Saguenay-Lac-St-Jean

TNO Rivière-Mistassini

TNO Rivière-Mistassini

Territoire Non Organisé de Rivière-Mistassini

Le territoire non organisé (TBO) Rivière-Mistassini est situé dans la Municipalité régionale de comté de Maria-Chapdelaine et fait partie la région administrative du Saguenay–Lac-Saint-Jean. S’étendant sur une superficie totale  de plus de 18 975 kilomètres carrés, cette entité administrative n’est peuplée que par une cinquantaine de résidents permanents.

Lac du Carcajou

À moins de 40 kilomètres au nord-ouest de Girardville au Lac-Saint-Jean, cette étendue d’eau du canton de Lauberivière se déverse dans la rivière Ouasiemsca via le lac Ushishk et la rivière du Carcajou. Assistant, en 1687, à une chasse aux carcajous effectuée par les Amérindiens, La Hontan décrit ces mammifères omnivores comme « à peu près faits comme les blaireaux, mais plus gros et plus méchants. De la taille d’un ourson ou d’un épagneul bien en chair, le carcajou – du montagnais « kuakuatsheu » ou du cri « kwikwe – hachaw » – ou glouton ordinaire « gulo gulo » possède effectivement une solide réputation de force, d’audace et d’agressivité. Il fait ainsi concurrence aux trappeurs en dévorant les animaux à fourrure pris au piège. Certains récits et légendes lui attribuent une puissance qui impressionnait même l’ours grizzli, ainsi qu’une intelligence peu commune pour éviter les pièges et piller les dépôts de nourriture. Dans l’imaginaire amérindien, où il prend une place importante, la symbolique du carcajou est assez ambiguë.

Ainsi, en raison de sa force et de sa ruse, on en a fait un être surnaturel, diabolique, une espèce de sorcier dont les pouvoirs magiques sont tournés contre les siens. Le père Charlevoix, en 1721, le voit, à tort, comme une espèce de chat capable de d’enrouler le corps plusieurs fois avec la queue, et comme l’ennemi le plus cruel de l’orignal. Éliminé au sud-est du Québec vers le milieu du XIXe siècle, le carcajou, dont le nom populaire est diable des bois, se retrouve encore dans les régions nordiques. L’usage toponyme pour le lac était confirmé en 1950.

Canton de Salières

Principalement irrigué par la rivière Ouasiemsca qui se jette dans la rivière Mistassini près de Girardville, le canton de Salières se situe à environ 90 km à l’est de Chibougamau. Parmi les nombreuses étendues d’eau qui baignent sa topographie accidentée qui dépasse au moins 500 mètres d’altitude, se détache du lac des Îles, au sud-est. Ce territoire géographique inhabité est identifié par le nom d’Henri de Chastelard, marquis de Salières, qui commanda le régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France de 1665 jusqu’en 1667. Le toponyme, attribué en 1917, paraît dans « Noms géographiques de la province de Québec », en 1921.

Rivière Samaqua

D’une longueur de près de 160 km, ce cours d’eau naît dans la région du lac du Bois, un eu nord du lac Samaqua. Il coule ensuite vers le sud, presque en parallèle avec la rivière Mistassini, dans laquelle il se jette à la limite ouest du canton de Hémon, précisément à 16 km au nord de la municipalité de Girardville, au Lac-Saint-Jean. Le spécifique Samaqua vient du montagnais « samakaw » et signifie « aplati, écrasé ». Il est présent dans des documents cartographiques depuis au moins le début du XXe siècle. L’explorateur Joseph Bureau (1837-1914) a effectué, le relevé de la rivière Samaqua en 1910.

Canton de Crevier

À environ 65 km au nord-ouest de Dolbeau, ce canton est situé à l’ouest de la rivière Mistassini qui draine, de l’extérieur des limites cantonales, la rivière à la Truite, provenant du lac du même nom. Les rivières Nistocaponano et Ouasiemsca le traversent du nord au sud dans des couloirs assez encaissés. Quant au relief, il se situe entre 211 mètres d’altitude dans le marécage du nord-est et 502 mètres, point culminant qui se retrouve au nord-ouest. Alfred Crevier 1862-1923), père de Sainte-Croix, fut ordonnée par monseigneur Fabre en 1886. Professeur d’abord, il occupe ensuite diverses tâches administratives au collège de Saint-Laurent, près de Montréal et devient curé de cette paroisse en 1907. Il est de plus le fondateur du collège classique de Sainte-Marie-de-Monnoir, à Rouville, en Montérégie.

