Québec psychologique

Le suicide autrefois

Le suicide autrefois

La sentence pour suicide

En Nouvelle-France, l’ancienne loi française punissait très sévèrement le suicide. On faisait un procès au défunt, on traînait son cadavre sur la claie, parfois on le pendait puis on le jetait à la voirie. De plus, ses biens étaient confisqués au profit du roi.

Les membres du Conseil Souverain, rendons-leur cette justice, avaient horreur des peines infâmantes et lorsqu’ils pouvaient trouver des raisons pour s’exempter de les appliquer, ils les saisissaient avec empressement.

En 1687, le nommé Pierre Lefebvre, habitant de Beauport, fut trouvé mort dans sa grange. Il s’était suicidé.

Le sénéchal de Beauport rendit la sentence suivante: « … Que le corps dudit Lefebvre sera traîné sur une claie d’un bout à l’autre du bourg de Fargy et ensuite pendu par les pieds à une potence qui sera dressée devant sa grange pour y rester quatre heures et ensuite traîné à la voirie. »

La sentence portait en outre la confiscation des biens de Lefebvre au profit du Seigneur. Le Conseil Souverain cassa la sentence du sénéchal de Beauport, et remit la veuve de Lefebvre en possession de ses biens.

En 1735, le cadavre du suicidé Jean Dupuy, de Québec, fut condamné à être attaché à l’arrière d’une charrette et traîné sur une claie la tête en bas et la face contre la terre par les rues de la ville jusqu’à la Place Royale, et, de là, être ramené devant la prison, pour être pendu par les pieds et demeurer ainsi pendant vingt-quatre heures et être ensuite jeté à l’eau faute de voirie.

Le Conseil Supérieur, le 24 mai 1735, modifia cette sentence : le cadavre de Jean Dupuy fut simplement privé de sépulture chrétienne.

Les charretiers de Québec refusaient de prêter leurs chevaux pour l’accomplissement de ces peines infâmantes. Le 18 avril 1708, un jugement de l’intendant de la Nouvelle-France ordonnait que les charretiers de Québec tireraient au sort pour savoir qui fournirait un cheval attelé pour traîner le cadavre du nommé Guerin, suicidé, à la voirie.

Possession

Forme de délire au cours duquel le malade se croit habité par un être surnaturel (démon surtout : démonopathie), qui parle par sa bouche, mobilise sa langue malgré lui, dirige ses mouvements. Cet état est conditionné par un sentiment de dédoublement de la personnalité et se rencontre à l’état typique dans les délires psychomoteurs de Seglas, caractérisés par la richesse des hallucinations psychomotrices et visuelles, par l’abondance des troubles cénesthésiques; par contre, les hallucinations auditives, prédominantes dans les psychoses hallucinatoire chroniques banales sont ici très rares.

Dans la mélancolie, on trouve des syndromes de pseudo-possession, simples délires explicatifs où le thème de possession est élaboré pour rendre compte du sentiment d’indignité et des idées sacrilèges qui leur viennent à l’esprit.

Il en est de même des délires de possession corporelle par des animaux (ou zoopathie), dont les plus célèbres sont les lycanthropies où le sujet se croit transformé en loup-garou (thème anachronique qui ne se retrouve que dans les populations très arriérées).

Les idées de possession sont fréquentes chez l’indigène nord-africain, superstitieux, qui se croit aux prises avec des génies malfaisants qu’il appelle des djenouns. Mais chez eux, la zoopathie n’est quelquefois qu’une métaphore destinée à traduire divers malaises organiques : météorisme abdominal, borborygmes, etc., et ne doit pas être prise pour un délire.

Enfin, rappelons que J. Lhermitte (Ac. De Méd., 15 mars 1955 a publié trois cas de démonopathie chez des sujets ayant eu dans leur passé une encéphalite épidémique léthargique. Deux de ces sujets n’étaient pas des croyants; ainsi se trouve légitimée l’origine organique et non purement psychogène de certains délires démonopathiques.

H. Aubin.

Le suicide, c’est pas une solution. Crédit photo – GrandQuebec.com.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *