Faits éclairants sur les phares

Sept faits éclairants sur les phares

Depuis des millénaires, les phares guident les navires égarés loin des eaux dangereuses, assurant leur sécurité lors des puissantes tempêtes. Les phares aident encore les marins aujourd’hui, bien que la navigation moderne dispose de bien plus d’outils, du GPS aux cartes nautiques détaillées, en passant par les bouées et les balises radar. De nos jours, de nombreux phares sont devenus les vestiges romantiques d’une autre époque, celle où l’on prenait la mer par la seule force du vent et où l’on scrutait l’horizon à la recherche d’un phare pour rentrer chez soi. Ces sept faits éclairants sur les phares ne représentent que quelques-unes des raisons pour lesquelles ces structures continuent de nous fasciner et restent des destinations touristiques populaires aujourd’hui.

Le phare le plus célèbre de l’Antiquité est l’une des sept merveilles du monde antique

Le phare d’Alexandrie, également connu sous le nom de Pharos d’Alexandrie, a été construit sous le règne de Ptolémée II d’Égypte, vers 280 avant notre ère. Pendant des siècles, il a été l’une des structures les plus hautes du monde, des rapports estimant qu’il atteignait environ 106 mètres (350 pieds) de haut. Le phare se dressait sur l’île de Pharos, dans le port d’Alexandrie, baptisé d’après Alexandre le Grand et capitale du royaume ptolémaïque (qui a duré de 305 à 30 avant notre ère).

Malheureusement, de fréquents tremblements de terre dans la région méditerranéenne ont gravement endommagé le phare, qui a été complètement détruit au XIVe siècle. Cependant, il a servi d’archétype à tous les autres phares, et son importance est ancrée dans de nombreuses langues romanes — par exemple, le mot « pharos » est parfois utilisé en anglais pour signifier « phare » (et a donné le mot « phare » en français). En 1994, des archéologues français ont découvert des vestiges du célèbre phare sur le fond marin, et l’UNESCO s’efforce de faire inscrire la zone sur la liste du patrimoine mondial submergé.

Les États-Unis comptent plus de phares que n’importe quel autre pays

Le premier phare des États-Unis a été construit en 1716 sur l’île de Little Brewster, près de Boston, dans le Massachusetts. Les phares étaient si importants pour l’Amérique naissante qu’en 1789, le premier Congrès américain a adopté la loi sur les phares (Lighthouse Act), qui a créé l’administration des phares des États-Unis (United States Lighthouse Establishment) sous la direction du département du Trésor. Aujourd’hui, les États-Unis abritent plus de 700 phares, soit plus que n’importe quel autre pays au monde. Pourtant, l’État qui compte le plus de phares ne se trouve pas sur la côte continentale des États-Unis. Le Michigan — entouré de quatre des cinq Grands Lacs — abrite 130 phares, dont le phare isolé de Stannard Rock, surnommé « l’endroit le plus solitaire d’Amérique du Nord ».

Les Romains ont construit le plus vieux phare encore debout

Au premier siècle de notre ère, les anciens Romains ont construit le Farum Brigantium, connu aujourd’hui sous le nom de Tour d’Hercule — le plus vieux phare du monde encore en activité. Le phare continue de guider et de signaler les marins depuis le port de La Corogne, dans le nord-ouest de l’Espagne. Une restauration de la tour au XVIIIe siècle a heureusement permis de préserver le cœur original de la structure tout en améliorant sa fonctionnalité. Aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la Tour d’Hercule est le seul phare gréco-romain de l’Antiquité à avoir conservé un tel niveau d’intégrité structurelle, et elle continue d’éclairer l’Atlantique de ses feux aujourd’hui encore.

Des « bateaux-phares » sillonnaient autrefois les mers

Bien que les phares aient été conçus à l’origine comme des structures terrestres inamovibles, l’inventeur anglais Robert Hamblin a conçu en 1731 le premier bateau-phare moderne. Il l’a amarré sur le banc de sable de Nore, à l’embouchure de la Tamise. Comme son nom l’indique, le navire était équipé d’une balise lumineuse. Il servait à assurer la sécurité de la navigation dans les zones où la construction d’un phare terrestre n’était pas réalisable. Les États-Unis ont eu leur propre service de bateaux-phares, qui a débuté en 1820 et a duré 165 ans. Le dernier bateau-phare du pays, le Nantucket, a pris sa retraite en 1985 après qu’on l’ait remplacé par des technologies plus modernes telles que des bouées automatisées. Aujourd’hui, le bateau-phare américain Nantucket (LV-112) s’inscrit au registre des monuments historiques nationaux.

Une invention de 1819 a apporté aux phares une amélioration majeure qui existe encore aujourd’hui

Au début du XIXe siècle, les phares n’étaient pas particulièrement efficaces pour éloigner les navires de la côte. En effet, les lentilles les plus couramment utilisées à l’époque (les lampes Lewis) n’étaient pas assez puissantes. C’est alors qu’apparaît l’inventeur français Augustin-Jean Fresnel. Il présente en 1821 la lentille qui porte son nom. La lentille de Fresnel utilise une série de prismes pour concentrer toute la lumière d’une lampe dans une seule direction. Cet ensemble cense amplifier la lumière en un faisceau beaucoup plus puissant. Rapidement, on a installé les lentilles de Fresnel dans les phares du monde entier. Non seulement elles offraient une fonctionnalité considérablement améliorée, mais elles étaient également d’une beauté saisissante. La lentille de Fresnel était si révolutionnaire que l’on utilise encore cette technique aujourd’hui dans les projecteurs et les équipements d’éclairage professionnels.

Les États-Unis et l’Union soviétique ont expérimenté des phares à propulsion nucléaire

En 1964, le phare du port de Baltimore (Baltimore Harbor Light), situé à l’embouchure de la rivière Magothy, est devenu le premier — et le dernier — phare à énergie nucléaire construit par les États-Unis. Construit à l’origine en 1908, le phare a fonctionné de manière tout à fait classique pendant 56 ans, jusqu’à ce qu’il fasse l’objet d’une expérience des garde-côtes. Le gouvernement américain y a installé un générateur à pile à combustible atomique de 2 100 kg (4 600 livres). Le phare a fonctionné à l’énergie nucléaire pendant un an. Cela avant qu’on ne démantèle pas le projet (heureusement sans aucun signe de contamination nucléaire).

Bien que l’expérience américaine des phares nucléaires ait été de courte durée, l’Union soviétique l’a adoptée avec plus d’enthousiasme. Ce pais construisit 132 phares à énergie nucléaire le long du passage du Nord-Est. Il s’agit d’une route maritime particulièrement inhospitalière entre les océans Atlantique et Pacifique, le long de la côte arctique de la Russie. Après la chute de l’Union soviétique au début des années 1990, la Russie a abandonné l’entretien de ces phares. Mais, fonctionnant à l’énergie nucléaire, ils ont continué à briller pendant des années.

Un phare écossais isolé a été le théâtre d’un mystère persistant

Le phare des îles Flannan se situe sur l’île isolée et inhabitée d’Eilean Mòr, dans le nord de l’Écosse. De l’extérieur, il ressemble à s’y méprendre à de nombreux autres phares construits au tournant du XXe siècle. Vous ne devineriez donc pas qu’il a été le théâtre d’une célèbre disparition non élucidée. Celle-ci a inspiré le film The Vanishing (2018), avec Gerard Butler.

Le 15 décembre 1900, le vapeur transatlantique Archtor remarque que le phare ne reste pas allumé. Alors qu’il fait route vers la ville portuaire de Leith. Une équipe du conseil local des phares se rend sur l’île quelques jours plus tard. Elle ne découvre donc aucune trace des trois gardiens de phare censés être de service. On a vu la table mise pour le dîner. Un ciré (un type de manteau imperméable) restait encore suspendu à son crochet.

Une enquête préliminaire a conclu que deux des gardiens s’étaient probablement rendus sur la plateforme ouest. Ils voualient sécuriser une caisse de ravitaillement pendant une tempête. Malheureusement, ils avaient accidentellement basculé dans la mer. Lorsque le dernier gardien va voir ce qui se passait (sans son ciré), il a probablement connu le même sort. Les rumeurs sur le continent ont avancé des explications plus fantaisistes, évoquant des serpents de mer mythiques ou même un meurtre. Bien qu’on ait largement écarté ces théories, il est peu probable que l’on sache un jour avec certitude ce qui s’est passé au phare des îles Flannan.

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