Sante

Semaine de Santé

Semaine de Santé

Nombreux problèmes à résoudre durant la Semaine de Santé

Bien que l’année 1951 marque une diminution constante de certaines maladies évitables au Canada, il reste encore à envisager un grand nombre de problèmes de santé qui constituent presqu’un défi, déclare le docteur Gordon Bates, directeur général de la Ligue de Santé du Canada. – Parmi les plus importants, il faut mentionner le décèlement en temps opportun des victimes du diabète et du cancer, la fréquence effarante des maladies du cœur, et les problèmes nombreux et complexes, tant de santé que d’adaptation sociale, créées par la longévité croissante de la population canadienne.

Le Dr Bates s’est aussi attaqué au fait que seulement deux provinces canadiennes – Ontario et Saskatchewan – ont jusqu’ici rendu obligatoire la pasteurisation du lait. Il a qualifié ceci de « disgrâce nationale ». (On se souvient que lors de sa 32e assemblée annuelle tenue récemment à Toronto, la Ligue de Santé est revenue à la charge pour dénoncer l’indifférence du public et de l’autorité politique qui laisse subsister un tel état de choses en dépit des preuves scientifiques accablantes qui justifient la pasteurisation).
La Ligue Canadienne de Santé révèle que les maladies du cœurs et des vaisseaux sanguins constituent maintenant la plus grande proportion des causes de mort, au Canada, chaque année. On leur attribue environ la moitié des décès parmi les personnes âgées de 50 ans et plus.

Les maladies du cœur et des vaisseaux sanguins, selon le docteur John Ketith, de la Canadian Heart Association, causent trois fois plus de décès que le cancer, cinq fois plus que les accidents et autres causes violentes, et huit fois plus que la tuberculose.

Quant au diabète, le docteur A. L. Chute, médecin-en chef du Hospital for Sick Children, a déclaré que les statistiques les plus sûres révèlent qu’il y a environ 180,000 diabétiques connus au Canada, en plus d’un groupe d’environ 70,000 inconnus. « Les cas de diabète chez les enfants et les jeunes adultes constituent un problème qui prend sans cesse de l’importance », déclare le docteur Chute. « Avant l’avènement de l’insuline, tous ces individus mouraient ; mais maintenant, ils grossissent les rangs de la population diabétique. L’insuline est en usage depuis 30 ans seulement ; il faut s’attendre, par conséquent à un accroissement continuel de ce groupe, d’ici vingt à trente ans » .

Les progrès des mesures d’hygiène et de contrôle des maladies contagieuses et infectieuses, sont considérés par le monde médical comme largement responsables d’avoir porté à 68 ans, la durée moyenne de la vie des Canadiens de naissance, au lieu de 45 ans, comme elle était au début du siècle. En juin 1950, le nombre des Canadiens âgés de 65 ans et plus était de 1,023 000 ; et si le taux actuel se maintient, on estime que la population de ce groupe atteindra 1,630 000 en 1971. Cette prolongation de la vie des Canadiens a fait surgir de nouveaux problèmes de santé et d’ordre économique et social, soulignent les officiers de la Ligue Canadienne de Santé.

Les maladies chroniques, causes de désordres qui frappent d’incapacité les personnes d’âge avancé, prennent une signification importante si l’on considère qu’une personne âgée sur deux souffre d’une ou plusieurs maladies chroniques, comparativement à une sur six, dans la population totale, fait remarquer le docteur A.W. Macpherson de la section des vieillards, à l’hôpital Sunnybrook.

Par ailleurs, au début de la vie, selon la Division de l’Hygiène maternelle et infantile, de la Ligue Canadienne de Santé, il y a place pour de grandes améliorations dans les conditions de naissance des Canadiens. En 1949, par exemple, on comptait plus de 10,000 accouchements sans soins médicaux, ce qui représente environ 3% de toutes les naissances au pays dans la même année. Environ 40% seulement de la population est desservie par des cliniques offrant une surveillance médicale prénatale.

Selon les dernières statistiques, le Canada occupe le 13e rang parmi les nations du monde citées en exemple pour leur faible taux de mortalité infantile. Le taux du Canada est deux fois plus élevé que celui de la Suède et de la Nouvelle-Zélande ; et même dans les grands de 40,000 habitants et plus, le taux de mortalité infantile au Canada n’est pas aussi bas que le taux national de la Suède et de la Nouvelle-Zélande.

C’est parce qu’il reste tant à faire pour amener les Canadiens à jeux se préoccuper de leur santé, que la Ligue Canadienne de Santé tiendra cette année, du 3 au 9 février, sa huitième Semaine Nationale de Santé annuelle, dit en terminant le docteur Gordon Bates.

« L’une des armes les plus puissantes dans la lutte incessante contre les morts prématurées et les maladies évitables, c’est une population mieux informée. Telle est la raison d’être de la Ligue Canadienne de Santé et des autres organisations privées, profanes ou professionnelles, qui travaillent à favoriser la bonne santé au sein de toute notre population. C’est une tâche ardue, une tâche exigeante, qui se dresse devant nous pour l’année 1952 ».

Les chefs nationaux des principales religions au Canada ont donné leur appui officiel à la tenue de la huitième Semaine Nationale de Santé annuelle, du 3 au 9 février prochain.

Dans une lettre rédigée conjointement, les représentants protestantes et catholiques romaine auprès du comité de la Semaine Nationale de Santé, de la Ligue de Santé, recommandent cet événement à la bonne attention des membres du clergé et de leurs fidèles, d’un océan à l’autre.

L’appui ecclésiastique à la plus grande campagne nationale d’éducation en faveur de la santé a été formulé dans les termes suivants : « Nous encourageons de tout cœurs une campagne destinée à accroître le bonheur de l’homme et à le rendre mieux apte à utiliser pleinement ses ressources spirituelles. Nous nous considérons privilégiés de participer à une plus grande diffusion des préceptes de la médecine préventive moderne. ».

Dimanche le 3 février prochain, toutes les Églises, à travers le Canada, accorderont une attention spéciale à la campagne inaugurée par la Ligue Canadienne de Santé, en faveur d’un esprit sain dans un corps sain.

(Ce texte date du 21 janvier 1952).

« Le destin conduit celui qui consent et tire celui qui résiste. » (Cléanthe, philosophe grec stoïcien, né en 330 av. J.-C. et mort en 232 avant J.-C). Image : © Megan Jorgensen.
Un missionnaire, c’est un type qui apprend aux cannibales à dire le bénédicité avant de le manger.  (Fred Allen, humoriste américain). Photo de Megan Jorgensen.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *