Sante

Clinique d’aide à l’enfance

Clinique d’aide à l’enfance

La clinique d’aide à l’enfance vient au secours de 577 adolescents en douze mois

(Cette nouvelle date du 31 janvier 1950, mardi).

Pour la plupart cela ne dit à peu près rien. Pour d’autres, il s’agira d’une œuvre sociale diocésaine. Pour certains qui ont la pratique du métier légal, il pourrait s’agir d’une institution tampon entre le délinquant et la Cour juvénile du district judiciaire de Montréal.

Et ce « tampon », on en voit ailleurs peu ou prou la nécessité.

Mais sait-on que cette institution si neuve – puisqu’elle était fondée en novembre 1947 par une décision du législateur provincial – a pu d’une façon ou d’une autre aider, orienter et réhabilité 577 des 2,000 enfants et adolescents conduits devant le tribunal des jeunes délinquants au cours de l’année 1948 ?

Pour l’année 1949, on nous dit que la proportion est encore plus éloquente.

Clinique de cour

Nous rencontrions ces jours derniers, Me Paul-Émile Marquis, secrétaire de cette institution et spécialiste des questions de service social, pour connaître les buts et les fonctionnements de cette clinique « la première du genre dans la province », souligne M. Marquis.

Il s’agit d’une clinique de cour, explique M. Marquis, la première du genre dans la province. Au service de l’enfance irrégulière dans le sens le plus étendu du terme, c’est en s’efforçant d’éclairer les juges avant le jugement sur les cas particulièrement épineux qu’il plaît aux magistrats de lui confier, qu’elle accomplit la première phase de sa mission. À cette fin, les techniciens de la clinique concourent à rédiger un rapport aussi complet que possible touchant l’enfant et destiné au juge. Ce sont d’une part : le médecin (à la Cour, non incorporé à la clinique), le psychologue aidé de l’orienteur, le psychiatre, qui agit comme chef médical. D’autre part, en étroite collaboration avec ses derniers, le bureau social constitué par find de discussion sur les cas les plus difficiles. »

Mais, continue M. Marquis, « l’expérience universelle démontre que l’enfant n’a de chance de s’améliorer que dans la mesure où un jeune homme ou une jeune fille d’élite, selon le cas, aura su gagner sa confiance et celle de ses parents, en vue de la réhabilité. C’est ici que le rôle de clinique entre, à notre sens, dans la phase majeure de son activité, cette seconde phase étant de beaucoup la plus longue,, et non moins nécessaire que la première. C’est l’étape de la révision des cas, de la réadaptation sociale et professionnelle de l’enfant, effectuée en partie par nos médecins et nos techniciens, et pour la plus large part par nos auxiliaires sociaux».

En quelques mots, M. Marquis a très bien situé le rôle social de l’institution et le genre de travail spécialisé qu’elle est appelée à faire auprès des juges comme auprès des jeunes inadaptés.

Mécanismes de la clinique

Mais comment s’effectue le travail de la clinique ? Voici les explications précises de M. Marquis : – Une demande signée par le juge réfère un cas à la clinique. Sand délai notre auxiliaire social entre en scène. Il effectue l’enquête sociale et médicale préliminaire.

La fiche du « cas » est un dossier très complet, merveilleusement bien construit, selon les méthodes scientifiques les plus nouvelles. S’il nous était donné de publier le schéma des détails que l’enquêteur ou l’enquêteuse doivent colliger, le lecteur en arriverait spontanément à la conclusion que le travail de la clinique est efficace, même si l’on ne cherche pas à éblouir avec cela.

« Le formulaire, poursuit M. Marquis, porte principalement sur l’aspect psychiatrique et psychologique du cas ; d’autres enquêtes s’effectuent auprès de l’école fréquentée par le jeune délinquant ou à l’endroit où il travaille. Le produit de ces diverses enquêtes est versé comme première pièce au dossier de la clinique.

Le psychologue en prend connaissance et interprète différents tests qui lui sont remis par l’orienter. Il accorde ensuite des entrevues psychologiques aux parents du délinquant et à ce dernier. Puis il résume ses conclusions dans un rapport qu’il soumet au au chef médical de la clinique : le psychiatre. En résumé, le jeune délinquant a été tour à tour examiné par le médecin, l’orienteur, le psychologue, et psychiatre, qui, tous, pouvaient d’abord s’appuyer sur les données de l’enquête effectuée par le service social. Enfin, le personnel entier de la clinique se réunit périodiquement pour discuter des cas les plus épineux. »

Marquis ajoute que le prêtre, en tant qu’aviseur moral et technique, peut jouer un grand rôle dans la réhabilitation telle que comprise à la clinique.

« À quels aboutissements pratiques, demande enfin M. Marquis, a pu conduire la mise en exercice des rouages que nous venons de décrire ? C’est avec une extrême réserve que nous croyons devoir aborder ce point : en effet, une brève période de temps, un personnel, des locaux restreints commandent tout ensemble la remise à une date ultérieure de conclusions sérieuses en matière statistique et technico-sociale.

Personnel

Cependant, nous savons que nombreux sont les cas de réhabilitation constatés à la clinique, depuis sa fondation.

Le personnel de la clinique se compose, outre M. Marquis, de M. Pierre Haguette, secrétaire adjoint; le Dr Alcide Pilon, psychiatre ; le Dr Donat Vohel, psychologue ; M. Jean Laroche, orienteur ; M. l’abbé Lucien Desmarais, aviseur technique et moral ; cinq travailleurs sociaux, trois hommes et deux femmes.

La clinique semble, pour le moment, songer principalement à l’augmentation numérique de son personnel afin de rendre encore plus de services à la jeunesse délinquante et aux juges qui sont appelés à traiter, sue le plan légal, les conflits sociaux et autres qui impliquent les jeunes.

Ajoutons en terminant que M. Marquis, outre ses connaissances particulières dans l’administration d’un tel département, est avocat de profession et universitaire de carrière. C’est un homme d’une grande affabilité, aux manières courtoises. Pour les jeunes il peut faire beaucoup.

Les problèmes humains qui rencontrent les travailleurs sociaux dans leur boulot quotidien fera le sujet d’un autre article prochainement.

(Le Canada, 31 janvier 1950).

On ne juge pas un homme sur le nombre de fois qu'il tombe mais sur le nombre de fois qu'il se relève. (Proverbe). Illustration de Megan Jorgensen.
On ne juge pas un homme sur le nombre de fois qu’il tombe mais sur le nombre de fois qu’il se relève. (Proverbe). Illustration de Megan Jorgensen.

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