Le communisme inca avait préparé sa ruine
L’histoire a accusé François Pizarre, le conquérant de l’empire inca, de monstruosités de toutes sortes dans sa conquête du Pérou, dans les premières décennies du XVIe siècle.
On peut répondre à certaines affirmations concernant les Incas et sur lesquelles on se base pour porter atteinte à Pizarre. Selon le concept généralement approuvé, l’Inca Atahualpa et tous les siens seraient autant de martyrs sacrifiés à la cupidité des Espagnols.
Personne ne nie que Pizarre ait été d’une cruauté peu admissible envers Atahualpa, mais affirmer que l’Inca mérite toute notre sympathie est une autre histoire. En effet, l’empire inca était assis sur une politique impérialiste qui ne le cédait en rien à la politique de Pizarre. Et si cet empire s’est écroulé, c’est qu’il avait préparé sa ruine
Depuis l’époque où Manco-Capac de la tribu des Incas prenait le pouvoir à Cuzco, capitale de l’empire Quechua, l’impérialisme le plus inhumain a constamment régné sur les peuples des Andes.
C’est vers l’an mille que Manco-Capac commence d’établir son règne. Depuis ce temps, le pouvoir de l’Inca n’a cessé de s’étendre jusqu’à ce qu’il s’écroule sous les coups de Pizarre.
Inca, un despote
Maître absolu d’un empire qui couvrent l’Ouest de l’Amérique du sud sur 1500 milles du nord jusqu’à la pointe sud. L’Inca commandait en despote à tous les peuples andins. Le pouvoir total, religieux et civil, appartenait à l’Inca. Celui-ci l’exerçait par l’intermédiaire de fonctionnaires fortement hiérarchisés qui ne laissaient aucune liberté aux individus.
Les gouverneurs de pays, les gouverneurs de provinces, les fonctionnaires subalternes qui commandaient à des groupes de 10,000, 1000, 500, 100, 50 et 10 habitants, surveillaient strictement tout. La terre appartenait à l’Inca, les deux tiers des récoltes lui revenaient. Le gouvernement organisait le travail. Tout comme les loisirs, organisés et obligatoires. Le mariage lui-même était décidé par les fonctionnaires à un âge décidé d’avance par l’Inca.
Aucun impérialisme dans l’histoire n’est allé aussi loin que celui-ci dans la négation des libertés humaines. Dans l’empire inca, on ne laissait rien, pas même la plus infime initiative, au choix de chacun.
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Seul l’Inca pensait, décidait, agissait. Cette immense négation de la liberté et de la propriété privée qu’on pourrait appeler communisme puisqu’elle ramène tout à la communauté incarnée dans l’Inca, avait de fait réduit tous les peuples des Andes à l’esclavage le plus abject pendant cinq siècles.
Si l’empire inca parvient à certaines réalisations techniques et, artistiques. En effet, nous pensons ici à ces routes pavées qui couvraient tout l’empire. À son architecture audacieuse, à ses poteries, à son travail du jade. Pourtant, il ne faut pas oublier que cela est dû au mépris qu’on y pratiquait des libertés humaines les plus fondamentales.
François Pizarre réussit à conquérir cet empire de 12 millions d’habitants avec une armée de 183 hommes et 27 chevaux. C’est surtout parce qu’aucun des peuples esclaves de l’Inca n’était intéressé à défendre la prison ou ils vivaient.
Pizarre, si brutal qu’il fût, représentait la liberté face à l’impérialisme. Le communisme Inca a lui-même préparé sa ruine.
Illustration : Guascar, treizième Inca. Image libre de droit.
Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.