Québec sportif

Le jogging, une mode ?

Le jogging, une mode ?

Le jogging, une mode au Québec ?

C’est très la mode au Québec, et particulièrement dans la région montréalaise, d’être membre d’un club de jogging, de conditionnement physique. Mais ce l’est beaucoup moins d’être assidu au cours et de retirer, du même coup, les bienfaits physiques pour lesquels, à l’origine, on s’était inscrit.

C’est fort curieusement ce qu’il faut conclure de cet engouement qu’ont les Québécois (40.000 environ) pour un retour a une bonne forme physique, « a un mieux vivre ».

Ainsi, on estime à l’heure actuelle que près de 60 pour cent des Québécois inscrits dans un programme rigoureux de condition physique ne le terminent pus. Près de 65 pour cent des gens qui complètent le programme (3 mois a un an) non seulement ne se réinscrivent pas aux cours, mais délaissent au fil des mois toute pratique d’activité physiques.

Bien sûr, c’est un peu jouer avec les mots, mais on peut affirmer que l’on achète au Québec des cours de conditionnement physique comme on achète un billet de saison de hockey, au théâtre, au concert.

On est donc tout feu, tout flamme dans le premier mots. On se costume du plus bel habit de jogger et l’on sue un mois au gymnase, sur les trottoirs du quartier les samedis en matinée. Le temps de s’apercevoir qu’il n’y a guère d’amélioration, que l’effort est trop grand, que les loisirs manquent. Très intéressé dans les premières semaines, notre homme viendra à manquer un cours, puis deux. S’absentera par la suite une semaine. Évoquera un surplus de travail avant de quitter le club souvent avec la pensée d’y avoir perdu son temps.

C’est le portrait-robot du jogger québécois a qui un médecin a conseillé de faire un peu d’exercices pour baisser sa pression, son taux de cholestérol, son embonpoint. Portrait de cet homme aussi qui voit dans les clubs de conditionnement physique un petit cénacle social fort agréable dans les premiers temps. Qui voit enfin dans le jogging l’exercice d’une certaine “classe de gens intelligents, préoccupés de leur santé. »

Le jogging, une que mode qui passera C’est malheureusement ainsi, qu’en sourdine, les professionnels de l’activité physique et la plupart des médecins qui ont accepté d’en convoient la chose. Bien sûr, les handicapés physiques (particulièrement ceux atteints de maladie coronariennes) tiennent bien le coup, trouvent leur profit dans des exercices deux fois la semaine. Ceux-là (8 pour cent de la clientèle chez Epic, 1 pour cent chez Aérobique) sont fidèles aux rendez-vous, suivis par des médecins et des spécialistes qui leur dressent des programmes. Les autres, ceux qui a qui les médecins ont suggéré l’exercice comme moyen d’améliorer leur santé, ceux qui viennent par crainte de succomber à l’ouvrage comme leur copain le mois dernier, abandonneront plus ou moins rapidement.

“Il nous faut reconnaître que les gens manquent de motivation, de volonté, indique «Jean-Guy Boisvert, directeur du Centre aérobique. Les années 70 correspondant à la psychose des greffes cardiaques ont éveillé des gens, les programmes fédéraux de Participation aussi, semble-t-il, mais dans la majeure partie des cas, les gens s’attendent à des cures miracles et malheureusement lâchent quand ils ne veulent comprendre qu’il est impossible de réformer, en un mois, une condition physique déficiente depuis 20 ans.”

Des affaires d’or

Pour toutes ces raisons, médecins et éducateurs rencontrés affirment que le jogging, malgré son grand bon sens, ne sera toujours qu’une mode, avec ce que cela implique. Affaires d’or pour les marchands d’articles de sport, vente record d’espadrilles, de survêtements, prolifération de “studios de santé » plus ou moins compétents.

…Si bien que l’on fait au Québec du jogging, un peu comme on fait du ski de fond: une fois par deux ou trois semaines. Un tour de pâté de maisons du parc en face. C’est pas énorme comme effort. Ça permet de saluer les voisins avec toute la splendeur du jogger qui se croit en bonne santé.

Avec le résultat que les pédagogues de pointe, les « penseurs de la santé et du bien être” estiment que le gros des efforts devra être centre, sur d’autres populations que celle des adultes. Un médecin, artisan de la première heure du club Epic, ajoutera d’ailleurs: “Il ne sert à rien a l’heure actuelle d’investir chez les plus de 20 ans. Il est peine perdue de vouloir les motiver, de tenter de les sortir de la maison. Devrait-on ouvrir toutes les écoles de la province aux populations adultes que 95 pour cent d’entre elles seraient désertes. C’est à l’école qu’il faut donner le goût de l’activité physique. Chez les plus de 20 ans, c’est déjà trop tard.”

Les coronariens sont les clients les plus assidus aux cours de conditionnement physique. Photo de Megan Jorgensen.
Les coronariens sont les clients les plus assidus aux cours de conditionnement physique. Photo de Megan Jorgensen.

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