Sante

Syndrome calleux

Syndrome calleux

Syndrome calleux en psychiatrie

1.Le rôle fonctionnel du corps calleux

Le corps calleux est cette grande voie commissurale qui unit les deux hémisphères et intervient dans leur synergie. Les données anatomo-pathologiques que fournissait la clinique humaine s’appuyaient surtout sur des destructions, des envahissements par des tumeurs, rarement strictement localisées en corps calleux; c’est pourquoi on faisait entrer dans le syndrome calleux une série de troubles qui n’était que des symptômes d’emprunt par atteinte de zones ou de groupement fonctionnel de voisinage (praxique, gnosiques), auxquels s’ajoutaient, dans bon nombre de cas, des troubles psychiques. Le corps calleux contracte en effet des liaisons importantes avec des zones riches en manifestations psychiques, psychosensorielles lobes frontaux, aires psychovisuelles, région pariétale.

Aujourd’hui, le rôle fonctionnel du corps calleux est mieux précisé et plus délimité grâce, d’une part à l’expérimentation sur l’animal, d’autre part par l’étude de la symptomatologie révélée par sa section chirurgicale pratiquée par les neurochirurgiens et enfin par les données de l’électroencéphalographie clinique; la plupart des symptômes neurologiques signalés dans les anciennes observations ne sont plus considérés que comme des symptômes de voisinage dus à l’extension des lésions.

Tout ce renouveau et cette mise au point de ce qui est purement d’origine calleuse a été bien exposé par le Pr. Bremer, de Bruxelles, à la Réunion commune des Sociétés belge et suisse (Ostende, 11 et 12 juin 1955) (Archives suisses de Neurol. Et de Psychiatrie, 1956, 78, F ½, 31687, anal. In R. N., juin 1957, p. 574). Pour Bremer. La fonction qui apparaît actuellement comme la plus significative du corps calleux est celle d’assurer le transfert, des acquisitions mnésiques d’un hémisphère à l’autre. Ainsi dans le maintien du tonus cortical, chaque hémisphère renforce continuellement l’autre; cette donnée électro-physiologique confirme les données cliniques des lésions du corps calleux caractérisées par une véritable « asthénie cérébrale ».

Il y a «duplication des réceptions sensorielles par l’intermédiaire du corps calleux surtout en ce qui concerne le cortex somatosensitif, visuel, moteur et associatif, la duplication auditive étant assurée par les afférences bilatérales : confirmation expérimentale sur le chat, de Myer et Sperpit.

Malgré les hypothèses séduisantes issues des observations cliniques, ajoute Bremer, il ne paraît pas possible actuellement d’accorder à la grande commissure callosale un rôle important dans l’intégration perceptuelle et praxique, même chez l’homme, où la dominance d’un hémisphère semblerait rendre particulièrement impérative la nécessité de cette intégration par voie commissurale.

Toutefois, Bremer ne va pas jusqu’à la conception de « la participation de la formation réticulée du tronc cérébral à l’intégration psychophysiologique et perceptuelle » suggérée par W. Penfield et Jasper.

II. – Les lésions du corps calleux

a) Des agénésies du corps calleux ont été plusieurs fois signalées dont quelques-unes ne s’étaient manifestées pendant la vie par aucun symptôme saillant et n’ont constitué que des trouvailles d’autopsie.

On a cependant not-, dans quelques cas, des retards intellectuels ou d’autres anomalies morphologiques, mais dans la plupart des cas les sujets présentaient des crises épileptiques.

Nous ne pouvons que souscrire aux conclusions du remarquable rapport de F. Bremer sur la physiologie et la pathologie du corps calleux : conclusions confirmées dans un rapport plus récent de Francis Rohmer et coll. (LVIIe Cong. De Psychiatrie et neurol. De langue fr., Tours 1959).

Au surplus, l’agénésie du corps calleux est très souvent associée à d’autres malformations cérébrales, ce qui rend malaisé de préciser sa fonction propre.

L’E.E.G. a permis cependant quelques approches intéressantes.

Le diagnostic de l’agénésie est avant tout un diagnostic radiologique fait après pneumographie (F. Rohmer).

b) Les tumeurs du corps calleux n’ont pas toutes leur point de départ dans cet organe commissural qui est souvent gagné par des tumeurs du voisinage, ce qui donne à ces néo-formations une symptomatologie assez complexe dans laquelle on trouvera tous les types d’agnosies ou d’apraxies que l’on a subtilement cherché à rattacher à telle ou telle partie du corps calleux.

Pour Mingazzini, le 1/3 antérieur du corps calleux représenterait la portion verbale et praxique; le 1/3 moyen, la portion praxique; le 1/3 postérieur, la portion sensorielle. Les plus grands réserves s’imposent à ce sujet et Bailey a fait remarquer que tous les efforts tendant à préciser le syndrome calleux n’aboutissent qu’à rendre cette question encore plus obscure.

c) Les lésions vasculaires susceptibles d’apporter des altérations organiques ou fonctionnelles du corps calleux sont celles de l’artère cérébrale postérieure avec ses variétés régionale ou symptomatique, en particulier l’alexie pure (Ch. Foix et l’astéréognosie gauche avec apraxie).

d) L’encéphalopathie des alcooliques chroniques de Marchiafavo-Bignami : Ces auteurs ont décrit chez de vieux alcooliques un type spécial d’encéphalopathie caractérisée anatomiquement par une dégénérescence myélinique et souvent nécrotique des fibres du corps calleux et, cliniquement, par un état de ralentissement psychique profond, de la dysarthrie, du tremblement et des attaques convulsives.

Ils y ont souligné l’absence de troubles praxiques.

Ce syndrome avait été pendant quelque temps considéré par plusieurs auteurs comme une maladie régionale propre à l’Italie; mais la publication d’observations dans d’autres pays a fait abandonner cette interprétation et on est d’accord aujourd’hui pour admettre son origine alcoolique et surtout carentielle, parfois associée aux troubles mentaux du syndrome de Korsakoff (v. Alcoolisme chronique, Encéphalopathies carentielle).

III. Symptomatologie calleuse

Réserve faite sur les agnosies et les apraxies que nous avons signalées comme symptômes d’emprunt, mais toutefois fréquemment rencontrées dans les lésions intéressant le corps calleux, réserve faite aussi pour les signes d’hypertension crânienne fréquentes dans les tumeurs, on peut dire avec Hecaen et Ajuriaguerra qu’analytiquement ce sont les troubles de l’attention et la fatigabilité qui sont fondamentaux sur le plan mental et qu’au point de vue clinique on doit retenir comme manifestations les plus fréquemment rencontrées :

a) Le syndrome mental, type Raymond, Lejonne et Lhermitte, anciennement décrit ;

b) L’apraxie faciale mimique;

c) L’ataxie calleuse.

Ces derniers syndromes étant plus ou moins surchargés de troubles psychiques.

Ajoutons que ces troubles psychiques sont rarement du type confusionnel, sauf dans les cas d’hypertension crânienne ou à la fin de l’évolution (ce sont faiblesse de l’attention, amnésie de fixation, apathie). Des aspects démentiels peuvent alors être notés.

Ant. Porot.

Leonardo Di Caprio. Tu es… le mot qui chante dans ma gorge, étanchant chaque soif. (David Solway, poète québécois). Photo de Megan Jorgensen.
Leonardo Di Caprio. Tu es… le mot qui chante dans ma gorge, étanchant chaque soif. (David Solway, poète québécois). Photo de Megan Jorgensen.

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