Syndrome d’action extérieure en psychiatrie
H. Claude a décrit en 1924 et précisé dans son enseignement magistral en qu’il appelle le syndrome d’action extérieure. Il s’agit de « toute cette symptomatologie profondément intégrée dans la personnalité ». Elle s’observe dans le groupe des psychopathies délirantes. On peut la ranger sous l’étiquette d’automatisme mental. En fait, la constituent des troubles sensitifs, sensoriels, ou psychomoteurs. Pourtant, les malades ont le sentiment qu’on agit sur eux de différentes manières, avec « une imprécision qui se caractérise par le pronom on ». Dans de tels états psychopathiques, il semble que « toutes les manifestations soient mises en œuvre pour la germination d’idées dont l’origine peut être lointaine, enfermées même dans le subconscient ou qui peuvent être le produit d’une rumination mentale ».
Couvrant en somme l’organisation des éléments symptomatiques que Guiraud décrit de son côté comme des phénomènes xénopathiques, le syndrome d’action extérieure d’H. Claude représenterait un mode fondamental de la pensée morbide, irréductible en principe aux données hallucinatoires ou au déficit des fonctions logiques : il exprimerait tout ce que, parmi les phénomènes parasites dont le sujet est conscient mais qu’il ne peut reconnaître comme lui étant propres, il attribue à une intervention étrangère.
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H. Claude distingue d’ailleurs explicitement ce syndrome d’une part des hallucinations vraies qui, pour lui, seraient rares, avec leurs caractères d’extériorisation spatiale et de manifestation sensorielle (liés le plus souvent à des lésions organiques cérébrales). D’autre part, de l’automatisme mental tel que le conçoit Cleram-Bault. Cet automatisme répond à « une tout autre interprétation des faits », étant primitivement donné comme anidéique, neutre. Sans lien avec la personnalité antérieure du sujet. Présentant les apparences d’un accident fortuit. (Intervention dans la discussion des rapports sur l’automatisme mental au Congrès des Médecins aliénistes et neurologiques, Blois, 1927).
Le syndrome d’action extérieure se rencontre principalement comme élément d’organisation dans les idées et les délires d’influence plus ou moins systématisés et progressifs. Il suit la distribution nosologique de ces idées délirantes. Il peut contracter des relations à titre accessoire, aussi avec certains délires oniriques et oniroïdes comme y fait allusion H. EY.
Ch. Bardenat.