Pervers, Perversité en psychiatrie
Pervers. La perversité se caractérise par l’intervention d’une malignité plus ou moins affirmée dans la conception ou l’exécution d’un acte, sinon dans la conduite occasionnelle ou habituelle d’un individu.
Le terme de perversité s’emploie, en somme, pour porter une appréciation qui se réfère à un système de valeurs morales. C’est de ce point de vue que certaines dispositions mentales (innées ou acquises) se traduisant par une attitude générale antisociale ont été rassemblées dans une « constitution perverse » par Dupré.
La notion de perversion (v. ce mot), se distingue de celle de perversité en ce qu’elle envisage les anomalies et les maladies des tendances instinctives, non plus dans leur aspect métaphorique ou social, mais sous l’angle biologique de la prédisposition.
Nous ne disposons malheureusement que d’un seul mot, celui des pervers, pour désigner indistinctement les sujets marqués du sceau de la perversité et ceux qui sont atteints de perversions des instincts élémentaires.
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L’usage confond d’ailleurs abusivement ces deux catégories d’anormaux entre lesquels existent sans doute d’obscures et fréquentes associations. Le langage courant met cependant plus étroitement l’accent sur la notion de perversité dans l’acception du vocable pervers.
La perversité comporte essentiellement un choix immoral dans les règles normatives du comportement comme le soulignent justement H. Ey et Lyet, qui ajoutent que « le pervers ne s’abandonne pas seulement au mal, mais qu’il le désire », en fonction d’une immaturité de sa personnalité « restée rivée à un stade de développement, dont la structure affective est devenue la loi de son existence ».
Mais, tandis que la perversion est une orientation permanente et pathologique de l’être, la perversité peut n’être qu’épisodique, limiter même son application à un objet, à une entreprise déterminée et être le fait d’individus normaux. Elle se rencontre banalement dans certains actes de cruauté physique ou morale accomplis sons l’empire d’une passion exaspérée, individuelle ou collective (jalousie, haine, exaltation politique ou mystique, etc.). On la trouve à la base de nombreux faits de vandalisme (déprédations gratuites, lynchage, etc.)
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Cette perversité est plus ou moins consciente de l’être. Encore qu’elle ne s’avoue pas telle en se déguisant sous les couleurs de la révolte, de la subversion. Du scandale, en animant des professions de foi littéraires ou « artistiques », etc.
En pathologie on ne saurait parler de perversité instinctive ni d’instincts pervers (H. Ey). Mais seulement de cas où on peut qualifier la perversité de constitutionnelle. En fait, en ce sens qu’elle affecte la manière d’être fondamentale, le caractère du sujet. Ce n’est en fait qu’une modalité de déséquilibre avec des possibilités étiologiques variées. (Hérédité, encéphalites, facteurs sociologiques, etc.)
La perversité peut d’ailleurs se manifester ou resurgir transitoirement à propos d’affections diverses. Au cours de certains moments évolutifs de la débilité, de la paranoïa, de la manie, etc. Elle est surtout commune chez les mythomanes et les toxicomanes.
Du point de vue médico-légal, développé ailleurs dans sa généralité, le problème a été posé par H. Ey et Lyet comme étant celui de la liberté. Il convient d’apprécier dans quelle mesure un acte pervers est le résultat dans l’intention de mal faire, d’une libération volontaire des tendances mauvaises de la nature, ou l’effet malfaisant d’une détérioration pathologique de la personnalité morale. Problème souvent difficile à résoudre et dont la réponse est dans l’analyse serrée du contexte clinique ou psychologique.