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La découverte de l’Amérique

La découverte de l’Amérique

La découverte de l’Amérique

Christophe Colomb connaissait bien une des îles de l’Atlantique; en 1479, il avait épousé la sœur du gouverneur de Porto-Santo ; son séjour à Madère dura plusieurs années. Ce mariage, qui constituait une véritable promotion sociale pour ce fils de tisserand né à Gênes, laisse à penser que Colomb, au physique un homme élancé, roux comme certains Italiens du Nord, avait, à l’approche de la trentaine, de la prestance en dépit de son manque d’instruction classique. À l’époque, il possédait déjà une grande expérience de la navigation, tant en Méditerranée que dans l’Atlantique. Il s’était très probablement rendu en Islande à bord d’un de ces navires qui faisaient régulièrement la navette entre l’île et l’Angleterre ou l’Irlande. Un peu plus tard, il se rendit à Elmina, ce port du comptoir portugais de la Côte de l’Or. C’est au cours de ces voyages que ce marin endurci, visionnaire et autodidacte, s’assigna sa grande mission. Comme toute personne instruite de l’époque, il savait que la terre était ronde et il croyait possible de faire mieux que les Portugais, engagés dans la laborieuse reconnaissance de l’Afrique afin d’atteindre les Indes – et ce terme s’appliquait à l’ensemble de cette Asie, dont Marco Polo vantait tant les richesses. Colomb était convaincu que la traversée de l’Atlantique d’est en ouest lui permettrait d’arriver le premier aux Indes.

Certains de ses écrits à ce sujet nous sont parvenus et il existe quatre ouvrages qui portent de nombreuses notes marginales rédigées de sa main. De ces livres et de quelques autres, il tira des arguments en faveur de sa thèse : en partant des Canaries, possession espagnole, on pouvait atteindre les Indes. Pour cette démonstration Ptolémée lui fut d’un grand secours; ce géographe de l’Antiquité sous-estimait la longueur de la circonférence terrestre, surestimait la largeur est-ouest de l’ensemble Europe-Asie, rapprochant de ce fait l’Europe de l’extrémité orientale de l’Asie. Colomb avait également étudié une copie des Voyages de Marco Polo, qui repoussait davantage encore vers l’est l’extrémité de l’Asie, un ouvrage rédigé au début du XVe siècle, qui plaçait Cathay à une distance de l’Europe inférieure à la réalité.

L’expert de son temps auquel il se fiait principalement, l’Italien Paolo Toscanelli, physicien et géographe amateur, avait déduit de ses travaux que 5000 milles nautiques séparaient l’Europe de la Chine. Convaincu que sa mission était réalisable, Colomb, afin de prouver que ses navires étaient capables d’effectuer un tel voyage, sélectionna diverses évaluations parmi celles de Toscanelliet de quelques autres; délibérément il ne retint que les chiffres donnant une distance d’environ 3550 milles (la véritable distance est de 11 766 milles).
Après que l’idée eut enflammé son imagination, Christophe Colomb se battit pendant près de dix ans pour la faire triompher, d’abord au Portugal, puis en Espagne; il modifiait les arguments en faveur de son Entreprise des Indes pour contrecarrer les objections des savants et des érudits et cherchait de nouvelles présomptions à l’appui de sa thèse.

découverte de l'Amérique

Le globe. Photo : GrandQuebec.com.

Après avoir minutieusement examiné le projet, vent arrière sous une lune à peine décroissante, la vigie de la Pinta qui naviguait en tête, cria : « Terre! Terre! »

Colomb se porta en avant avec la Santa Maria, confirma qu’on se trouvait bien en vue d’une terre et ordonna à la petite escadre de croiser au large jusqu’à l’aube, de peur de se jeter sur des hauts fonds. Il s’agissait de la petite île de San Salvador (ou île Watling) du groupe des Bahamas. Ce même jour, Colomb et quelques-uns de ses hommes descendirent à terre, premiers Européens à fouler le sol d’une île des Caraïbes. Ce fut aussi ce jour-là qu’ils rencontrèrent pour la première fois des Indiens, en l’occurrence de paisibles Arawak Taino, qui accueillirent les explorateurs avec amabilité et échangèrent des cadeaux avec eux. Les petits anneaux d’or qu’ils portaient au nez renforcèrent Colomb dans sa conviction qu’il venait d’atteindre les Indes. Dans son journal, il note « J’entends poursuivre pour voir si je trouve l’île du Japon ».

Il remit donc à la voile et, quinze jours plus tard, en découvrant Cuba, il s’affirma qu’il avait bien trouvé le Japon, le Cipango de Marco Polo (parfois orthographié Cipangu), quoique, chose troublante, il n’eût découvert ni sages vêtus de soie, ni palais aux tuiles d’or. Il débarqua au fond de l’anse de Puerto Gibara (nom actuel) les moins mal vêtus des hommes de son expédition et les détacha en ambassade vers l’intérieur. Louis de Torrès, le chef de ce petit groupe, était un juif converti, qui connaissait l’hébreu, l’araméen et quelques mots d’arabe, langues qui pouvaient s’avérer utiles à la cœur de Chine où il devait montrer son passeport et remettre ses lettres qui pouvaient s’avérer utiles à la cour de Chine où il devait montrer son passeport et remettre se lettres de créance, signées par Isabelle et Ferdinand, ainsi que leurs cadeaux. Torrès était accompagné de Rodrigue de Xérès, qui avait naguère visité un souverain d’Afrique et se trouvait donc qualifié pour se rendre auprès d’une cour exotique; deux Indiens complétaient le groupe. La reconnaissance fut décevante ; Torrès ne découvrit évidemment aucune ville qui pût ressembler à une cité impériale. Cependant, les deux Européens remarquèrent que les Indiens fumaient des cigares ; l’Occident faisait connaissance avec le tabac.

Colomb profita de l’absence de l’expédition pour calculer sa latitude par observation d’étoiles. Le relevé des étapes quotidiennes de la traversée lui permit d’estimer ce qu’il croyait être sa longitude. Il en vint à la conclusion qu’il ne se trouvait pas au Japon; son estime le plaçait au-delà. Il se trouvait donc sur les côtes de Chine ; à moins que, et il adopta cette solution un peu plus tard, il n’eût découvert un groupe d’îles inconnu, situé au large de Cathay.

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