Sante

Hypocondrie

Hypocondrie

Hypocondrie

Syndrome constitué par des préoccupations excessives et angoissantes au sujet de la santé. L’attention du malade est concentrée sur le fonctionnement de ses organes en général ou, plus particulièrement, de l’un d’entre eux au détriment, dans les cas sérieux, de ce qui devrait normalement l’intéresser ; d’où l’égoïsme dont il fait preuve. Il y a souvent, du reste, à la base de l’hypocondrie, une disposition constitutionnelle spéciale qui porte le sujet à l’auto-observation et à l’interprétation et que Abadie avait proposé de nomme constitution « arganique » du nom du personnage du Malade imaginaire, de Molière. L’anxiété paraît entretenue par des troubles cénesthésiques ou parfois par des lésions réelles plus ou moins méconnues (cénestopathies légitimes et « hypocondrie justifiée »). Dans la plupart des cas on observe, effectivement, des troubles digestifs (anorexie, constipation, insuffisance hépatique), circulatoires, endocriniens; l’état général peut être floride ou altéré.

Ce syndrome réclame donc un examen médical complet. Très souvent, il exprimera une imprégnation bacillaire fruste (v. Neurasthénie), avec périviscérite digestive, une affection hépatique, génitale, urinaire, etc. Pour les psychanalystes, il faut songer à un comportement narcissique; pour les théoriciens de la médecine psychomatique, les lésions viscérales existent bien, mais elles sont conditionnées par les complexes.

Dans l’hypocondrie délirante, véritable délire interprétatif, accompagné parfois d’hallucinations, le sujet décrit avec une certitude irréductible des lésions imaginaires : tumeurs, atrophies, hypertrophies, corps étrangers, voire animaux (zoopathie) ou démons (démonopathie, possession). Ces idées de transformation ou de négation compliquent le tableau dans le syndrome de Cotard. Il s’agit alors d’une forme très spéciale de mélancolie, parfois d’un débit de paralysie générale, plus rarement d’une autre variété de démence.

Hypocondrie

« L’hypocondrie est la seule maladie que les hypocondriaques croient qu’ils n’ont pas. » (Fred Metcalf, écrivain anglais. Recueil Prompt rétablissement). Photographie – GrandQuebec.com – une momie hypocondriaque à Toronto.

L’hypocondrie avec tendances revendicatrices peut provoquer des réactions antisociales graves contre l’entourage et surtout contre le personnel soignant (médecins et infirmières). Dans ce cas, l’internement s’impose. De même, lorsque des idées de suicide sont exprimées ou soupçonnées. De toute façon, ces sujets sont très difficiles à soigner; ils interprètent sans arrêt l’action des médicaments, des plus infimes influences extérieures (phénomènes atmosphériques, bruits de la rue, par exemple), des aliments, des gestes et des paroles du médecin. Aucune intervention chirurgicale ou traitement réputé dangereux ne doit être institué sans indication impérative. Des chirurgiens sans méfiance ont payé de poursuites judiciaires et parfois de leur vie cette imprudence.

La psychothérapie, très délicate, psychanalytique ou non, est affaire de spécialiste, de préférence en milieu hospitalier ou en maison de santé, tout au moins en début de la cure. Elle doit être suivie d’une véritable rééducation, visant à détourner le malade de ses préoccupations, de son attitude « d’écoute » et à l’occuper suivant ses possibilités (travail facile et agréable).

Les thérapeutiques de « relaxation », en faveur aujourd’hui, donnent parfois aussi des résultats intéressants s’il n’y a pas une structure pathologique de la personnalité en voie d’évolution.

L’hydrothérapie, les cures thermales, les toniques anodins, les petits sédatifs pourront être employés avec discernement, en évitant de cristalliser l’inquiétude.

H. Aurin.

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