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Femme de ménage de demain

Femme de ménage de demain

La femme de ménage de demain aura un diplôme en arts ménagers

Montréal – La « ménagère » à louage est habituellement une femme dont la famille est élevée et qui a consacré une bonne partie de sa vie aux soins
domestiques. De nos jours, une nouvelle dimension s’ajoute à son métier, cependant, il arrivera souvent qu’elle détienne un diplôme en arts ménagers, à la suite d’un cours de 600 heures.

Mme Laurette Gagnon, directrice du service ménager de la Société de service social aux familles, a traité récemment, en interview, de ce cours inauguré en octobre dernier, offert d’abord en français seulement,
mais qu’on doit bientôt donner en anglais lorsqu’on en aura obtenu la permission du gouvernement du Québec.

Le cours, parrainé par le Centre de la main-d’oeuvre du Canada en collaboration avec la Commission des écoles catholiques de Montréal, permet à la mère de famille qui y assiste d’être dédommagée, à raison de $37 par semaine pour elle même, $18 pour la première personne à sa charge de $10 par personne additionnelle, jusqu’à concurrence de $75 par semaine pour toute la durée du cours de quatre mois.

Les autres femmes qui ne sont pas éligibles à [allocation versée par le fédéral suivent le cours gratuitement.

Les ménagères peuvent être appelées pour prendre soin d’une personne malade ou âgée, s’occuper des enfants d’un foyer dont la mère est malade, ou pour assister les jeunes femmes à qui leur formation ne leur permet pas de tenir maison convenablement.

Les heures de travail de la ménagère s’accordent à celles du mari qui reprend les soins de sa maison après son travail extérieur. L’engagement dure habituellement moins de six- semaines.

Mme Gagnon dispose de 56 ménagères, dont 24 diplômées, qui reçoivent $62.50 par semaine au départ.

Soixante femmes ont terminé le cours jusqu’à maintenant. Certaines travaillaient dans des familles depuis une dizaine d’année mais semblent avoir trouvé dans le cours un intérêt certain.

Après des exposés d’avocats, médecins, économistes et psychiatres, les futures ménagères étudient des sujets allant de l’anatomie à la psychologie des vieillards en passant par la loi matrimoniale et les aspects légaux du divorce, de la séparation, de l’adoption et des droits des mineurs et des femmes.

Elles étudient l’alcoolisme, la sociologie, le grossesse, les éléments de soins hospitaliers, la nutrition, la couture, la décoration intérieure et la dynamique familiale, en somme tous les
aspects de la vie quotidienne.

Des économistes conseillent les femmes sur l’économie domestique. On limite au minimum les soins infirmiers, dit Mme Gagnon, et il s’agit plutôt d’apprendre à administrer des médicaments ou à baigner les invalides.

Le cours est, en théorie, ouvert à toute femme de plus de 18 ans qui possède un certificat de neuvième année, mais Mme Gagnon préfère recevoir des femmes de plus de 30 ans qui ont souvent élevé une famille et passé beaucoup de temps dans un foyer.

De plus, rares sont les femmes qui, hospitalisées, aiment savoir qu’une jeune fille s’occupe de leurs enfants et surtout… de leur mari.

Même après l’octroi de diplômes, l’Association des services familiaux a plusieurs occasions de suivre ses ménagères de près. Durant la première semaine de service, la ménagère peut recevoir la visite d’une surveillante. De plus, l’agence suit de près la famille, une fois le service terminé, pour découvrir si tout s’est bien passé.

Auparavant, les femmes ont déjà passé près d un mois de leur cours en apprentissage dans des foyers, sous surveillance.

Mme Gagnon, qui a fondé le service de ménagères lorsqu’elle est entrée à ’’agence il y a 11 ans, voit plusieurs avantages immédiats dans le diplôme de ménagère.

PROBLEMES D’EMPLOI

Il est évident que le cours donne , à l’agence meilleure chance de choisir les postulantes, qu’on triait auparavant d’après leur expérience et les résultats d’un examen oral de deux heures et dune formation de deux semaines.

Surtout, selon Mme Gagnon, la ménagère diplômée s’intègre plus facilement à la famille, car elle a appris à respecter et accepter quelque situation que se soit tout en sachant qu’elle ne put la changer en deux ou trots semaines.

Chaque ménagère travaille en compagnie d’un travailleur social et l’agence a découvert dans le passé que des femmes non formées tentaient parfois d’influencer le travailleur social, se fiant à leur connaissance de la famille.

Le cours permet aussi aux ménagères de travailler. Mme Gagnon cite le cas d’une diplômée qui a trouvé un emploi au Pérou. D’autre part, un bon cours peut créer des problèmes d’emploi.

Le service de Mme Gagnon, plus important en soins ménagers à louage à Montréal, n’engage maintenant que les diplômées, mais le tarif familial qui varie de rien du tout à $2 par jour amène un manque de fonds qui limite sérieusement le nombre de femmes que l’agence peut embaucher.

On comprend bien que les femmes ne suivront pas le cours si elles savent qu aucun travail ne les attend. Montréal est, à ce point, désavantagée.

Non seulement se trouve-t-il plusieurs agences divisées selon la religion, mats aussi selon la langue ce qui limite les ressources du gouvernement provincial et de la campagne de charité de l’agglomération montréalaise.

La demande de services de ménagères est cependant si forte que l’on songe à grouper les agences. Mme Gagnon et ses compagnes pourront alors rattraper Toronto où l’on compte plus de 260 ménagères à louage.

(Ce texta a été publié le 6 septembre 1969 par le quotidien Le Soleil).

Rose rouge. Photo d'Anne Perecoti.
Une rose rouge. Photo d’Anne Perecoti.

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