Canton de Damville

Cette unité géographique de la région du Lac-Saint-Jean s’étend à 60 km au nord-ouest de Saint-Félicien et à l’est de la rivière Ashuapmushuan, où affluent les eaux du lac Damville et de nombreux petits affluentsq ui courent entre ce lac et la rivière Micosas. Traversé par deux routes secondaires, ce canton inhabité a été dénommé en l’honneur de François-Christophe de Lévis, duc de Damville, frère du duc de Ventadour. Il a été le sixième vice-roi de la Nouvelle-France, de 1644 à 1660. En France, Damville est aujourd’hui le nom d’un chef-lieu de canton de l’Eure sur l’Iton (arrondissement d’Évreux). Sa signification, selon Albert Dauzat, semble être domini villa, le domaine du seigneur. Le nom apparaît dans « Noms géographiques de la province de Québec en 1926.

Lac Delanne

Le lac Delanne se trouve approxmativement à 125 km au nord-est de Chibougamau, dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, soit à environ 60 km à l’est du lac Mistassini. D’une superficie de 4 km2, ce plan d’eau officialisé en 1970, en souvenir d’Eustache Delonne, dont la présence à Québec est attestée en 1659, 1670 et 1671.

Canton Denys

À la hauteur de Chibougamau, à l’ouest, et distant de la ville de quelque 65 km, ce canton inhabité occupe le bassin hydrographique supérieur de l’Ashuapmushuan où les rivières de la Petite Meule, du Chef et Nestaoucano descendent vers le sud. Cette division géographique est nommée d’après Paul Denys de Saint-Simon (1649-1731) qui a été le compagnon du père Charles Albanel au cours d’un voyage (1671-1672) qui les mena de Tadoussac jusqu’au lac Nemiscau, à 150 lm environ de la baie James. Ce voyage avait pour but d’évangéliser les Amérindiens et d’affirmer la souveraineté de la France sur ce territoire. En 1678, Paul Denys de Saint-Simon obtenait le poste de lieutenant de la maréchaussée, récemment créée au pays, et, onze ans plus tard, celui de prévôt de la même maréchaussée. En 1717, il entra définitivement au Conseil souverain.

Canton de Desautels

Baigné par de nombreuses étendues d’eau, le canton inhabité de Desautels, désigné en 1917, a été délimité dans la partie nord du bassin hydrographique de la rivière Ashuapmushuan, l’un des grands cours d’eau qui alimentent le lac Saint-Jean par le nord-ouest. Le sommet de son relief, au dus-ouest, atteint 550 m. Ce toponyme rappelle monseigneur Joseph Desautels (1814-1881), curé à Rigaud, de 1848 à 1855, puis à Varennes, de 1855 à 1881. Pendant sa première cure, il contribua à la fondation du collège classique de Rigaud (1850) et, en 1862. Il devenait prélat, avec le titre de camérier secret. Il est l’auteur du « Manuel des curés pour le bon gouvernement temporel des paroisses et des fabriques dans le Bas-Canada (1864)

Canton de Dosquet

Le canton de Dosquet est baigné notamment par les rivières Ouasiemsca et Nistocaponano qui, après s’être réunies, affluent à la rivière Mistassini, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Dolbeau, au Lac-Saint-Jean. Il fait partie d’une série de six cantons alignés sur les mêmes latitudes et qui honorent les évêques de Québec. Un lac, au centre, porte le même nom que le canton. Le plus grand toutefois est le lac Blondelas, au nord-est, Pierre-Herman Dosquet (1691-1777), originaire de Liège, a fait ses études à Paris. Il est d’abord venu à Montréal comme simple sulpicien en 1721 pour occuper la charge d’aumônier des sœurs de la congrégation de Notre-Dame. Neuf ans plus tard, après être retourné en France en 1723, il accepte le poste de coadjuteur de l’évêque de Québec et devient le quatrième évêque de Québec en 1733. Ayant un mandat très difficile, contesté à la fois par son clergé, par les habitants et par l’Administration, il quitte Québec en 1735, mais ne remet sa démission qu’en 1739, après avoir obtenu les revenus d’une abbaye située près de Soissons. Retiré à Rome deux ans plus tard, il mourra à Paris, où il était devenu vicaire général de l’archevêque, à l’âge respectable de 86 ans. Le nom est signalé en 1921.

