Américains songent à l’indépendance

Pierre Kalm : Délivrés de la France, les Américains pourraient maintenant songer à l’indépendance

À la suite de sa visite de l’Amérique en 1748, Pierre Kalm déclarait : « J’ai entendu non seulement des Américains de naissance, mais des émigrants anglais, dire publiquement qu’avant trente ou cinquante ans les colonies de l’Amérique du Nord constitueront un État séparé et entièrement indépendant de l’Angleterre ». Il y avait pourtant à ce moment un obstacle sérieux à ce mouvement séparatiste et le voyageur suédois notait lui-même : « Comme le pays est sans défense du côté de la mer, et que du côté de la terre on a la présence inquiétante des Français, ces dangereux voisins empêchent que l’attachement des colonies à la métropole ne tombe tout à fait. Le gouvernement anglais n’a donc point tort de considérer le voisinage des Français dans l’Amérique du Nord comme la cause principale qui maintient les colonies dans la soumission ».

Délivrés des Français, les Américains aspirent normalement à avoir pour eux tout le continent et à profiter des avantages commerciaux qu’offrent la région du Centre-Ouest et les vallées de l’Ohio et du Saint-Laurent. Ils désirent tout autant obtenir l égalité avec les citoyens de la métropole. Ils ont au plus haut point l’amour de la liberté, le droit et la haine de l’oppression.

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« Les colonies anglaises se sont tellement accrues en richesse et en population, ajoutait encore Kalm, qu’elles rivaliseront bientôt avec l’Angleterre. Aussi, pour maintenir le commerce et le pouvoir de la métropole, leur est-il défendu d’établir des manufactures nouvelles qui pourraient faire concurrence aux Anglais. On ne peut chercher l’or et l’argent qu’à la condition de l’embarquer aussitôt pour l’Angleterre. À l’exception d’un petit nombre de places fixées, les colonies n’ont point la liberté de trafiquer en dehors des possessions britanniques, et on ne permet point aux étrangers le moindre commerce avec les colonies américaines. Il y a une foule de restrictions pareilles.

Cette oppression a rendu les colons moins tendres pour la métropole. Et cette froideur augmentee par le grand nombre d’étrangers qui se s’établissent en Amérique. Des Hollandais, des Allemands, des Français se mêlent aux Anglais. En fait, ils n’ont aucune affection pour la vieille Angleterre. »

S’il faut en croire Kalm, les colonies anglaises pourraient donc s’engager dans la voie de l’indépendance d’ici quinze ans. Une telle éventualité est bien peu probable, mais non impossible. Les colons américains se sentent fort mécontents du partage territorial. Le Royaume l’a décidé alors lors de la Proclamation royale du 7 octobre dernier et de l’attitude générale de Londres.

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Source du texte : Boréal Express.

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