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Colloque sur la psychose à Montréal

Colloque sur la psychose à Montréal

Colloque sur la psychose à Montréal : L’effort de synthèse au colloque sur la psychose quelque peu démystifiée

Le colloque international sur la psychose qui se terminait samedi matin à Montréal a permis d’amorcer la synthèse des connaissances qu’accumulent sur le sujet les psychiatres européens et américains. Dans les allocutions qui ont marqué la fin des assises, sous les auspices de l’Institut Albert-Prévost, à l’occasion de son cinquantenaire de fondation, les présidents conjoints du colloque, les Drs André Green, de France, Silvano Frieti des États-Unis et Camille Laurin, directeur de l’Institut Albert-Prévost, en ont tiré les conclusions.

Chacun repart un peu moins sûr de son savoir, plus inquiet, plus désireux de communiquer, a dit le Dr Green. Ila souhaité qu’un te! colloque puisse se poursuivre, en groupes moins nombreux, plus de 800 psychiatres y ont participé, afin de favoriser des discussions
plus approfondies.

I! a noté que grâce à ces assises, la psychose n’est plus tout à fait le phénomène d’essence mystérieuse et sacrée qu’il a été.

Le Dr Green a remarqué l’effort que les participants ont apporté afin d’aboutir à plus de précision et d’affirmer la nécessité d’articuler dans un nouveau modèle de la maladie mentale, les phases des processus primaire, secondaire et même tertiaire qu’on lui reconnaît.

Selon le Dr Green, les psychiatres présents sont désormais prêts a accepterdavantage les différences entre les approches théoriques qu’ils soutiennent.

Pour sa pari, le Dr Arieti a souligné l’évolution des concepts a la base de l’action des psychothérapeutes. Avec une pointe d’humour, i! a remarqué qu’il y a 20 ans on aurait abondamment cité. Freud et l’on aurait surtout attribué à la libido, a l’activité sexuelle ou à la privation des biens necessaires à la vie, la genèse de la maladie mentale.

Le Dr Arieti a remarqué que l’influence de Melanie Klein s’est nettement manifestée au cours du colloque. Ce psychiatre dont les travaux datent de plusieurs années déjà, offre donc des perspectives nouvelles, dont la psychothérapeute s’inspirera de plus en plus.

Le Dr Camille Laurin a exprimé sa vive satisfaction et a formulé le voeu, qu’il reprenait d’ailleurs de la part des participants, qu’un autre colloque du tenre se tienne de nouveau au Québec, dans un avenir prévisible.

Pour sa part, le Dr Serge Lebovici a laissé entendre qu’il envisage la possibilité d’un colloque analogue, en France, dans moins de deux ans.

La dernière session a été consacrée au problème de la prévention de la maladie mentale.

La question a été particulièrement traitée par deux psychiatres américains, les Drs Francis Braceland et Richard Sanders.

L’influence du climat affectif de la famille

Le climat affectif de la famille, les modes d’inter-relations offrent des indices de plus en plus remarqués de l’évolution de la maladie mentale chez divers membres d’une même famille.

Le Dr Nathan W. Ackerman, psychiatre attaché à The Family Institute, de New York, a fait part de constatations faites depuis plus de 30 ans- dans le même milieu familial.

Cette avenue d’investigation et celte approche au traitement de la psychose ont retenu l’attention, hier, au Colloque international sur la psychose, auquel participent quelque 700 spécialistes de la santé mentale.

Au moment de conclure une entrevue avec des journalistes du quotidiens montréalais, le Dr Ackerman a souligné que le psychiatre ne possède pas encore une science assez sûre et il n’a pas été nanti de pouvoirs qui permettent d’aborder le traitement de la maladie mentale de façon générale, dans, le milieu familial même où se manifeste la maladie.

On constate d’autant plus l’influence du milieu familial, quand se révèlent des manifestations de psychose, au cours de la thérapie sur le plan familial, chez d’autres membres de la famille que celui d’abord atteint.

Dans les familles où se manifestent les tendances psychotiques, la discordance entre l’apparence et les émotions intimes est dramatique. La façade apparaît contrôlée, ritualisée, émotionnellement figée et morte. Sous cette apparence couve une rumination inquiète et le pressentiment de désastres.

Périodiquement il y a des explosions d’angoisse et de colère qui soulèvent toute la familles comme une vague de fond.La mère sur-possessive incarne souvent l’âme du martyre. Elle proclame bien haut son sacrifice par amour, mais elle a cessé d’étouffer et d’envahir mentalement l’enfant ; les deux s’engouffrent dans une symbiose maladive.

Un sentiment mutuel profondément enraciné de sacrifice ice forcé règne dans ce lien, comme si i’un seulement des deux était destiné à survivre.

L’enfant assimile la culpabilité du parent dans un rôle de soumission et d’étouffement de soi-même. Le père, dans l’exemple que décrit le Dr Ackerman, occupé à protéger sa propre sécurité, ne sauvera pas l’enfant de ce piège symbiotique.

Le Dr Ackerman a souligné que toutes les mères possessives ne créeront pas nécessairement ce climat survolté qui conduit au drame. Il s’agit bien de celles qui ne perçoivent pas le signa; qui accompagne le désir d’émancipation de l’enfant : elles continuent de projeter leur charge affective ou intensifient les gestes de répression.

Dans ces cas l’enfant n’existe que pour réconforter la mère.

Le Dr Ackermana terminé sur une note qu’il a voulue très réaliste, au sujet de la prévention de la maladie mentale.

La schizophrénie demeure un mystère, la théorie génétique laisse planer bien des doutes, la psychologie sociale n’apporte pas encore la clef de l’énigme. Il faudrait procéder à la rééducation du milieu familial pour bien faire porter l’influence des interactions qui s’y révèlent. Mais les observations au cours de trois générations sont nécessaires pour en venir à des fins concluantes, selon le Dr Ackerman.

La dernière session plénière. aujourd’hui, porte sur la prévention. Les Drs André Green. Silvano Arieti et la Camille Laurin, président du colloque, en tireront les conclusions.

La maladie mentale ressemble à la captivité. Photo de Megan Jorgensen.

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