Canton de Dupré

Situé à environ 115 km à l’est de Chibougamau, le canton de Dupré est drainé par la rivière Mistassini, qui le traverse du nord au sud, et baigné par un très grand nombre de lacs, généralement étroits et orientés dans la même sens que la rivière. Son terrain atteint 625 m d’altitude. Le nom de ce territoire géographique inhabité est celui de Jean-Baptiste Le Comte Dupré (1731-1820) qui, après avoir été initié par son père, est devenu lui-même un négociant important dans le commerce du bois, de l’eau-de-vie, du blé et des fourrures. Capitaine dans la milice de Montréal depuis 1755, il est fait major de la milice de la ville et banlieue de Québec en1775, et colonel, trois ans plus tard. Il a été marguillier à la basilique Notre-Dame-de-Québec (1774), juge de paix (1785) et conseiller législatif (1786-1792). À partir de 1790, sans délaisser complètement le commerce, il devient prêteur et touche les rentes de ses censitaires de l’île d’Orléans où il sera enterré, à Saint-François. Le canton du Dupré est signalé en 1921 comme une nouvelle appellation.

Canton de Fleuricourt

Ce canton marécageux et couvert de nombreuses nappes d’eau est situé à environ 50 km à l’est u lac Mistassini. Le lac Fleuricourt, le plus important, occupe une grande partie de la surface et donne naissance à la rivière Ouasemsca, affluent de la rivière Mistassini qu’elle rejoint à l’est de Girardville, au nord de Normandin. Le nom qui a été choisi pour désigner cette unité territoriale est celui de Jean-Baptiste Fleuricourt, né en 1645, notaire qui a pratiqué à Repentigny, Rivière-des-Prairies, Pointe-aux-Trembles et Montréal, de 1676 à 1702. Il est décédé en 1709. Son greffe contient 52 actes. Le nom de ce canton n’apparaîtra qu’en 1975 sur la carte du Québec.

Canton de Gagné

Proclamé en 1936. Situé à moins de 20 km au nord de Chicoutimi, le canton de Gagné est arrosé par la rivière Valin et l’un de ses affluents provenant du nord, la rivière Saint-Louis. L’altitude est de l’ordre de 180 mètres dans la vallée de la rivière Valin et atteint 853 mètres à l’extrême nord du canton. En désignant cet espace en 1914, on a probablement voulu honorer la mémoire de l’avocat Jean-Alfred Gagné, né à La Malbaie en 1842. Élu à la Chambre des communes en 1882, il fut ensuite nommé juge à la Cour supérieure du Québec en 1889, pour les districts de Chicoutimi et de Saguenay. Parallèlement à sa carrière politique, il s’est occupé de la direction du chemin de fer Québec-Lac-Saint-Jean.

Lac Gronick

Localisé sur le parcours de la rivière Micosas, dans le canton de Danville, ce plan d’eau est drainé vers la rivière Mistassini. D’une longueur de 5 km, il reçoit les eaux de la rivière aux Rognons dans sa partie sud-est. Autrefois inclus dans une concession forestière en exploitation active, le secteur du lac Gronick est maintenant surtout fréquenté par les propriétaires de camps de pêche et de chasse à l’orignal établis sur les terres publiques. L’origine et la signification de ce nom restent hypothétiques. Les Montagnais de Mashteuiatsh le connaissent sous l’appellation Kamatsgishiutshishtinutsh Shakahikan qui se traduit par lac du nid d’aigle. Le nom de cette entité pourrait peut-être avoir un rapport avec la désignation amérindienne, si l’on retient l’hypothèse que l’ancien nom Gros Nick serait une déformation de « gros nique », et le fait que le parler populaire désigne souvent ainsi un nid de grande dimension. Le lac Gronick paraît sur la carte régionale « Territoires d’Abitibi et de Mistassini » de 1933.

Canton Harlay

Situé au sud du lac Mistassini, dans le bassin de la rivière Nestaoucano, ce canton renferme plusieurs lacs et une couverture forestière importante. Le toponyme évoque François de Harlay de Champvallon (1625-1695), archevêque de Rouen (1651), puis archevêque de Paris (1671). Lorsque monseigneur de Laval fut nommé vicaire apostolique de Québec, en 1658, monseigneur Harlay prétendait que Québec devait être rattaché à Rouen sur le plan ecclésiastique, point de vue que ne partageaient ni les autorités romaines, ni les Jésuites, mais que favorisaient les Sulpiciens. La controverse qui s’ensuivit retarda jusqu’en 1674 la création du diocèse autonome de Québec et la désignation officielle de monseigneur de Laval à titre d’évêque de ce nouveau et vaste diocèse.

