Saguenay-Lac-St-Jean

Royaume du Saguenay

Royaume du Saguenay

Pourquoi l’appellation Royaume du Saguenay ?

En parlant du Saguenay on dit souvent « le royaume du Saguenay« . Qui s’est servi le premier de cette appellation?

C’est Jacques Cartier, le découvreur du Canada, qui est l’auteur de l’appellation « royaume de Saguenay » o « royaume du Saguenay« .

Dans le Brief récit et succincte narration de la navigation faite en MDXXXV et MDXXXVI par le capitaine Jacques Cartier aux îles d Canada Hochelaga, Saguenay et autres, nous lisons :

« Le douziesme jour du dit mois (août) nous partismes de le dite baie Saint-Laurent et feismes porter à ouaist, e vînmes quérir un cap de terre devers le sud qui gist environ l’ouaist un quart de sur ouaist du dit hable Saint-Laurent environ vingt cinq lieues.

Et par les deux sauvages qu nous avions pris le premier voyage, nous fut dit que c ‘état de la dite terre devers le sud, et que c’était une île et que par le sud d’icelle était le chemin à aller de Honguede, où nous les avions pris l’an précédent à Canada: Et qui à deux journées du dit cap et île commencerait le royaume de Saguenay à la terre devers le nord allant vers le dit Canada, le travers dudit cap environ trois lieues y a de profond cent brasses et plus. »

Plus loin, Cartier ajoute: « Nous arxpareillasmes du dit hable (Bic) le premier jour de septembre pour aller vers Canada, et environ quinze lieues du dit hable à l’ouaist, sur ouaist, y a trois isles au parmi du fleuve, le travers desquelles y a une rivière fort profonde et courante, qui est la rivière et chemin du royaume et terre de Saguenay, ainsi que nous a été dit par nos deux sauvages du pays de Canada. »

D’après Pierre-George Roy, Toutes petites choses du régime français, 1944.

Saguenay en France

En juillet 1984, le Parc National des Cévennes, au sud de la France, se jumelait avec le parc de conservation du Saguenay. Cette entente de coopération visait la multiplication des échanges entre les deux institutions, tant en personnel qu’en renseignements scientifiques, techniques ou culturelles. Ainsi, en 1996, un échange toponymique fit en sorte que six toponymes cévenols purent être implantés sur la rive du fjord du Saguenay pour y désigner des caps et des anses, et que huit toponymes saguenéens furent offerts, en contrepartie, pour enrichir éventuellement la toponymie cévenole, dont le nom d’origine amérindienne, Saguenay. C’est d’ailleurs ce nom que les autorités françaises choisirent, en 1997, pour désigner un nouveau pont, construit à la Salle Prunet, à proximité de la commune de Florac, où se trouve le siège de l’administration du Parc National des Cévennes. La nouvelle structure, le Pont du Saguenay, érigée en remplacement d’un vieux pont récemment démoli, le Pont Manqué, enjambe la Mimente, affluent du Tarn.

roches au saguenay

Roches du Saguenay. Photo : © GrandQuebec.com.

Anse du Tarn

Le Tarn, importante rivière du centre de la France, longue de 375 km, prend sa source dans le Massif Central, à l’est du Mont Losère. Prenant aussitôt la direction de l’ouest, elle s’encaisse alors dans les plateaux calcaires, se faufilant entre le Causse de Sauveterre et le Causse Méjan, ou Méjean, au creux des fameuses Gorges du Tarn dont la profondeur (400 à 600 m), la variété des formes et le pittoresque attirent bon nombre de touristes. Après avoir traversé plusieurs départements et arrosé plusieurs villes dont Millau (Aveyron), Albi (Tarn), et Montauban (Tarn-et-Garonne), les eaux du Tarn se jettent dans la Garonne, en aval de Moissac, chef-lieu de canton du département du Tarn-et-Garonne. La rivière tient son nom d’une racine hydronymique pré-celtique.

Au Québec, il existe depuis peu une entité hydrographique appelée Tarn. Il ne s’agit toutefois pas d’un cours d’eau, mais d’une anse située du côté nord de la rivière Saguenay, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de la ville de Chicoutimi, encadrée par les caps Lozère, à l’ouest, et Aigoual, à l’est. Ce sont les autorités du Parc National des Cévennes (France), dans le cadre d’un échange toponymique effectué en 1996 avec le parc du Saguenay au Québec, qui ont proposé ce toponyme, ainsi qu’Aigoual, Cévennes, Gardons. Jonte et Lozère, pour désigner six lieux, des caps et des anses jusque-là innomés, du fjord du Saguenay. Adoptés par la Commission de toponymie du Québec, le 7 juin 1996, ces noms allaient donner un caractère cévenol à une section du magnifique fjord.

Rappelons que le Parc Nation des Cévennes, créé par les autorités françaises le 2 septembre 1970, et le parc de conservation du Saguenay, formé par les autorités québécoises en juin 1983, ont été jumelés en 1984 par décision des deux gouvernements. Par ce jumelage, ils entendent notamment multiplier les échanges de personnel et d’informations scientifiques, techniques et toponymiques. Les deux organismes vouent leur existence à la conservation et à la mise en valeur de leur patrimoine naturel respectif. Au plan odonymique, on trouve au Québec une seule avenue du Tarn, à Charlesbourg.

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