21 août 1968 : Les Russes envahissent la Tchécoslovaquie. L’armée russe à Prague
Invasion – éclair de la Tchécoslovaquie. La résistance tchécoslovaque à l’invasion est beaucoup plus symbolique que réelle. Radio-Prague a annoncé que des troupes soviétiques, polonaises, hongroises, est-allemandes, et bulgares avaient envahi le territoire de la Tchécoslovaquie. Une directive du présidium du Parti communiste tchécoslovaque a recommandé à la population de ne pas s’opposer à l’avance des troupes communistes. Dès que la nouvelle fut connue, les principaux hommes d’Etat occidentaux, MM. Johnson, Kissinger et Wilson furent mis au courant de la situation. Le président Johnson convoqua immédiatement une réunion du Conseil américain de sécurité.
Ce fut l’ambassadeur soviétique à Washington, M. Anatoly Dobrynine, qui informa lui-même le président Johnson de la pénétration des troupes communistes en Tchécoslovaquie. Par la suite, Radio-Prague annonçait que le présidium du Parti communiste tchécoslovaque siégeait sans interruption et que le Gouvernement et l’Assemblée nationale étaient convoquées. Un quart d’heure plus tard, les émissions de Radio-Prague étaient interrompues, après que le speaker eut annoncé que la capitale tchécoslovaque et tout le pays étaient occupés par des unités du pacte de Varsovie.
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Le speaker avait également signalé que plusieurs émetteurs avaient dû cesser leurs émissions et qu’un avion étranger tournait autour de la maison de la radio, à Prague. Il avait demandé par ailleurs auditeurs de faire connaître les informations par tous les moyens. Après avoir gardé le silence pendant quelques heures après l’invasion de la Tchécoslovaquie, les organes de presse soviétiques, et notamment l’agence TASS, annonçaient que des hommes d’État tchécoslovaques avaient demandé aux pays du pacte de Varsovie de leur venir en aide, y compris l’aide militaire.
Le communiqué du présidium tchécoslovaque annonçant l’invasion du pays par les troupes communistes, outre de recommander à la population de ne pas s’opposer à l’avance de ces troupes, déclarait que les forces de la police tchécoslovaque n’avaient reçu aucun ordre d’intervenir. Le correspondant de l’agence Reuter à Prague, Vincent Buist, a signalé que des coups de feu ont été tirés de l’édifice du comité central du Parti communiste tchécoslovaque lorsqu’une foule de jeunes manifestait devant le bâtiment aux cris de “Dehors les Soviétiques”. Le bâtiment a d’ailleurs été encerclé par des blindés marqués d’une croix blanche. Selon un journaliste tchèque, une colonne de blindés soviétiques a pris position autour du Château de Hradcany, siège du président de la République.
Invasion – éclair de la Tchécoslovaquie
À Moscou, la déclaration diffusée par l’agence TASS a précisé que les gouvernements des pays du pacte de Varsovie ont décidé d’apporter à la Tchécoslovaquie l’aide demandée. Toutefois, le bulletin du Radio-Prague, adressé au “peuple entier de la République socialiste tchécoslovaque” annonçait l’invasion du pays. On l’a capté à Washington. Il donne une version différente des événements. “À 23 heures (17 heures HAE), des troupes soviétiques, polonaises, est-allemandes, bulgares et hongroises ont franchi la frontière tchécoslovaque”, dit le bulletin.
“Ceci s’est produit sans que le Président de la République, le président de l’Assemblée nationale, le premier ministre ou le premier secrétaire du Parti communiste tchécoslovaque en soient avertis”, poursuit le bulletin. La communication demande aux citoyens d garder leur calme. De ne pas opposer la résistance aux troupes étrangères. “Notre armée, nos forces de sécurité et notre milice du peuple n’ont pas reçu l’ordre de défendre le pays”. Ainsi poursuit le bulletin qui conclut : “Le présidium du Comité central du Parti communiste tchécoslovaque considère cette action non seulement contraire aux principes fondamentaux régissant les relations entre pays socialistes. Mais aussi comme une violation des principes de la loi internationale.
Finalement, la résistance tchécoslovaque fut beaucoup plus symbolique que réelle. L’invasion a mit fin au printemps de Prague. Elle a provoqué un tollé de protestations dans tous les pays du monde. Sauf en Union Soviétique ou ses pays satellites. Pourtant sans qu’aucun geste ne se pose pour porter secours à la Tchécoslovaquie par quiconque.