumé dans le cimetière Broadlands and Kempt Road Cemetery à Ristigouche-Sud-Est.

Coordonnées de la municipalité de Ristigouche-Partie-Sud-Est :

35, chemin Kempt,
Ristigouche-Sud-Est
G0J 1V0

Téléphone : 418 788-5769.

Site Web de Ristigouche-Partie-Sud-Est : ristigouche.ca.

 

Centre d’interprétation du chemin Kempt. Source de la photo : Site Web de la municipalité de Ristigouche-Partie-sud-Est.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *