Théâtres du Québec

Le Monument-National revit

Le Monument-National revit

Le Monument-National revit

La dernière fois que Paul Morency a franchi les portes du Monument-National, c’était en 1934. La Société canadienne d’opérette, à qui il prêtait sa voix de basse depuis six ans, cessait ces activités cette année-là.

En y entrant hier, le 25 juin 1993, 59 ans plus tard, le vieillard de 84 ans en avait des frissons dans le dos. «Je suis tellement heureux d’être ici. Je ne pensais pas pouvoir venir. Heureusement, a-t-il dit, le beau temps m’a poussé jusqu’ici».

Paul Morency n’était pas revenu au Monument-National depuis tout ce temps, d’abord à cause de la guerre – qui lui a pris la jambe gauche – et ensuite, parce qu’après «c’était tellement délabré et à l’agonie que je ne voulais pas voir ça».

Prenant appui sur la canne qui ne le quitte plus, Paul Morency découvre un nouveau Monument-National qui n’empêche pas ses vieux souvenirs de remonter à la surface.

Bien sûr, il ne l’a pas revisité de la cave au grenier, son Monument-National, comme l’ont fait 1500 personnes depuis hier, deux journées portes ouvertes organisées pour marquer le centenaire du bel édifice du boulevard Saint-Laurent.  Sa visite guidée à lui n’a duré qu’une quinzaine de minutes, mais quelles visite!

L’escalier monumental est le même, les céramiques du plancher d’entrée aussi, ainsi que les boiseries aux étages. Dans la grande salle Ludger-Duvernay, Paul Morency en a presque eu le souffle coupé. Les fauteuils – rajeunis – sont les mêmes qu’en son temps pour au moins 300 des 800 places qui compte désormais la salle, le plafond et les fresques aussi, le balcon, etc.

De 1928 à 1934, Paul Morency a prêté sa voix de basse à la Société canadienne d’opérette et participé, dans les chœurs, à Madame Butterfly, aux Comptes d’Hoffmann, etc. Et il craint d’être le seul survivant de la troupe «à voir revivre le Monument-National». À l’étudiant guide qui l’accompagnait, il a dit : «Vous me faites un grand plaisir». Ça me touche au cœur.»

À la directrice de l’École nationale de théâtre du Canada, Madame Monique Mercure, il a repris : «De me retrouver ici aujourd’hui, j’ai des frissons partout. Merci à l’École de le faire revivre».

Et il a franchi les portes du Monument-National nouveau.

Le Monument-National a été inauguré il y a 100 ans aujourd’hui.

Construit par la Société Saint-Jean-Baptiste, le Monument national fut le théâtre de grandes manifestations politiques et culturelles. Henri Bourassa y prononça de grands discours, Wilfrid Laurier aussi. Après la Société canadienne d’opérette, les Variétés lyriques de Lionel Daumais les Fridolinades de Gratién Gélinas y ont connu un immense succès populaire. On y présenta aussi du théâtre yiddish, du théâtre moderne et des revues.

Après la Seconde guerre mondiale, le Monument-National n’était plus ce qu’il était : la mauvaise réputation de La Main et l’arrivée de la télévision lui portent le coup de grâce. Au début des années 1960, la Société Saint-Jean Baptiste veut s’en départir. L`École nationale de théâtre du Canada loue le Monument-National et en 1965, elle y présente ses exercices publics. Le gouverneur de l’école, M. Arthur Gelber, s’en porte acquéreur en 1971. Sept ans plus tard, l’École nationale de théâtre en devient le propriétaire.

En 1991, on entreprendre de le restaurer. Deux ans et 18 millions de dollars plus tard, le Monument-National revit. Ne reste plus au faubourg Saint-Laurent, tout autour, d’en faire autant.

(D’après La Presse. Ce texte a été publié le 25 juin 1993).

Communiqué : Un drame missionnaire au Monument National

Pourquoi chacun doit-il se faire un devoir d’assister à là représentation du drame missionnaire ‘’ANDALOUMA” qui sera donné dans le soirée du lundi 13 mai prochain (1930), au Monument National ? – D’abord, parce que la représentation elle-même mérite d’être vue: c’est une pièce qui repose les esprits en les instruisant, qui fait connaitre les mœurs des indigènes du centre de l’Afrique, le trafic si inhumain des pauvres esclaves noirs, et le travail apostolique des missionnaires en ce milieu.

C’est certainement plus intéressant que le récit de scènes d’amour risquées que l’on peut si facilement voir à l’affiche. Une autre raison c’est que cette représentation est donnée au profit de la grande Exposition missionnaire que l’on prépare pour la semaine du 21 au 28 septembre prochain, au Manège militaire de la rue Craig. Personne n’ignore que là représentation de ces fêtes, dont Montréal profitera à tous points de que, demande des fonds considérables; ce n’est pas une entreprise d’argent, mais de propagande. Jusqu’ici quelques centaines de piastres ont été versées aux fonds d’organisation. Il en faut sans doute davantage. C’est pourquoi les Anciens du Patronage Saint-Georges ont offert gracieusement leurs services et les directeurs de la Société Saint-Jean-Baptiste ont mis généreusement à leur disposition la salle du Monument National.

Les recettes iront donc en entier à L’Exposition missionnaire de Montréal. On fera connaître ce soir-là le programme des fêtes missionnaires que l’on prépare pour le mois de septembre.

Les billes aux prix populaires de .34, .50,.75 et $1 sont en vente à l’Institution des Sourds-Muets et à cent endroits de la ville. Pour information, appeler téléphone 1276.

salle ludger duvernay

Salle Ludger Duvernay du Monument national. Photographie libre de droit.

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