Troubles de langage

Troubles de langage en psychiatrie

Voici quelques troubles de langage. Coproralie, tachyphémie, palilalie, palilogie, paligraphie, palikinésie.

Coprolalie

Langage grossier, ordurier. Assez fréquent chez de simples timides (mécanisme de compensation) et tout spécialement au sortir de l’adolescence où il exprime le besoin d’autonomie, le désir de virilisme. Il est volontiers l’expression de préoccupations érotiques ou du besoin d’opposition (braver l’opinion et ses interdictions).

Dans certains états pathologiques (manie, par exemple), sa signification reste la même; le malade, après guérison, en aura honte et alléguera une amnésie qui n’est souvent qu’une forme de reniement. Dans les états chroniques (délires progressifs, schizophrénies), ces termes tendent à se stéréotyper ou à engendrer des néologismes.

Une forme spéciale mérite d’être mentionnée : c’est la maladie de Gilles de la Tourette, qui associe tics et coprolalie. On y observe de brusques décharges de mouvements coordonnés, plus ou moins étendus, associées à une émission explosive d’expressions ordurières, d’insultes ou de blasphèmes.

Ces deux dernières représentent un équivalent de la magie de la parole et correspondent à un rite conjuratoire déguisé.

H. Aubin.

Tachyphémie

Troubles du langage parlé consistant en un débit accéléré, souvent à caractère explosif.

Ce désordre, de nature psychomotrice, tient le plus souvent à une atteinte organique ou fonctionnelle des centres d’initiative motrice du langage, rangés donc dans la série des centres régulateurs de la fonction motrice.

Aussi voit-on la tachyphérmie dans les altérations pallidales, dans les séquelles d’encéphalite où elle s’associe à d’autres manifestations neurologiques du type souscortival (palilalie, tremblement, rigidité, myoclonies, inhibition, émotive, etc.).

Troubles de langage : Palilalie, Palilogie, Paligraphie, Palikinésie

La palilalie est un trouble du langage parlé consistant en une répétition itérative de syllabes, de mots ou de courtes phrases. Ce trouble s’associe souvent à la tachyphémie. Bref, la palilalie peut alterner avec des phases de mutisme (Babiski, Sterling).

G. Lévy distingue :

– la tendance palilalique (répétition inconstante de quelques mots);

– la palilalie simple;

– la grande palilalie qui comporte la tachyphémie avec aphonie terminale. Ce trouble traduit une perturbation dans la régulation des actes volontaires, et paraït bien un désordre moteur d’origine sous-corticale. Ce phénomène purement neurologique (Guiraud) s’observe chez les pseudo-bulbaires, les parkinsoniens, les sujets atteints de maladie de Pick. Il peut coexister aussi des troubles de viscosité mentale et d’hyperémotivité anxieuse (Claude, Petit).

À la palilalie s’associent souvent des phénomènes d’écholalie, d’échopraxie, groupes voisins mains non identiques.

La palilalie doit être différenciée des stéréotypies verbales des hébéphrénocatatonies, où le trouble est essentiellement dû à un désordre psychique.

Voici les différences :

  • La palilogie est en fait une variété de palilalie décrite par Trenel dans l’épilepsie : certains sujets intercalent au milieu de mots incohérents et incompréhensibles une phrase bien construite et répétée un certain nombre de fois. Guiraud a fait remarquer qu’en plus de la palilalie, il y a dans la palilogie loquacité anormale et automatique, donc trouble complexe du langage.
  • La paligraphie est l’équivalent de la palilalie dans l’écriture (répétition itérative de mots ou de fragments de phrases). S’observe en fait dans les mêmes conditions que la palilalie.
  • La palikinésie est la répétition itérative, en série, de gestes ou de mouvements.

Ant. Porot.

Voir aussi :

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