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Municipalité de Rapides-des-Joachims

Municipalité de Rapides-des-Joachims

Municipalité de Rapides-des-Joachims

Cette municipalité fait partie de la municipalité régionale de comté de Pontiac dans la région administrative de l’Outaouais. Elle ne regroupe aujourd’hui qu’environ 150 résidants.

Historiquement, le site de la municipalité actuelle a été longtemps occupé par les Amérindiens et était considéré comme étape importante du passage entre le fleuve Saint-Laurent, les Grands lacs et les Pays d’En Haut ou la Baie d’Hudson. En effet, au nord-est du site, on accède par la rivière Dumoine (Cakawitopikak Sipi et Ekonakwasi Sipi en algonquin, Acounagousin en Atikamekw), au pays des Atikamekw puis vers Trois-Rivières par la rivière Saint-Maurice.Vers le sud-est par la rivière des Outaouais, les Algonquins, les Wendats et les Iroquois accèdent à la vallée du fleuve Saint-Laurent, à Montréal et à Québec. Vers le nord-ouest, à partir de ce site, c’est la route des Pays d’En Haut en empruntant la rivière Mattawa jusqu’au lac Nipissing puis la rivière des Français vers le lac Huron ou encore, à partir de Mattawa vers le nord pour suivre la route de la Baie d’Hudson par l’Outaouais et le lac Témiscamingue en traversant l’Abitibi.

Sous le régime français, ce territoire aurait été occupé par un poste de traite, mais il se peut également que l’on ait confondu ce dernier avec le poste de traite situé à l’embouchure de la rivière Dumoine, le fort Dumoine, situé à quelques kilomètres au nord-ouest.

Sous le régime britannique, la Compagnie du Nord-Ouest et plus tard la Compagnie de la baie d’Hudson y maintient un poste de traite..

Il existe plusieurs hypothèses quant à la provenance de ce nom. D’après une légende, le nom de cette municipalité, qui coiffe un vaste territoire peu peuplé et pailleté de quelques lacs et ruisseaux aurait été attribuée à cet endroit par des voyageurs des XVIIe et XVIIIe siècles, en route vers l’Ouest. Au pied des rapides de la rivière des Outaouais, disparus en 1951 par suite de la construction d’un barrage, on aurait établi et désigné du nom d’un explorateur un endroit de repos pour les portageurs. Or, le mémoire de Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville et gouverneur de la Nouvelle-France au marquis de Seignelay en 1686, mentionne Rapides des Joachims de l’Estang et, sur une carte de Franquelin de 1688, on relève Portage de Joachim de l’Estan. Dans un autre document de 1699 figure Joachim de l’Estang, ce qui n’explique toutefois pas hors de tout doute la forme plurielle retenue. En outre, tant du côté québécois que du côté ontarien, on utilisait anciennement les formes Swisha, Sweshaw ou Shesha Rapids (carte de 1790) dans lesquelles on peut voir de manière évidente une déformation auditive de Joachim.

D’autre part, dans l’aveu et dénombrement de la seigneurie de l’Île-de-Montréal, propriété des Sulpiciens, du 1er septembre 1731, on trouve dans la côte Saint-Rémi, dépendant de la paroisse de Saint-Joachim-de-la-Pointe-Claire, fondée vers 1713, dans le premier rang : Jean Brunet dit Létang et Michel Brunet dit Létang. Pourrait-il s’agir des «deux Joachims» cités par Stanislas Drapeau? La coïncidence est pour le moins troublante. En outre, dans le premier rang de la Commune, on retrace un Jean-Baptiste Brunet dit Létang. Ainsi seraient expliquées à la fois les formes L’Estang, L’Estan, Létang et Joachim, d’où proviendrait l’appellation de la paroisse de Saint-Joachim.

Qui plus est, on trouve dans le recensement de 1681, à Champlain, Mathieu Michel Brunet dit Lestang. Ces Brunet ou leurs ancêtres pourraient donc être à l’origine du toponyme, étant donné qu’on retrouve des voyageurs et des traiteurs de ce nom à la fin du XVIIe siècle. L’endroit était fréquenté dès le XVIIe siècle, une ancienne mission ayant été établie le long de la rivière des Outaouais où un poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson avait été implanté au pied des «longs rapides», comme l’on disait à l’époque.

Vers 1871, le lieu Rapides-des-Joachims, mentionné par Stanislas Drapeau en 1863 : Rapides des Joachims et Rapides des Deux Joachims, constituait l’endroit le plus important pour la navigation sur la rivière des Outaouais et prospérait grâce à l’industrie forestière. À la même époque, le village est un port important pour l’industrie forestière. La compagnie Montreal Telegraph a un bureau à Rapides-des-Joachims. Les bateaux à vapeur y arrêtent avant de se rendre 30 kilomètres plus haut, jusqu’aux rapides de l’île du Rocher Capitaine, puis vers le Témiscamingue.

En 1886, les Pères Oblats y construisent la première église, utilisée jusqu’à la construction d’une nouvelle en 1922. L’ancienne église serve de salle paroissiale jusqu’à ce qu’elle soit détruite par le feu en 1949. Les Pères Oblats établirent également une école à cette époque.

La municipalité de Rapides-des-Joachims fut incorporée en 1955 et le Canton d’Aberdeen fut plus tard annexé à celle-ci. Le premier maire fut J.H. Mador. L’appellation actuelle de la municipalité érigée seulement en 1955, par détachement des cantons de Sheen, Esher, Aberdeen et Malakoff, a déjà été attribuée au bureau de poste créé quelque 100 ans plus tôt, en 1853.

Le front du canton d’Aberdeen donne sur la rivière des Outaouais, plus précisement sur le lac Holden, où une presqu’île est occupée par Rapides-des-Joachims. La partie restante du canton, dont l’altitude moyenne se situe à 300 mètres environm contient une foule de petits lacs d’où se dégagent les ruisseaux Moore et Penniseault. Cette appellation est empruntée à une ville située sur la côte nord-est de l’Écosse, capitale du comté d’Aberdeen. Ce canton ne figure pas sur la carte de Gale et Duberger dressée, il semble avoir été découpé à même un canton qu’on avait prévu, sans suite, dénommer Hastings, a été décrit en 1863 par Stanislas Drapeau et proclamé officiellement en 1870.

Aujourd’hui, le village est devenu le site de l’un des appontages de la voie navigable de l’Outaouais qui transporte les bateaux autour du barrage d’Ontario Power Generation, faisant le lien entre la section de Pembroke de la rivière des Outaouais à la partie supérieure de la rivière Mattawa.

Rapides-des-Joachims

Rapides-des-Joachims. Source de la photo : P199, commons.wikimedia.org/wiki/File:Rapides_Joachims_QC_1.jpg.

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