Québec psychologique

Surmenage, épuisement, passivité

Surmenage, épuisement, passivité

Surmenage, épuisement, passivité

Surmenage

Il peut être purement physique : fatigue musculaire excessive à laquelle peut s’ajouter l’insuffisance de sommeil réparateur, parfois la sous-alimentation et des conditions climatiques défavorables. L’aboutissant extrême de ce surmenage physique est l’état d’épuisement avec ses troubles de la nutrition et des métabolismes, ses manifestations dépressives et parfois un véritables état de confusion mentale, expliquant ce qu’on appelait autrefois les «délires d’épuisement » (Chaslin).

Mais, le plus souvent, c’est par les états d’inquiétude morale et la charge anxieuse qui accompagnent la fatigue physique que le surmenage devient dangereux et peut créer des états psychopathiques aigus ou subaigus; toute la gamme des réactions anxieuses et confusionnelles peut alors s’observer, oscillant entre le pôle de la dépression stuporeuse et celui de l’agitation délirante.

Chez les hommes d’affaires, les intellectuels, c’est la nécessité de dépasser leur propre effort, la tension inquiétante devant le risque des entreprises ou des embarras financiers qui créent le surmenage. Bien souvent aussi s’y ajoutent d’autres facteurs nocifs (habitudes toxiques, alcool, tabac, obligations mondaines, excès sexuels, etc.).

Il appliquait à la lettre la loi du Coran : crois ou meurs. (p.321, Albert Jobi, Petite histoire de Québec, 1948, éditions St-Jean de Bosco.). Photo du parc Queens (parc de la Reine) à Toronto. Photo – ElenaB.

On a souvent incriminé le surmenage scolaire dans certains états névrosiques de l’enfance et l’apparition de bouffées délirantes juvéniles, parfois prodromiques d’une schizophrénie. Compte tenu de certaines prédispositions constitutionnelles, il est certain qu’une mauvaise répartition des heures de travail ou l’excessive ardeur de certains candidats à l’approche d’examens ou de concours peut aboutir à des faillites temporaires de l’activité intellectuelle ou à des épisodes dépressifs ou agités.

Il faut n’accueillir qu’avec réserve l’allégation de surmenage faite quelquefois par certains sujets ou certaines familles en présence d’un échec de carrière ou d’une demande de réforme. Il y a beaucoup d’insuffisants, d’incapables ou de médiocres, inférieurs à la tâche imposée ou entreprise qui se réfugient derrière ce prétexte facile.

Ant. Porot

Épuisement

Épuisement et surmenage nous torturent… Photographie par Grandquebec.com.

Délires, psychoses d’épuisement

Terme sous lequel Chaslin décrivit la confusion mentale primitive, dégagée par Delasiauve, du groupe des anciennes « stupidités » et détachée des stupeurs mélancoliques. Dans sa terminologie, Chaslin réservait le nom de confusion mentale au syndrome et donnait celui de délire d’épuisement aux cas précis, assez nombreux du reste, dans lesquels la maladie survenait à la suite de privations, de préoccupations intenses, de surmenage, d’inanition ou de maladies infectieuses profondément asthéniantes.

A.P.

Passivité

Disposition mentale telle que le sujet sans initiative, sans ressort, subit toutes les influences ou toutes les suggestions extérieures.

La passivité suppose, presque toujours, un degré plus ou moins important d’indifférence affective, une faiblesse native ou acquise du caractère, une diminution plus ou moins considérable de la spontanéité et du sens des initiatives, de l’autocritique et du jugement. Toutefois, dans certains cas, ces derniers peuvent être conservés, laissant à quelques sujets la conscience, parfois pénible, de leur infériorité.

On rencontre la passivité chez des débiles suggestibles, des psychasthéniques abouliques, certains schizophrènes avec ralentissement de l’activité spontanée et pragmatique. Elle accompagne souvent les affaiblissements démentiels ou séniles et les dégradations toxiques.

On peut la voir aussi temporairement à l’occasion de certaines dépressions périodiques, dans des états de stupeur mélancolique ou à l’occasion de quelques confusions mentales.

Dans la démence précoce, cette passivité peut être à la fois psychique et motrice. L’inertie et la passivité du sujet se doublent de la persévération des attitudes imprimées ou commandées pouvant aller jusqu’à l’expression du syndrome catatonique.

La passivité des débiles et des affaiblis mentaux peut créer des situations médico-légales délicates. Les débiles mentaux sont utilisés par certains chefs de bandes pour perpétrer des actes délictueux. La passivité des affaiblis démentiels peut les entraîner à accomplir des actes, à donner des signatures préjudiciables à leur intérêt.

Il faut savoir en tenir compte pour l’estimation de leur responsabilité pénale ou de leur capacité civile.

Il peut y avoir aussi certaines passivités conscientes, volontaires ou consenties, véritables attitudes de repli et de défense pour conjurer de plus grandes souffrances.

Ant. Porot.

Une belle plage

Le seul endroit ou la passivité, c’est bien, c’est sur une belle plage. Photographie par GrandQuebec.com.

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