Québec psychologique

Tension, hypertension artérielle et crânienne

Tension, hypertension artérielle et crânienne

Tension artérielle, hypertension artérielle et hypertension crânienne et psychiatrie

Tension artérielle

Ses variations peuvent s’accompagner de désordres mentaux. Des crises hypotensives avec tendance au collapsus déclenchent parfois de l’obnubilation, voire de petites bouffées confusionnelles.

Des paroxysmes d’hypertension peuvent aboutir au même résultat ou s’accompagner d’un état d’hypersthénie et d’excitation. Il faut savoir que la tension artérielle est soumise à l’action des centres neurovégétatifs échelonnés dans le tronc cérébral; la régulation tensionnelle et l’activité psychique mettent en jeu dans de nombreux cas les mêmes appareils fonctionnels, les mêmes territoires nerveux. Aussi peut-on voir un certain parallélisme entre des variations du régime tensionnel – miroir de l’état de la circulation cérébrale – et des modifications de l’humeur. Il se produit souvent des interférences fonctionnelles dans les deux domaines dont les lois ne sont pas encore rigoureusement précisées. Des états symptathicotoniques s’accompagnent généralement, d’exaltation passagère de la tension, les états vagotoniques au contraire, d’une baisse tensionnelle.

Ce sont surtout les perturbations fonctionnelles et les altérations lésionnelles du tronc cérébral, du diencéphale en particulier (tumeurs de la région du 3e ventricule, lésions postencéphalitiques), qui s’accompagneront de désordres tensionnels. L’électro-choc dont le mécanisme d’action met en cause le diencéphale, réalise souvent ces variations suivant les phases de la dissolution produite et, dans certains cas, d’hypertension associée à des troubles mentaux, a pu amener la double détente neurovégétative et mentale. L’hypertension artérielle, sauf dans quelques cas graves (décompensation), n’est plus considérée aujourd’hui comme une contre-indication absolue à cette thérapeutique.

L’hypotension artérielle habituelle accompagne toujours les grands états d’asthénie physique ou psychique (neurasthéniques, psychasthéniques). L’hypertension artérielle habituelle peut, dans certains cas, donner un syndrome neuropsychique qui rappelle celui de l’hypertension crânienne (céphalées, obtusion, somnolence).

La mesure de la tension rétinienne et l’examen du fond d’œil sont de rigueur en pareil cas.

Hypertension artérielle

Un certain nombre d’auteurs ont noté la fréquence relative de manifestations psychiques conjointement avec des poussées d’hypertension artérielle et leur parallélisme évolutif. Toutefois, on ne saurait en déduire une relation obligée de cause à effet; il paraît plus exact de penser qu’une même cause tient sous sa dépendance les troubles de la régulation tensionnelle et les manifestations fonctionnelles qui l’escortent (céphalées, vertiges); les troubles psychiques, en pareil cas, rentreraient dans ce dernier groupe. C’est au niveau du diencéphale que se trouvent les centres principaux qui commandent à la régulation tensionnelle et aussi à la régulation de l’humeur et de l’affectivité; certains ont voulu voir une corrélation entre l’hypertension circulatoire cérébrale et la mélancolie, entre l’hypertension et la manie aiguë (P. Abely), – schéma que d’autres ont jugé trop simpliste et démenti souvent par les faits.

La tension artérielle, comme la vie psychique est, en effet, aussi sous la dépendance d’autres influences : cortex cérébral, système neurovégétatif périphérique, etc. On voit, du reste, les médications qui ne s’adressent qu’à l’élément tensionnel, échouer souvent vis-à-vis des troubles mentaux, et même parfois s’y montrer dangereuses tandis que des interventions, s’adressant aux facteurs communs des deux ordres de troubles (splanchnectomie, électrochocs), ont pu, dans certains cas, apporter un résultat favorable dans le double secteur; on a même vu des troubles mentaux disparaître rapidement et définitivement sous l’influence de l’électrochoc, alors que le régime tensionnel très temporairement modifié, reprenait son élévation habituelle, montrant que s’il y a connexion fréquente de ces deux ordres de troubles, ils peuvent cependant avoir un cycle évolutif indépendant.

Hypertension… Photo : ElenaB.

En conséquence, certains auteurs pensent que l’hypertension artérielle, loin d’être une contre-indication à l’électrochoc, comme on l’a cru autrefois, peut, au contraire, bénéficier elle-même de cette thérapeutique (Lapipe et Rondepierre, J. Sutter et Maurice Porot).

Toutefois, une certaine prudence est nécessaire quand le système artériel périphérique est atteint pour son compte (syphilis, artériolite, scléreuse).