Canton de Heriot

Ce canton de la MRC de Maria-Chapdelaine est occupé dans sa partie ouest par le lac des Cygnes et traversé par la rivière Papillon, affluent de la Mistassini. Adopté initialement en 1917 sous la forme Hériot, le toponyme évoque un militaire et homme politique originaire de l’île de Jersey, Frederick George Heriot (1786-1843). Arrivé à Québec à l’âge de 16 ans, il vécut, assez agréablement, semble-t-il, la vie de garnison avant de participer à la guerre contre les Américains, en 1812. Muté au corps des Voltigeurs canadiens en mars 1813 sous le commandement d’Irumberry de Salaberry, Heriot succédera à son supérieur en avril 1814 avec le grande de lieutenant-colonel de milice. Après la guerre il fut chargé de la distribution des terres aux soldats démobilisés, principalement, dans les cantons de Wickham, de Grantham et de Melbourne. C’est ainsi que naquit Drummondville dont on considère Heriot comme le fondateur : ces deux prénoms servent à désigner l’église anglicane, St. George, et église catholique, Saint-Frédéric. Député de Drummond, de 1829 jusqu’à l’Union du Bas et du Haut-Canada, en 1840, Heriot s’affaira à recruter des volontaires dans tous les cantons de l’Est en vue de réprimer la Rébellion de 1837-1838.. Au retour d’un court voyage en Angleterre, en 1840, il commença à distribuer ses biens et, gravement malade, s’éteignit le 30 décembre 1843, estimé de ses concitoyens. Dans les environs immédiats de Drummondville, le parc des Voltigeurs et le domaine Trent lui sont largement consacrés.

Canton de Hertel

Le canton de Hertel, à environ 70 km au sud-est du lac Mistassini, dans la MRC de Maria-Chapdelaine, est baigné par plusieurs nappes d’eau, le lac Hertel en particulier, et parcouru par la rivière Nestaocana. L’appellation évoque la mémoire de Joseph-François Hertel de La Fresnière (1642-1722) qu’on retrouve, dès 1657, à la défense du poste de Trois-Rivières où il étai né. Participant à plusieurs expéditions militaires dans toutes les régions de la Nouvelle-France et jusqu’en Nouvelle-Angleterre, il sera prisonnier des Iroquois pendant deux ans, ce qui lui permettra d’apprendre la langue et de rendre par la suite de grandes services à titre d’interprète. Il s’illustrera particulièrement lorsque l’amiral Phips assiégera Québec, en 1690. À certains moments, Hertel se retrouvera avec ses sept fils dans les troupes de la colonie. Ses états de services lui vaudront l’obtention de lettres de noblesse en 1716 seulement, même si le gouverneur Frontenac en avait fait la recommandation des 1689. Son fils aîné, Zacharie-François, fut l’héritier du titre de La Fresnière. Ce canton a été désigné en 1917.

Canton de Hubert

Ce canton se situe à environ 45 km au nord de Normandin. Son territoire est arrosé du nord au sud par les rivières Mistassini et Samaqua. La toponymie évoque la mémoire de monseigneur Jean-François Hubert (1739-1797), neuvième évêque de Québec. Après ses études au Séminaire de Québec, il devient secrétaire du diocèse, fonction qu’il remplira pendant une douzaine d’années. Ordonné prêtre en 1766, il enseigne au Séminaire, dont il deviendra, de 1774 à 1778, le premier supérieur né au Canada. En 1784, lors de la démission de l’évêque Briand, monseigneur Desgly, et, au décès de ce dernier survenu en 1788, évêque titulaire de Québec. Partisan de l’autonomie de l’Église à l’endroit de l’État, monseigneur Hubert sut entretenir des relations cordiales avec les autorités de l’Église anglicane, s’opposa habilement à la création d’une université mixte, protestante et catholique, et se montra favorable à la venue de prêtres français chassés par la Révolution de 1789. Revenu malade d’une tournée pastorale qui l’amena, en 1795, jusqu’à la baie des Chaleurs, l’évêque démissionna en 1797, fut curé quelques semaines à Château-Richer et se retira à l’Hôpital Général de Québec, pour y mourir le 17 octobre. Le canton de Hubert est l’un des éléments d’un ensemble où avoisinent cinq autres cantons soit Denault, Desgly, Mornay, Lauberivière et Dosquet, qui honorent tous la mémoire d’anciens évêques du diocèse de Québec. Ce canton identifié en 1917 est signalé comme nouvelle désignation en 1921.

Canton de Jumonville

Canton qui se situe à 150 km au nord-ouest de Dolbeau. Cette dénomination, chosie en 1917, rappelle Joseph Coulon de Villiers de Jumonville (1718-1754). Né à Verchères et militaire depuis l’âge de 15 ans, Jumonville faisait partie des troupes françaises stationnées au fort Duquesne, sur le site actuel de Pittsburgh, au printemps de 1753. Le territoire de la Belle-Rivière, qui correspond à l’État de l’Ohio actuel, est alors convoité à la fois par les Anglais et par les Français. Le 23 mai 1754, Contrecoeur, commandant du fort Duquesne, donne instruction à Jumonville d’aller à la rencontre d’un parti de Virginiens commandé par George Washington et de les sommer de quitter ce territoire dont la France revendique la souveraineté. Au cours de la rencontre, qui a lieu le 28 mai, Jumonville est tué en même temps que neuf autres Canadiens. Les Français parlent d’assassinat, puisque la guerre n’est pas encore officiellement déclarée entre la France et l’Angleterre. Jumonville sera vengé dès le 3 juillet suivant, alors que son frère aîné, Louis Coulon de Villiers (1710-1757), forcera Washington à signer la capitulation du fort Nécessité (Necessity), qui les Anglais avaient construit à toute vitesse pendant les semaines précédentes. L’affaire Jumonville a fait couler beaucoup d’encre à l’époque et à même inspiré quelques poèmes à caractère épique. La bibliographie sur le sujet est considérable. La carte générale du Québec (1946) porte l’indication de ce canton.

Canton La Trappe

Ce canton se situe au lac Saint-Jean à environ 20 km au nord de Dolbeau, dans la MRC de Maria-Chapdelaine, entre les rivières aux Rats et Mistassibi. Ce nom, adopté officiellement en 1917, rappelle la présence des Cisterciens Réformés de Notre-Dame de la Trappe, communément appelés Trappistes, dont le travail manuel porte sur l’agriculture. En 1892, à l’invitation du protonotaire apostolique et de l’agent de colonisation monseigneur Marquis, trois religieux participent à la fondation, au confluent des rivières Mistassibi et Mistassini, dans l’actuelle ville de Mistassini, du monastère de Notre-Dame-de-Mistassini, d’abord affilié au monastère antérieur d’Oka. On désigne couramment un couvent de Trappistes sous le nom de Trappe, terme qui, à l’origine, était synonyme de « stricte observance » de la règle monastique.

Canton Le Noblet

À plus de 110 km au nord de Saint-Félicien, dans l’arrière pays du lac Saint-Jean, on trouve ce canton qui est traversé par la rivière Samaqua et baigné par le lac aux Huards. Ce toponyme, choisi en 1917, évoque la mémoire de Nérée Le Noblet Duplessis (1855-1926), juge de la Cour supérieure du district de Trois-Rivières-Saint-Maurice (1914-1926), avec la responsabilité du Lac-Saint-Jean. Père de Maurice Le Noblet-Duplessis, premier ministre du Québec, il a été lui-même député conservateur à l’Assemblée législative du Québec pour la circonscription de Saint-Maurice (1886-1900) et maire de Trois-Rivières (1904-1905). Ce canton était signalé comme nouvelle désignation en 1921.

