Beurreries au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Les premières beurreries dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean

En 1882, les trois établissements laitiers du comté de Chicoutimi sont des fromageries. Des beurreries s’ajoutent dès les années suivantes, mais, comme certains fromageries, elles ont la vie courte. Toutefois, le nombre de d’établissements laitiers augmente. En 1895, le comté des Chicoutimi compte 29 fromageries et 4 beurreries, celui du Lac-Saint-Jean, 26 fromageries et 4 beurreries. La beurrerie remporte peu de succès et malgré tous les encouragements à la production beurrière pendant l’hiver, seuls deux établissements situés à Saint-Alexis (Grande Baie) et à Saint-Alphonse (Bagotville) opèrent durant une partie de l’hiver.

Entre 1895 et 1901, la situation n’évolue quelque peu en faveur de l’industrie beurrière, en apparence du moins. En 1901 le comté fédéral de Chicoutimi-Saguenay dispose de 61 fromageries et des 18 beurreries fromageries. Comme pour d’autres régions, la multiplication des établissements laitiers fait conclure au progrès, tout en rendant songeurs les plus éclairés des experts.

C’est la taille modeste des établissements laitiers québécois et celle encore plus modeste des fabriques du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui est très importante. Quoique non évidente, la faible activité affecte le rendement des fabriques sur le plan financier. Alors à long terme, la diversification – lait condensé, lait écrémé, crème glacée, fromages variés – du secteur de la transformation du lait a pu en souffrir.

Se dégage également la fibre production industrielle de beurre dans la région. Cela se passe à un moment où l’industrie fromagère subit une base de prix. L’industrie beurrière régionale souffre d’un retard considérable : en 1901, seulement 40,9% du beurre est produit dans les fabriques comparativement à 70% pour le Québec. Et qu’écrémage à la ferme se traduisait en plus par une perte de 15 à 20% des matières grasses.

Sur un autre plan, le nombre de jours d’opérations des fabriques reste limité. En fait, respectivement quelque 60 à 130 jours pour les beurreries et les fromageries. En bref la mobilité des établissements laitiers fonctionnent cinq mois par année, de la fin de mai au début de novembre. Outre certains problèmes comme la faible production pendant l’hiver et le chauffage inadéquat ou un existant des fromageries, l’arrêt de la production des fromages s’expliquerait aussi par l’incapacité d’obtenir en lait qui permette de fabriquer un produit du même goût que celui de l’été, ce qui laisse supposer un certain souci de conservation du marché.

L’orientation et la situation de l’industrie laitière au tournant du 19 siècle trahissent plusieurs vicissitudes. Les tentatives de fabrication industrielle de beurre semblent en échec lamentable

Illustration : Fondée en 1919, la Beurrerie de La Baie vers 1950, image libre de droit.

(Tire de Histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean par Camil Girard et Normand Perron, 1989. Institut québécois de recherche sur la culture).

À compléter la lecture :

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