Tétanie et spasmophilie en psychologie
La tétanie se caractérise par une hyper-excitabilité neuromusculaire permanente. Aussi par des accidents paroxystiques de contracture. Ceux-ci peuvent affecter en particulier les extrémités des membres (spasme carpo-pédal), les voies respiratoires supérieures (laringospasme) et divers domaines viscéraux.
La tétanie chronique, souvent latente qu’extériorisent certaines manœuvres (signes de Chvostek et de Trousseau, épreuve d’hyperpnée de trois minutes), est la spasmophilie. La tétanie peut se voir à tout âge. Chez le jeune enfant, elle provoque souvent des convulsions. À l’âge adulte, elle prédomine chez la femme et ses manifestations apparaissent souvent en période prémenstruelle.
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Spasmophile et tétanie comportent une forme idiopathique, dans laquelle, au moins chez l’adulte, le taux du calcium sanguin est souvent normal. Plus rarement, la cause peut être trouvée dans une insuffisance parathyroïdienne manifeste (tétanie succédant à une parathyroïdectomie).
On admet enfin l’existence d’une tétanie neurogène (J. Decourt, H. P. Klotz) résultant de lésions ou de dysfonctionnement s du système nerveux central. Dans tous les cas, l’affection a pour substratum biologique un déséquilibre humoral complexe et d’ailleurs variable, dans lequel l’abaissement de la calcémie, l’augmentation du phosphore et les variations du pH sanguin représentent les éléments les plus importants.
La tétanie est responsable de manifestations psychiques disparates et assez banales :
- Chez l’enfant, ce sont surtout des troubles de l’émotivité et du caractère, avec tendances à l’anxiété, beaucoup plus rarement des retards intellectuels (ou même des détériorations si le début est tardif, irréversibles).
- Chez l’adulte, on peut observer assez exceptionnellement des psychoses confusionnelles hallucinatoires, accompagnées de déviations thymiques dans la note maniaque ou dépressive.
- Plus souvent, ce sont des manifestations anxieuses, surtout nocturnes, accompagnées de sensations constructives et de paresthésies des extrémités, fréquemment surchargées d’un appoint névropathique.
L’E.E.G. est presque toujours modifié, mais ses altérations sont peu spécifiques et d’ailleurs discutées.
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Quelle que soit la nature des troubles psychiques, ils apparaissent rarement comme des symptômes indiscutables d’une tétanie. Le plus souvent on observe d’une part des manifestations neuropathiques, généralement teintées d’angoisse hypocondriaque, d’autre part des signes de spasmophilie qui demandent d’ailleurs à être recherchés et qui ne s’accompagnent pas d’une hypocalcémie notable.
En pareil cas il est plus souvent difficile d’élucider la nature et même le sens des relations entre les deux séries de manifestations. Dans certains cas au moins, le trouble humoral n’engendre pas les symptômes psychiques. Mais ils en sont au contraire responsables. En fait, l’anxiété entraîne une polypnée qui provoque elle-même, par déperdition de CO2, une alcalose et des manifestations cliniques de tétanie. C’est ce qui se produit dans certaines névroses respiratoires et dans le « syndrome d’hyperventilation ».
J. M. Sutter.