Québec psychologique

Zoophilie et bestialité

Zoophilie et bestialité

Zoophilie et bestialité

Zoophilie

Dans un premier sens, archaïque, quelques auteurs prennent la zoophilie comme synonyme de bestialité (voir ce mot au dessous ce cet article).

Dans une acceptation actuelle, la zoophilie désigne une perversion de la tendance égo-altruiste qui porte certains individus à une sympathie exagérée pour les animaux, soit électivement (chats, chiens, oiseaux), soit d’une manière très générale.

Il s’agit tantôt de déséquilibrés plus ou moins excentriques teintés de misanthropie voyante et dont le traverse excite d’avantage le ridicule que la réprobation dans les situations ordinaires de la vie, mais qui, lors de certains périls sociaux, sacrifient criminellement leurs devoirs de solidarité humaine à leur penchant étroit. Tantôt ce sont des hyperaffectifs, des obsédés de la tendresse auxquels les circonstances de la vie n’ont pas accordé des satisfactions normales (célibataires, ménages sans enfants) et qu’une vague rancune contre l’humanité et un égoïsme latent trop impérieux retiennent d’orienter leurs sentiments altruistes vers des fins philanthropiques et charitables.

N’entrent évidemment pas dans ce cadre l’affection du cavalier pour sa monture, de l’oiseleur pour ses élèves, l’attachement mesuré qu’on peut éprouver à l’égard de l’animal domestique en général, qu’il soit de basse cœur ou de salon, comme pour la mascotte du navire ou du régiment.

La zoophilie s’accompagne, dans tous les cas, d’une adaptation sociale défectueuse et d’une certaine restriction du champ des préoccupations et de l’activité productrice.

Bestialité

Anciennement désignée sous les noms de zoophilie ou de sodomie, termes qui ont fini par prendre des sens bien différents, la bestialité consiste dans la recherche ou la réalisation de rapports sexuels avec des animaux.

Elle se rencontre dans les deux sexes et peut répondre à des déterminismes variables.

Chez les grands arriérés (idiots, imbéciles) et quelques déments (séniles, alcooliques), au cours de certains états aigus épisode maniaque, confusion agitée), le sujet, cédant à une impulsion génitale sans discernement, peut verser dans la Bestialité au hasard des rencontres.

Mais la pulsion sexuelle, en dehors d’un pathologique franc, peut aboutir à la bestialité chez des individus un peu frustes ou vivant dans un certain isolement. C’est ainsi que «le plus épouvantable des péchés de Sodome», comme le rappelle SCHERRER (Strasbourg, 1958), bien que freiné par la crainte populaire de la naissance de monstres, reste encore relativement fréquent parmi les populations rurales de tous les pays du monde. Pour KINSEY, environ 30% des campagnards mâles auraient peu ou prou pratiqué les relations bestiales. Il s’agit le plus souvent de bergers ou bergères, de domestiques de fermes agissant soit par curiosité pubertaire, soit par défaut te l’objet d’élection et par compensation du coït normal.

Dans tous ces cas, l’acte est plus ou moins complet; il peut même être remplacé par une masturbation de la bête accompagnée ou suivie d’un acte onaniste.

Des déséquilibrés, des vicieux lubriques à la recherche de sensations rares, des excentriques vaniteux sont, parmi les citadins au contraire, les rares auteurs d’actes de bestialité. L’érotisme précoce peut favoriser cette dépravation qui disparaîtra alors parfois avec le mariage (BOISSIER).

Dans la plupart des situations précédentes, la perversion n’est pas complète, en ce sens que le sujet est ambivalent, la déviation du choix de l’objet n’est pas préférentielle, mais a été orientée par la timidité, la crainte du sexe opposé, etc.

Il en va tout autrement quand l’orgasme génital ne peut être obtenu que sous la dépendance exclusive de pratiques bestiales (CLAUDE et THOMAS), ou que la bestialité s’associe à d’autres anomalies comme le sadisme ou le masochisme. Pour SCHERRER, la perversion sadomasochiste, évidente ou latente, ne serait d’ailleurs jamais tout à fait absente des cas de bestialité.

Sous une forme atténuée, la bestialité peut apparaître chez des obsédés divers, apportant, avec ses fantasmes idéatifs, les angoisses de la tentation et de la culpabilité potentielle.

La bestialité n’est pas réprimée par la loi française hormis les cas où elle entraîne la mort d’animaux (et entre dans la destruction de bétail), ou, par son caractère public, constitue un outrage à la pudeur. Elle est donc en fait rarement poursuivie comme telle. Mais il arrive assez souvent qu’elle figure, d’une façon significative, dans les antécédents d’un sujet poursuivi pour un autre délit sexuel.

Ch. BARDENAT.

Je me suis mis d'accord avec moi-même, ce qui est bien la plus grande victoire que nous puissions remporter sur l'impossible. (Eugène Fromentin, Dominique.). Photo d'un écureuil par Megan Jorgensen.
Je me suis mis d’accord avec moi-même, ce qui est bien la plus grande victoire que nous puissions remporter sur l’impossible. (Eugène Fromentin, Dominique.). Photo d’un écureuil par Megan Jorgensen.

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