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Tremblement de terre à San Francisco

Tremblement de terre à San Francisco

Tremblement de terre à San Francisco, en Californie

La ville de San Francisco et vingt autres villes sont détruites

18 avril 1906 : Un désastre sans précédent sur les côtes de l’Océan Pacifique. On compte au-delà de 10 000 morts et près de 20 000 blessés, es dommages se chiffreront dans les milliards.

San Francisco. Il est encore impossible d’assurer l’étendue du désastre causé par les tremblements de terre d’hier, à 5h20, le 18 avril 1906. La ville continue de brûler. Tout le quartier commercial est détruit et les flammes ne sont pas encore circonscrites.

Des milliers de personnes sont réfugiées dans les parcs et un grand nombre sont sans vêtements.

Des détachements de cavalerie et d’infanterie circulent dans les rues de la basse ville. Les banques sont gardées militairement.

Une fumée suffocante enveloppe la ville. Les communications avec l’extérieur sont presque complètement détruites. On apprend cependant de Palo Alto que tous les pavillons, moins un, de l’université Stanford, ont été détruits. L’église Memorial, un des plus beaux monuments d’Amérique, n’est plus qu’une masse de décombres fumants.

Les quais se sont enfoncés dans la mer. Des fissures se sont produites dans les rues avoisinant les quais.

L’Hôtel de ville, qui a coûté sept millions de dollars, est à peu près complètement démoli. Le dôme, cependant n’est pas écroulé. Il demeure sur ses piliers, au milieu des décombres de l’édifice. L’Hôtel des Postes, sans contredit le plus beaux des États-Unis, est à peu près complètement démoli.

Le Valentia Hotel s’est englouti dans la terre; le toit de l’hôtel est maintenant à la hauteur d’un rez-de-chaussée. L’hôtel était en bois; un grand nombre de voyageurs étaient couchés au moment de la catastrophe. On les considère comme ayant tous péri. Le tremblement de terre était à peine fini que les flammes surgissaient de partout à la fois. Les pompiers tentèrent de répondre à tous les appels, mais ils constatèrent dans les premières minutes que la chose était impossible.

Les flammes furent aussitôt poussées par une assez forte brise et commencèrent leur œuvre sinistre parmi les décombres pour s’attaquer bientôt aux immeubles restés debout.

Trois fortes secousses

Le seul fil télégraphique reliant San Francisco au reste du monde, transmet d’heure en heure des nouvelles plus effrayantes les unes que les autres. A midi, une dépêche parvenait au bureau- chef de la Postal Telegraphe Co. que de nouvelles secousses de tremblement de terre se produisaient à chaque instant, achevant peu à peu de démolir les maisons restées debout. La dépêche ajoutait qu’il y a eu trois secousses de tremblement de terre : les deux premières étant relativement légères. La troisième, laquelle dura trois minutes, fit écrouler presque tous les immeubles de la ville.

Le Mechanic’s Pavillon a été transformé en morgue provisoire. On y a déjà déposé plus de trois cents cadavres. Les corps arrivent de minute en minute; la place commence à manquer, on dépose les cadavres les uns sur les autres. Ils s’élèvent en piles jusqu’au plafond des vastes salles du pavillon. On croit que plus de mille personnes ont été englouties sous les décombres dans els quartiers populaires.

Des files de voitures, de véhicules de toutes sortes encombrent les rues, transportant des blessés, pour la plupart des femmes et des enfants.

La loi martiale a été proclamée : les soldats gardent la ville. Le maire Schmitz a demandé des secours à toutes les villes de la Californie et a donné ordre aux pompiers de réquisitionner tous les approvisionnements de dynamite, afin de faire sauter les maisons pour isoler les foyers d’incendie.

Le rapport météorologique

À Washington, le bureau météorologique a publié le rapport suivant : La terrible secousse sismique qui a presque totalement détruit la ville de San Francisco a été enregistrée par notre sismographe à huit heures et dix-neuf minutes du matin. Les vibrations des instruments indiquent des secousses très fortes, bien que cependant elles n’aient pas été ressenties par les particuliers.

La plus forte secousse a été enregistrée à huit heures, 25 minutes, cinq minutes environ après la première secousse, à peine perceptible. Une autre secousse a été enregistrée de huit heures et trente-deux à huit heures et trente-trois. La plume a été emportée à côté de la feuille d’enregistrement des vibrations. Les secousses se sont reproduites à de fréquents intervalles mais en diminuant. La dernière a été enregistrée à midi et 35 minutes. Les vibrations ont été très lentes, chaque oscillation complète ne s’effectuant qu’aux 15 ou 20 secondes.

Les ombres des montagnes descendent en grandissant, rapprochent de toutes parts la pointe et les côtés de leurs pyramides gigantesques, et finissent par s'embrasser en silence sur la terre obscure; quand les images fantastiques des nuages s'étendent, se confondent et rentrent ensemble sous le voile protecteur de la nuit, comme des époux clandestins. (Charles Nodier Smarra). Photo de Megan Jorgensen.
Les ombres des montagnes descendent en grandissant, rapprochent de toutes parts la pointe et les côtés de leurs pyramides gigantesques, et finissent par s’embrasser en silence sur la terre obscure; quand les images fantastiques des nuages s’étendent, se confondent et rentrent ensemble sous le voile protecteur de la nuit, comme des époux clandestins. (Charles Nodier Smarra). Photo de Megan Jorgensen.

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