La Dominique (une île de la mer des Caraïbes)
La Dominique est une petite île des Antilles située entre la Guadeloupe et la Martinique, deux colonies françaises. D’abord occupée par les Espagnols, puis par les Français et les Britanniques, l’île de la Dominique présente une valeur stratégique pour le contrôle des Antilles. Son histoire est marquée par de nombreux affrontements entre la France et le Grande-Bretagne. Roseau, sa capitale, est détruite à plusieurs reprises. Vers 1790, la population de l’île est composée de plus de 90% d’esclaves d’origine africaine. L’économie de la Dominique repose surtout sur la culture de la canne à sucre.
La Dominique à la fin du XVIIIᵉ siècle
À la fin du XVIIIᵉ siècle, l’île de la Dominique occupe une position stratégique au cœur des Petites Antilles. Montagneuse, difficile d’accès et longtemps dominée par les populations kalinago, elle devient un enjeu majeur des rivalités franco‑britanniques. Après avoir été déclarée territoire neutre par le traité d’Aix‑la‑Chapelle en 1748, l’île reste officiellement réservée aux Kalinago, mais cette neutralité est fragile et souvent violée par les colons européens.
Un territoire disputé
Durant la guerre de Sept Ans, les Britanniques s’emparent de la Dominique en 1761. Le traité de Paris de 1763 confirme leur domination, intégrant l’île à l’Empire britannique. Les Français, pourtant très présents dans les îles voisines, ne renoncent pas à leur influence. La population reste mixte : colons britanniques, planteurs français installés de longue date, esclaves africains et communautés kalinago.
L’économie repose alors sur les plantations de sucre, de café et de coton, exploitées grâce au travail forcé des esclaves. La société est marquée par de fortes tensions sociales et raciales, accentuées par la concurrence entre planteurs français et britanniques.
L’occupation française (1778‑1784)
La guerre d’Indépendance américaine offre à la France l’occasion de reprendre pied dans la région. En 1778, les forces françaises s’emparent de la Dominique, profitant de la faiblesse des défenses britanniques. Cette occupation, bien documentée par les historiens, dure jusqu’en 1784.
Durant ces années, l’administration française tente de réorganiser l’île, de renforcer les fortifications et de rallier les planteurs francophones. Les Britanniques, eux, cherchent à maintenir leur influence auprès des élites locales. L’île devient un théâtre de propagande, d’espionnage et de manœuvres militaires.
Retour britannique et transformations
Le traité de Versailles (1783) met fin à l’occupation française : la Dominique retourne définitivement sous souveraineté britannique. Les autorités anglaises renforcent alors leur contrôle administratif et militaire, tout en développant l’économie de plantation. La fin du siècle est marquée par une croissance démographique importante, notamment de la population esclave, et par une intensification des cultures d’exportation.
Les tensions sociales s’exacerbent, dans un contexte où les idées révolutionnaires françaises circulent dans les Antilles. Les autorités britanniques redoutent les révoltes d’esclaves et surveillent de près les planteurs francophones, perçus comme potentiellement sympathisants de la Révolution.
Une île en transition
À la veille du XIXᵉ siècle, la Dominique est une colonie britannique consolidée mais profondément hétérogène. Les rivalités coloniales, la résistance kalinago, l’économie de plantation et les tensions sociales annoncent les bouleversements du siècle suivant.
Pour en apprendre plus :
Illustration : La bataille de la Dominique. En 1778, les Français prennent possession de la Dominique, alors occupée par les Britanniques. Avec le traité de Versailles, signé en 1783, la France doit rendre la petite île à la Grande-Bretagne. Peinture de François A. – L. Dumoulin (1783), image libre de droit.