Hypertension crânienne

La symptomatologie psychique de l’hypertension crânienne est essentiellement constituée par une obtusion psychique plus ou moins importante, de la torpeur pouvant aller jusqu’à la confusion mentale avec sa désorientation, mais un onirisme pauvre quand il existe. Le profil évolutif de cette obtusion varie avec la nature et la cause de l’hypertension. Certaines hypertensions passives d’origine veineuse (dilatation du cœur droit, compression médiastinale) sont relativement bien tolérées, malgré des chiffres manométriques souvent élevés. La somnolence des vieux cardiaques décompensés avec leurs moments de confusion en est le type. Par contre, les hypertensions de certaines encéphalites ou méningo-encéphalites aigus ou subaiguës, sont faites de signes plus tumultueux, de délire avec agitation ou hallucinations. Mentionnons la forme spéciale d’encéphalite pseudo-tumorale dont le tableau mental est moins violent.

Mais, c’est surtout dans les tumeurs cérébrales que l’hypertension a le plus d’importance clinique. L’obtusion s’accompagne ici des autres symptômes de l’hypertension : céphalées, parfois vertiges, pouls lent, éclipses visuelles, vomissements à type cérébral. Il faut surtout s’appliquer à rechercher les signes d’une lésion en foyer : monoplégie, hémiplégie, aphasie, agnosie, troubles de la coordination, hémianopsie, paralysie oculo-motrice, etc. Mais c’est dans l’examen du fond d’œil qu’on trouvera la signature de l’hypertension crânienne : stase papillaire.

Tout état d’obtusion cérébrale avec ou sans convulsions, qui s’accompagne de stase papillaire, signifie hypertension crânienne et commande des investigations cliniques complémentaires pour déceler les signes d’une lésion en foyer. En pareil cas, la ponction lombaire est inutile et même dangereuse. La ventriculographie lui est bien préférable. Suivant le siège de la tumeur, pourront s’ajouter à l’obtusion confusionnelle d’autres manifestations psychiques dont Baruk, un des premiers, a donné la synthèse (v. Tumeurs cérébrales, Frontal, Temporal, Occipital, Calleux).

Ant. Porot.

Hypertension

La vie est une perpétuelle distraction qui ne vous laisse même pas prendre conscience de ce dont elle distrait (Franz Kafka). Photo : Megan Jorgensen.

Épiphyse

Du point de vue physiologique, l’épiphyse semble avoir une action antagoniste vis-à-vis des gonades et de la corticosurrénale, mais le mécanisme de cette action reste discuté.

Les affections de cette glande n’ont guère de retentissement psychique, sinon celui d’une hypertension intracrânienne dans les pinéalomes et le syndrome de Pelizzi (macrogénitosomie précoce) ne s’accompagne pas de troubles mentaux.

L’utilisation des propriétés sédatives des extraits épiphysaires sur l’excitation génitale au cours de certaines psychoses, en particulier chez des schizophrènes, aurait permis d’observer des améliorations de l’état psychiatrique de ces malades (Altschule, Parhon et Tomorug). L’intérêt de ces publications est limité par l’absence de bases endocrinologiques précises pour le moment.

M. L. M.

Maladie d’Addison

La maladie d’Addison se caractérise, on le sait, par un état d’asthénie neuromusculaire particulier auquel s’ajoutent une hypotension artérielle sérieuse et des troubles de la pigmentation. L’insuffisance surrénale qui en est le désordre physiologique fondamental ajoute souvent à ces signes objectifs un état de dépression psychique plus ou moins accentué : fatigabilité intellectuelle, affaiblissement du pouvoir d’attention et troubles de l’affectivité dans le sens mélancolique.

Mais il a été décrit aussi de véritables psychoses addisonniennes avec état confusionnel et onirisme, plus ou moins animé (KLIPPEL, BELTRAMI, LAIGNEL-LAVASTINE, I.ERI, SERGENT, NAUDASCHER, TARGOWLA, A. POROT et GHIRLANDA).

Ces psychoses, souvent subaiguës, peuvent parfois prendre une allure particulièrement violente sous forme d’un délire agité terminal ; elles constituent alors la larme, psychopathique de l’encéphalopathie aiguë, surrénalienne, connue depuis SERGENT et qui se place à côté des formes méningitiques, convulsives, abdominales.

Les psychoses subaiguës et même quelques formes aiguës peuvent avoir une allure oscillante en rapport étroit avec les améliorations thérapeutiques que l’on peut obtenir.

Tous ces états, en effet, réagissent très bien, au moins pour un temps, au traitement particulier de cette déficience surrénale (rechloruration, cortines de synthèse et aujourd’hui cortisone). STOI.L a récemment insisté sur la nécessité de prendre en considération l’élément psychique de la maladie d’Addison et de la traiter pour son propre compte conjointement avec le traitement somatique.

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