Cinq sens ou plus?

Six sens que vous ignorez peut-être posséder

Nous avons tous entendu dire que nous avions cinq sens : la vue, l’odorat, l’ouïe, le toucher et le goût. Cette idée remonte au philosophe grec Aristote. Pourtant, elle est fausse.

La science moderne a identifié jusqu’à 32 sens en observant les récepteurs de notre corps, dont le rôle est de recevoir et de transmettre des informations spécifiques. Nos sens ont également tendance à fonctionner en tandem, sans que nous ne remarquions de lien entre eux. La plupart du temps, nous tenons ce système complexe pour acquis — jusqu’à ce que quelque chose se dérègle et que nous prenions pleinement conscience de la complexité du corps humain. En apprendre davantage sur nos sens peut à la fois nous aider à comprendre certains problèmes de santé et à apprécier la beauté du fonctionnement de notre corps. Voici six sens que vous ne saviez probablement pas posséder.

Le sens vestibulaire (L’équilibrioception)

Le sens vestibulaire est celui de l’équilibre et de l’orientation. Chaque fois que nous bougeons la tête, nous activons un ensemble de récepteurs situés dans l’oreille interne qui nous permettent de garder l’équilibre. Le sens vestibulaire est également activé par la force descendante de la gravité. Il nous permet de savoir où se trouvent le haut, le bas, la droite ou la gauche.

Les exercices d’équilibre peuvent aider à stimuler le sens vestibulaire, qui commence à décliner après 40 ans. C’est pourquoi les personnes âgées peuvent manquer d’assurance sur leurs jambes. Note en passant : les expériences de « sortie de corps » pourraient être des épisodes où le sens vestibulaire ne fonctionne pas normalement. C’est une sensation terrifiante que de ne pas se sentir « ancré ».

La proprioception

Nos muscles et nos articulations contiennent des récepteurs qui gèrent la façon dont notre corps occupe l’espace. Ces récepteurs de la proprioception nous permettent de marcher dans la rue sans heurter constamment quelqu’un (bien que les téléphones portables n’aident pas), de monter des escaliers sans regarder nos pieds ou de toucher le bout de notre nez avec notre doigt.

Ces mêmes récepteurs fournissent des informations sur l’impact de nos muscles sur notre environnement. Un enfant qui exerce une force excessive lorsqu’il écrit ou colorie, par exemple, peut avoir besoin d’un accompagnement en proprioception. Les joueurs de football américain, en revanche, sont des experts en proprioception. Ils se déplacent avec fluidité autour des obstacles en les repérant de loin, et savent exactement avec quelle force lancer le ballon.

La perception interne (L’intéroception)

La sensibilité aux signaux internes du corps, appelée intéroception, varie également beaucoup d’une personne à l’autre. Quelqu’un qui ne perçoit pas la sensation de satiété de son estomac peut trop manger ou trop boire. À l’inverse, quelqu’un qui ne remarque pas son estomac qui gargouille peut ne pas manger assez. Les enfants atteints d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA) ont parfois besoin qu’on leur rappelle de manger, par exemple. Nous remarquons également quand notre cœur bat plus vite ou quand nous devons aller aux toilettes.

Les pratiques de méditation qui nous apprennent à prêter attention à notre respiration stimulent, en réalité, notre conscience d’un type de signaux intéroceptifs. Il s’agit d’un système de récepteurs répartis dans tout le corps qui communiquent avec une zone située profondément dans le cerveau, appelée le cortex insulaire (ou insula). Cette perception interne ne nous dit pas seulement si nous avons faim ou si nous sommes fatigués. Elle nous permet de ressentir nos propres émotions, qui commencent souvent par des sensations physiques. C’est pourquoi la méditation peut aider à la fois à la conscience corporelle et à la connaissance émotionnelle de soi.

La thermoception

Nous possédons dans notre peau des récepteurs spéciaux qui communiquent avec une zone de l’hypothalamus (appelée le centre thermorégulateur) pour surveiller la température. Notre peau compte au moins six types différents de récepteurs thermiques externes, chacun étant conçu pour une plage de température spécifique. Si l’air se refroidit, les récepteurs de froid appropriés s’activent davantage pour signaler ce changement.

Si on expose les récepteurs de la température extérieure à une sensation pendant une longue période, ils finissent par s’activer moins. C’est pourquoi nous pouvons nous habituer au froid si nous sommes patients. Cependant, des lésions nerveuses peuvent pousser ce phénomène à l’extrême. Ainsi nous priver d’informations cruciales. Les personnes qui ne ressentent pas suffisamment le froid peuvent être victimes d’engelures. En fait, si elles ne ressentent pas la chaleur assez rapidement, d’une grave brûlure.

La nociception

Celui-ci, nous savons pertinemment que nous le possédons : c’est ce qu’on appelle la douleur. Pourtant, pendant longtemps, la douleur n’a pas été comprise comme un système sensoriel à part entière. Les récepteurs de la douleur peuvent être classés en trois types distincts : cutanés (la peau), somatiques (les os, les articulations, les muscles et au-delà) et viscéraux (les organes internes).

La « tolérance à la douleur » varie d’un individu à l’autre. Les nocicepteurs ont chacun un seuil d’intensité de stimulation minimal avant de déclencher un signal, qui est ensuite transmis à la moelle épinière puis au cerveau. Différents types de fibres nerveuses sont responsables de la douleur rapide, localisée et vive, ou de la douleur lente, diffuse et sourde.

Cinq sens ou plus ? Le temps

Nous parlons d’une « horloge biologique », mais en réalité, notre corps est rempli d’horloges aux fonctions différentes. Notre horloge circadienne est calée sur le lever et le coucher du soleil. Il se trouve perturbée lorsque nous traversons plusieurs fuseaux horaires ou manquons de sommeil. D’autres horloges sont réglées sur de minuscules intervalles. Notre sommeil comprend plusieurs cycles de 90 minutes ; nous avons des rythmes pour la pression artérielle, la sécrétion d’hormones, la fréquence cardiaque, et bien plus encore.

Mais comment percevons-nous le temps ? C’est un mystère. Beaucoup de personnes ont déjà fait l’expérience de se réveiller une seconde avant que l’alarme ne retentisse lorsqu’elles sont stressées à l’idée de prendre un avion — même s’il ne s’agit pas de leur heure de réveil habituelle. D’une manière ou d’une autre, nous sommes capables de percevoir le temps avec précision pendant notre sommeil. Certaines personnes savent exactement combien de temps a duré une conversation, tandis que d’autres n’en ont aucune idée. Quand nous nous ennuyons, le temps passe lentement.

Quand nous sommes intensément occupés, le temps semble s’arrêter et les heures s’envolent. Les scientifiques identifient actuellement des zones du cerveau qui pourraient générer notre perception du temps à travers des processus corporels comme la respiration et le rythme cardiaque. Nous ne savons pas exactement comment nous percevons le temps. Pourtant, il est évident que nous avons le sens du temps qui passe.

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