Pensée mathématique en psychiatrie
La pensée mathématique a été très finement étudiée au point de vue psychopathologique. Tout comme au point de vue psychopédagogique par J. – G. Lemaire (thèse, Paris, 1957).
Sur le plan psychopathologique, la pensée mathématique présente une double caractéristique :
a) Elle s’associe fréquemment à des symptômes obsessionnels. Elle peut aller jusqu’à la névrose quand le sujet présente par ailleurs déjà une tendance à la structure obsessionnelle.
b) Elle représente un moyen de défense pour la personnalité. Aussi contribue à son adaptation sociale en « réduisant les tensions conflictuelles anxiogènes et en permettant le maniement médiant du concret à distance par l’intermédiaire des symboles formels impersonnels, désaffectés et socialement utilisables. »
*
Sur le plan psychopédagogique, la pensée mathématique revêt « la signification inconsciente d’une certitude absolue. D’une toute-puissance magique, assurant la sécurité de celui que l’emploie ». L’auteur se livre aussi à des considérations sur l’initiation mathématique qui engage la personnalité du professeur. Il considère qu’elle doit se faire comme une « initiation à un art. Non comme l’apprentissage de techniques impersonnelles » qui sont celles des robots que nous apporte la cybernétique.
J.-G. Lemaire se livre ensuite à un parallèle entre le mathématicien et l’artiste. « Le mathématicien ne peut pas mettre en doute la valeur de sa pensée d’homme qui, dans un langage collectif impersonnel, lie son intelligence à celle de ses semblables ». Au contraire, l’artiste « s’exprime dans une langue qui lui est personnelle. Se sent solitaire, se veut unique. Il risque davantage de s’aliéner ».
A.P. (extrait du Manuel de psychiatrie, Antoine Porot et col. Paris, 1956).
Voir aussi :