Canton Marsolet

Déjà établi en 1910, le canton de Marsolet est situé dans la MRC de Maria-Chapdelaine, à une centaine de kilomètres au nord de la ville de Dolbeau. La rivière Mistassini qui se décharge vers le lac Saint-Jean arrose cet espace inhabité. Le nom de ce territoire évoque Nicolas Marsolet de Saint-Aignan (1587 ou 1601-1677), interprète commis et seigneur. Sa présence en Nouvelle-France remonte à 1613 ou 1618 et on le trouve à Tadoussac en 1623 et 1624. Lors de l’occupation de Québec par les frères Kirke en 1629, Marsolet reste dans la colonie comme interprète et jouera un rôle semblable lors du retour des Français, en 1632. Sa longue expérience lui vaut, en 1642, un poste de commis dans la Compagnie des Cent-Associés. Entre-temps, il se voit concéder, en 1637, , la seigneurie de Bellechasse qu’il reconcédera en 1672 à Alexandre de Berthier. En 1644, Marsolet reçoit de l’abbé de La Ferté un arrière-fief de la seigneurie du Cap-de-la-Madeleine, connu sous le nom de Seigneurie Marsolet. Ayant cessé pratiquement toute activité commerciale dans le secteur de Tadoussac en 1660, Marsolet s’occupe par la suite de ses affaires à Québec, où il meurt en 1677.

Canton de Niverville

À 115 km au nord de Dolbeau, dans le vaste arrière-pays du lac Saint-Jean, se trouve ce canton qui se rattache à la MRC de Maria-Chapdelaine. Traversé du nord au sud par la rivière Samaqua, affluent de la Mistassini, le territoire est couvert de plusieurs lacs et étangs, notamment les lacs du Sauna, des Deux Orignaux et Isabelle. Le toponyme, choisi vers 1920, évoque Joseph-Claude Boucher de Niverville (1715-1804). Originaire de Chambly, ce militaire fit carrière dans les troupes de la Marine, et accomplit de nombreuses missions à Niagara, dans l’Ohio, dans l’ouest et en Acadie. Ayant plusieurs fois dirigé des partis d’Abénaquis et connaissant bien leur langue, Niverville, devenu lieutenant en 1756, fut choisi comme interprète et dirigea plusieurs expéditions contre les troupes anglaises. Passé en France en 1760, il fut créé chevalier de Saint-Louis en 1763, Insatisfait du traitement que la France accordait à ses anciens officiers, le chevalier de Niverville revint au pays. Lieutenant-colonel de la province de Québec contre l’attaque américaine de 1775-1776. Chargé de l’administration des affaires indiennes pour le district de la Mauricie, il devint juge de paix en 1780 puis colonel de milice en 1790.

Canton de Panneton

Ce canton, sis au nord de Girardville, à quelque 75 km du lac Saint-Jean, est arrosé par les rivières Mistassini et Samaqua. Le nom de cette entité territoriale, attribué en 1917, rappelle Joseph-Élie Panneton (1835-1910) qui fut intimement associé à la fondation du Séminaire de Trois-Rivières qui ouvrit ses portes en 1860. en 1860. Le personnel, qui comprenait alors six ecclésiastiques venant du Séminaire de Nicolet, fut placé sous la direction de l’abbé Panneton. Après avoir été directeur des élèves de 1860 à 1865, il devint supérieur de cet établissement de 1865 à 1871.

Canton de Ramezay

Quinze kilomètres séparent le canton de Ramezay, de forme triangulaire, de la municipalité de Girardville, au Lac-Saint-Jean. Sa pointe nord-est est traversée par la rivière Ouasiemsca et son extrémité sud est voisine de la rivière Ashuapmushuan. Claude de Ramezay (1659-1724), d’origine bourguignonne, est venu en Nouvelle-France comme lieutenant des troupes de la Marine en 1685. Nommé gouverneur de Trois-Rivières (1690) puis commandant des troupes de la colonie (1699), il sera gouverneur de Montréal de 1704 jusqu’à son décès, survenu à Québec. Le château de Ramezay qu’il fit construire à Montréal entre 1714 et 1716, prolonge son mémoire. À son décès, le gouverneur Vaudreuil écrivit assez ironiquement que « Ramezay a toujours vécu très honorablement ayant toujours mangé plus que ses appointements ». Pour soutenir un train de vie hors de l’ordinaire, Ramezay s’était livré à la traite des fourrures et avait exploité une scierie, ce qui ne l’empêcha pas cependant de s’endetter auprès de plusieurs créanciers et de laisser sa femme dans une situation financière fort précaire. Son fils Nicolas-Roch (1708-1777), gouverneur de Québec lors de la bataille des Plaines d’Abraham, remit la ville à Townshend, de l’armée anglaise, le 19 septembre 1759. Ce canton a été désigné vers 1918-1920.

riviere mistassini
Activités nautiques sur la Rivière Mistassini. Photographie libre de droits.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *