Saguenay-Lac-St-Jean

Esquisse historique du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Esquisse historique du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Esquisse historique de la région du Saguenay et du lac Saint-Jean : premiers siècles

Le nom du Saguenay apparaît dans l’histoire dès la découverte du Canada par Jacques Cartier. Ce dernier apprit des Indiens qu’il rencontra que le pays au nord du St-Laurent était partagé en trois royaumes : Saguenay, Canada et Hochelaga. Et sur la richesse du Saguenay, il recueillit de la même source des informations sensationnelles qui firent de la découverte de ce pays une de ses principales préoccupations. Il ne fit pourtant rien de plus que d’en visiter l’embouchure et de s’y arrêter quelques heures en septembre 1535.

Dans les années qui suivirent, il est évident que l’idée d’explorer ce royaume du Saguenay, réputé si riche, hantait le cerveau de ceux qui, en France, s’intéressaient aux nouvelles contrées découvertes et conquises pour le Roi.

Pourtant ce n’est qu’en 1603 que Champlain fit sur le cours de cette rivière le premier voyage mentionné dans l’histoire. L’impression ne fut peut-être pas des plus favorables ; il reconnaît que c’est une très belle rivière mais le pays, qu’il n’a vus que de son bateau, ne lui paraît guère avantageux, « terre fort mal plaisante » dit-il.

Toutefois dans cette « terre fort mal plaisante » il y a des sauvages qui provoqueront le zèle missionnaire. Il y a aussi des bêtes à la fourrure précieuse et que les sauvages savent très bien prendre et ceci attirera les commerçants.

Ce double courant, déterminé par le zèle religieux et le désir du gain, aurait pu apporter à la région les bienfaits de la civilisation. Autour des missions, autour des postes de traite, des établissements se seraient faits, la terre aurait été défrichée, la colonisation se serait accomplie petit à petit. Mais le royaume du Saguenay était un morceau de roi. On en fit le « Domaine du Roi », et dans ce domaine le droit exclusif de pêcher, de chasser et de commercer était adjugé aux enchères à quelque individu qui n’avait nulle idée de défricher et cultiver le pays, mais tenait plutôt à le garder sauvage afin d’assurer aux animaux à fourrure un habitat où ils pussent pulluler.

Les missionnaires en quête d’Indiens à évangéliser, les coureurs des bois allant chercher les fourrures chez les Indiens ou ravitaillant les postes de traite parcouraient seuls le pays. Mais leurs courses furent souvent des voyages de découvertes. Ainsi le père de Quen atteint le lac St-Jean en 1647. En 1661, les pères Druillete et Dablon, deux jésuites eux aussi, atteignent la hauteur des terres, après avoir traversé le lac St-Jean. En 1671, le père Albanel se rend à la Baie d’Hudson.

Ces voyages s’accomplissaient en canot, en suivant la route tracée longtemps auparavant par les sauvages. On partait de Tadoussac et l’on remontait le Saguenay jusqu’à Chicoutimi. De là, pour éviter les chutes de la Grande Décharge, on s’engageait dans la rivière Chocoutimi, puis dans le lac Kénogami. De celui-ci, on descendait au lac St-Jean par le lac Kénogamichiche, la rivière des Aulnaies et la Belle Rivière. On gagnait ensuite l’estuaire de l’Ashuapmouchouan, à l’extrémité occidentale du lac, et par cette rivière, on atteignait la hauteur des terres pour redescendre vers la Baie d’Hudson.

Le long de cette route, quelques postes s’établissent aux points stratégiques où convergent les routes des Indiens vendeurs de pelleterie. L’agent chargé de la traite y exerce son trafic, le missionnaire s’y fait un pied-à-terre d’où il rayonne dans le pays à la recherche d’âmes à convertir, où il revient en quête de repos ou d’approvisionnements ou pour rencontrer et évangéliser les tribus indiennes qui se concentrent autour du poste au retour de la chasse. Une modeste chapelle s’ajoutait bientôt aux logements de l’agent et du missionnaire.

Le premier et le plus important de ces postes fut Tadoussac. Dès 1600, Pierre Chauvin et Frs Pontgravé y fondaient un établissement. C’était le poste d’entrée et de sortie de ce Domaine du Roi où un commerce important s’établit bientôt. En 1617, le père Huet y bâtissait une chapelle.

Un autre s’établit à Chicoutimi où une chapelle fut bâtie en 1670.

Une autre chapelle existait déjà à l’Anse St-Jean depuis 1668. Un troisième poste s’établit à l’embouchure de la rivière Métabetchouan, au bord du lac St-Jean et on y érige une chapelle en 1676.

D’autres postes s’établissent sur la rivière Ashuapmouchouan jusqu’à la hauteur des terres.

Ces postes du Roi, comme on les appelait, prospèrent avec des fortunes diverses. Les idées chrétiennes, grâce aux missionnaires, pénètrent de plus en plus dans les âmes des Indiens, mais la véritable civilisation, la civilisation complète, celle qui défriche et met en valeur le sol et toutes les ressources qu’il contient, la civilisation qui enfante les paroisses agricoles, qui fait surgir les villes industrielles, ne s’implantait point dans ce pays dont les ressources variées nous émerveillent aujourd’hui.

Le trafiquant de fourrures trouvait dans son commerce des bénéfices trop faciles et trop abondants pour en tarir la source en laissant détruire la forêt au profit de l’agriculture ou de l’industrie. Il empêchait donc de son mieux que l’on connût la fertilité du sol et décourageait toute tentative d’exploitation agricole. Les représentations des missionnaires qui s’efforçaient de faire apprécier les ressources de la région ne purent prévaloir. Ce qui forme maintenant une des sections du Québec les plus riches en ressources diverses, demeurait une réserve de chasse pour longtemps…

Les cascades. Photo de Megan Jorgensen.
Les cascades. Photo de Megan Jorgensen.

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