Hommage à Brian Mulroney

Un hommage grandiose à Brian Mulroney à Ottawa

(Par André Pratte et Denis Lessard. Texte publié dans La Presse, le 12 juin 1993).

Dix ans jour pour jour après l’avoir élu à la tête de leur parti et 48 heures avant de choisir son successeur, les militants conservateurs ont rendu hier soir un hommage grandiose à Brian Mulroney. Assemblés au Centre municipal d’Ottawa, 7000 personnes ont entendu des vedettes, des politiciens et des amis du premier ministre du Canada louer ses réalisations politiques et ses qualités personnelles.

À la fin de cette cérémonie de deux heures, M. Mulroney s’est lui-même joint au concert d’éloges, consacrant l’essentiel de son discours d’adieu à vanter ses réussites électorales et le travail de son gouvernement. « Je peux vous dire ce soir qu’après deux gouvernements majoritaires successifs et neuf ans au gouvernement, ce parti a connu sa période la plus fructueuse depuis Sir John A. MacDonald », a souligné le premier ministre sortant. Aux Québécois, M. Mulroney a rappelé l’engagement qu’il avait pris en 1984 : « Nous nous sommes engagés à vous représenter avec honneur et dignité et nous avons tenu parole ».

*

Le clou de la soirée fut la performance surprise du ministre de la Santé Benoît Bouchard, qui a •bien fait rire son ami Brian en entonnant le succès de Jean Lapointe Chante-la ta chanson. M. Bouchard a fait preuve d’un talent de chanteur fort respectable, mais M. Lapointe est quand même venu prendre la relève après le premier couplet.

M. Mulroney a aussi eu droit à des messages enregistrés par quelques personnalités politiques étrangères, dont François Mitterrand, Bill Clinton, Boris Eltsine, John Major et George Bush. « Durant de nombreuses rencontres internationales, Brian Mulroney s’est distingué par la clarté de ses exposés, par son intelligence. Sa chaleur, sa capacité de générer la sympathie donnait au Canada une très heureuse image », a raconté le président français. On filma tous les hommages au cours de la récente tournée internationale du premier ministre.

Hommage à Brian Mulroney

Outre M. Benoit Bouchard, des artistes aussi connus que Roch Voisine, Céline Dion, Albert Millaire, Joseph Rouleau et plusieurs grands noms du monde du spectacle anglo-canadien ont participé à la soirée.

Le spectacle était ponctué d’extraits des meilleurs moments de sa carrière, regroupés sous quatre thèmes: la réconciliation nationale, un «internationalisme constructif », la croissance économique et la justice sociale. Inutile de dire que les dix ans de gouvernement Mulroney ont été présentés sous un éclairage très favorable.

En matière de justice sociale par exemple, la coprésidente du congrès Andrée Champagne a soutenu que « sous Brian Mulroney, les personnes handicapées ont enfin pu prendre leur place, les femmes ont enfin eu accès aux postes de décision ».

Les conservateurs ont aussi rendu hommage à Mila Mulroney. Dans un extrait vidéo, Céline Dion a souligné la contribution de Mme Mulroney au combat contre la fibrose kystique. Barbara Bush a dit que de toutes les femmes de chefs d’État, Mme Mulroney était celle qu’elle avait toujours enviée: «Elle est tellement sensible, généreuse, et drôle. Je l’aime vraiment beaucoup ».

Dans l’hommage vidéo qui lui a été rendu, Mme Mulroney conclut ainsi. « Cela a été une période merveilleuse, je n’ai aucun regret ».

Un spectacle coûteux

Le spectacle a coûté 300000$, payé à même le trésor du Parti conservateur. Une dépense disproportionnée, en ces temps de récession ? La plupart des militants conservateurs ne le croient pas.

« C’est mon argent, pas celui des contribuables. Quand quelqu’un quitte un bureau, ses amis, lui font une fête. C’est ce que nous faisons avec Brian Mulroney pour le remercier d’un travail bien fait», a dit M. Ralph De-Grout, de Peterborough.

Seul faux pas : à la suite d’une erreur des responsables du son au Centre municipal, les téléspectateurs francophones ont eu droit a la traduction anglaise du spectacle. Il a fallu 15 minutes aux techniciens de Radio-Canada pour rétablir la situation. « Quinze minutes d’enfer », a raconté M. Pierre Jomphe, directeur des opérations pour les émissions spéciales de la société d’État. Montrant un enchevêtrement de fils, M. Jomphe a noté : « C’est comme des lianes, c’était extrêmement compliqué de trouver d’où le problème venait.»

Voir aussi :

Laisser un commentaire