La révolution américaine, ses causes et ses origines
Origines de la révolution américaine. En 1774, les Treize colonies accueillent l’Acte de Québec comme un nouveau affront de la part de la Grande-Bretagne. L’agitation qui remue plusieurs colonies d’Amérique depuis la Proclamation royale de 1763 sentences s’intensifie. De plus en plus de colons anglo-américains contestent la domination et les politiques impérialistes de la métropole.
Une métropole endettée
Au début des années 1760, la Grande-Bretagne traverse une grave crise économique, en particulier à cause des dépenses militaires engagées pour conquérir la Nouvelle-France et faire la guerre de Sept Ans. Le roi George III et le Parlement britannique estiment que les Treize colonies, dont l’économie est très prospère, doivent participer au remboursement de la dette de guerre.
Forte de sa victoire contre les Français, la Grande-Bretagne souhaite également affirmer sa domination sur son empire colonial nord-américain. Elle décide d’appliquer sa politique mercantiliste à ses riches colonies d’Amérique avec beaucoup plus de fermeté.
La montée du libéralisme dans les Treize colonies
De leur côté, les Treize colonies veulent protéger leurs intérêts commerciaux et conserver une certaine indépendance politique par rapport à la métropole. Les Treize colonies possèdent, par exemple, des chambres d’assemblée dont les représentants, élus par la population, peuvent imposer leurs propres lois et leurs propres taxes. Elles possèdent également une puissante bourgeoisie formée de riches marchands anglo-américains.
Cette bourgeoisie, très présente dans les chambres d’assemblée, est influencée par un courant de pensée révolutionnaire, le libéralisme. Cette doctrine prône la liberté individuelle, la liberté de commerce, la liberté d’expression le droit à la propriété et le droit de vote, des valeurs qui s’opposent à l’impérialisme.
Les origines de la révolution américaine
Entre 1763 et 1774, plusieurs événements aggravent les tensions entre les Treize colonies et la Grande-Bretagne.
1763 – la Proclamation Royale
En 1763, la Grande-Bretagne souhaite mettre un terme aux rébellions amérindiennes dirigées par Pontiac et limiter l’expansion territoriale des Treize colonies vers l’ouest. Avec la proclamation royale, la métropole cède d’immenses territoires aux Amérindiens et trace une frontière officielle à l’ouest des Treize colonies. Les colonnes anglo-américaines considèrent considèrent cette décision comme un affront. Selon eux, ces territoires, pour lesquels ils se sont battus contre les Français et qu’ils ont commencé à coloniser, leur appartiennent.

De 1764 à 1733 – l’imposition de nouvelles taxes coloniales
Pour rembourser sa dette de guerre, la Grande-Bretagne réclame diverses taxes aux Treize colonies. Ainsi, en 1764, elle adopte le Sugar Act (loi sur le sucre), qui impose une taxe sur des produits importés comme le sucre, le vin et le café. En 1765, elle vote le Stamp Act (loi sur le timbre), qui rend obligatoire l’usage d’un timbre sur tous les écrits circulant dans la colonie. Les marchands et les colons anglo-américaines estiment que la métropole de peut le taxer, car ils n’ont aucun représentant au Parlement britannique. Ils déclarent donc ces taxes illégales au nom du principe suivant : No taxation without representation (Pas de taxes sans représentation).
Dès 1765, des organisations révolutionnaires se forment à Boston, à New York, à Philadelphie et en Virginie. Des pamphlets en faveur de l’indépendance des colonies sont distribués à la population. Un mouvement de contestation se développe et des manifestations se tiennent dans plusieurs villes. Des manifestations sont tués, d’autres sont arrêtés et emprisonnés par les forces britanniques.
1773 – Le Tea Act (loi sur le thé)
Le 16 décembre 1773, les Fils de la Liberté, une organisation secrète de rebelles anglo-américains, se révoltent contre l’opposition du Tea Act. Celui-ci avantage les marchands britanniques au détriment des marchands locaux. Ils déclenchent une révolte dans le port de Boston. Cet événement est nommé le Boston Tea Party.

Les lois intolérables en 1774
La Grande-Bretagne réagit fortement à la révolte de Boston en imposant, en 1774, une série de mesures punitives que les Anglo-américains qualifient de lois intolérables. Les autorités britanniques ferment le port de Boston jusqu’au remboursement des cargaisons de thé perdues, mettent le gouvernement du Massachusetts sous tutelle et forcent les colonnes à loger gratuitement les troupes britanniques. Les autorités interdisent à la justice du Massachusetts de juger pour meurtre des militaires britanniques. De plus, le Parlement de Londres adopte l’acte de Québec.
La réponse des anglo-américains aux lois intolérables
En septembre 1774, en réaction aux lois intolérables, des représentants élus des 12 des 13 colonies se réunissent à Philadelphie. Cette alliance politique entre les colonies anglo-américaines et appelée le « premier Congrès continental ». À l’issue de la rencontre, le Congrès demande au Parlement britannique d’abolir les lois intolérables. Il menace alors, si rien ne se fait, de boycotter le commerce avec la métropole. Le Congrès forme également une alliance militaire pour défendre les Treize colonies en cas d’attaque britannique.
En octobre 1764, le Congrès invite les Canadiens à se joindre à la résistance contre la métropole. L’invitation des Anglo-américains reste sans réponse. En effet, les notables canadiens se sentent en général satisfaits des concessions accordées par l’Acte de Québec. Quant aux marchands britanniques de la province de Québec, ils hésitent à appuyer les Anglo-américains, car ils tiennent à protéger leurs ententes commerciales avec la métropole.

Notes sur les origines de la révolution américaine
Bourgeoisie : groupe social composé des personnes généralement fortunées qui n’appartiennent pas à la noblesse.
Libéralisme : Doctrine politique et économique qui s’est développé en Grande-Bretagne et en France tout au long des 18e et 19e siècles.
Représentation : Principe politique selon lequel des personnes élues représentent leurs électeurs dans un gouvernement.
Pamphlet : document écrit qui attaque, dénonce ou remet en question un régime politique, une institution ou des personnes.
Thé Act : Loi qui permet à la Compagnie anglaise des Indes orientales de vendre son thé moins cher que celui des marchands des Treize colonies.
Punitif : Qui vise à punir.
Tutelle : Situation de dépendance d’un individu, d’une collectivité, d’un territoire par rapport à une autorité légale, par exemple le gouvernement est une institution.
Boycotter : interrompre volontairement toute relation avec un gouvernement, une entreprise ou un groupe pour contester ses actions.