Le fatalisme et ses particularités
Le mot fatalisme vient du latin « fatum » qui désigne le destin déjà écrit. Selon la doctrine fataliste, il ne sert à rien d’effectuer des choix, puisque de toute façon ce qui nous arrive relève d’un scénario pré écrit, dont les étapes ont été fixées par un système supérieur – que ce soit la nature, les dieux, Dieu, voir les lois de l’histoire.
Dès lors, aucune expérience ne peut être considérée comme négative, mais seulement comme une péripétie parmi d’autres que nous vivons tel un rouage du scénario supérieur.
Si l’on est fataliste, on renonce aussi à la notion d’injustice, pour y voir seulement un nécessaire enchaînement d’événements vécus plus ou moins confortablement pour chacun.
Il ne sert donc à rien de se plaindre.
Alors, il ne sert à rien de se battre.
Fatalisme
Il faut accepter le monde tel qu’il est, sans vouloir tenter de le modifier. Il faut supporter la souffrance, l’adversité, le malheur, qui ne sont que des mises à l’épreuve de notre caractère,
Dans son « Traité du fatum », Cicéron a écrit : Si ton destin est de guérir de cette maladie, tu guériras, que tu aies appelé ou non le médecin; de même, si ton destin est de n’en pas guérir, tu ne guériras pas, que tu aies appelé ou non le médecin. »
Parmi les six maîtres indiens du bouddhisme, Makkali Gosala, en 484 avant J.-C., défendait le fatalisme « niyaruvâda ». Il affirmait que « les actions » n’ont aucun effet, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, aucune pratique religieuse ni aucune dévotion ne modifient quoi que ce soit. On atteint de toute façon tous la délivrance automatiquement une fois le cours de l’existence épuisée ». Cette déclaration se vit cependant contredite par le Bouddha Siddharta Gautama. Pour sa part, il croyait que nos choix avaient un impact direct sur notre carma.
Le fatalisme s’oppose ainsi au libre arbitre, puisque le premier considère l’homme comme irresponsable, tandis que le second l’oblige à réfléchir aux moindres conséquences de ses actes.
(Par Bernard Werber. Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu. Volume XII, Sa majesté des chats.)