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Grippe

Grippe

La grippe

De nombreuses observations de troubles mentaux ont été signalées à l’occasion des grandes épidémies de grippe, celle de 1918 en particulier (Claude, Gilles, Lemière, Porot et Hesnard). Lors de la première épidémie de grippe « asiatique » de 1957, plusieurs auteurs ont signalé également des complications neuro-psychiatriques (Gastaud et coll. Coulonjou, Kammerer et coll. Furtado, Thiodet et coll. : 21 cas avec manifestations sur 400 malades hospitalisés).

Le virus de la grippe a une action neurotrope élective bien connue. Dans les formes graves, c’est la stupeur confusionnelle précoce et l’asthénie extrême de la convalescence. Mais de véritables psychoses peuvent s’installer à la période d’état ou à la défervescence : accès confuso-maniaques, onirisme actif, hallucinations autoscopiques, catatonie aiguë et aussi quelques délires pseudo-systématisés de la convalescence durant quelques semaines.

Le pronostic en est généralement favorable.La grippe, on le sait, peut provoquer de véritables encéphalites, pas très fréquentes à la vérité. Ces manifestations neurologiques ont fait l’objet d’études électroencéphalographiques de la part de Radermeker. Lors de la dernière épidémie, en 1957, Gastaud et Mme Vigouroux (R.N., 1957, déc., n. 6, page 495) ont étudié électroencéphalographiquement ces manifestations. Le pronostic en est généralement favorable; lorsqu’il y a des manifestations épileptiques associées, elles sont généralement du type centrencéphalitique.

Ant. Porot

Note de GrandQuebec.com :  On doit le mot la grippe à Louis XV. Une revue française, La Médecine moderne, rapporte : « D’après un journal météorologique du XVIIIe siècle, la température du premier trimestre de l’année 1743 ayant été très incertaine, il se déclare à Paris et Versailles pendant les mois de février et mars, beaucoup de rhumes et fluxions de poitrine. » Le roi, dit la revue, nomme cette maladie la grippe.

Notons également que la première pandémie de grippe (du grec pan, tout, et démos, peuple, une pandémie est une épidéme qui s’étend sur une zone géographique très large et touche toutes les populations) est répertoriée en 1580. Elle part de Chine (probablement du fait de la promiscuité de l’homme et du porc dans les campagnes, le porc ayant un code génétique très proche de celui de l’homme, ce qui a permis au virus de muter facilement), s’étend à l’Europe et à l’Afrique. Elle aurait provoqué plusieurs millions de morts.

La pandémie la plus meurtrière sera celle de la “grippe espagnole” qui frappa les populations de 1918 à 1919. Il s’agissait d’un virus de la grippe de type A et de sous-type A-H1N1. Rien qu’en Europe, cette grippe fit entre 40 et 50 millions de morts (soit le double du nombre de victimes de la Première guerre mondiale). Seront aussi largement touchés: L’Inde, l’Indonésie, les États-Unis, les îles Samoa occidentales.

On estime que, dans le monde, la grippe espagnole de 1919 aurait causé 100 millions de morts, ce qui la place au rang des plus grandes catastrophes sanitaires après la peste noire de 1347. La dénomination grippe espagnole est liée au fait que l’Espagne étant politiquement neutre et non engagée dans la guerre de 1914, elle avait une presse qui n’était pas surveillée par la censure militaire. Du coup. Seuls les Espagnols étaient informés des ravages de cette maladie. Alors qu’en France, en Angleterre, en Allemagne, pour ne pas atteindre le moral des troupes, les gouvernements préféraient cacher l’existence même de cette épidémie.

lumière jaune

Un jour je me réveillerai amoureuse, prise de vertiges, de fièvre, de nausées…- C’est pas l’amour, c’est la grippe ! Love (et ses petits désastres). Image : © GrandQuebec.com.

Description de la grippe par Bernard Werber

Le mot grippe vient du vieux français agripper. En anglais, le mot se prononce influenza, mot d’origine italienne qui signifie influence, sous-entendant « influence du froid ».

Durant l’Antiquité, le médecin grec Hippocrate en décrivit déjà les symptômes il y a deux mille quatre cents ans, et l’historien latin Tite Live prétend avoir assisté à des épidémies dévastatrices.

Ses symptômes sont la fièvre, la toux, les éternuements, les saignements des oreilles, les pharyngites,, entraînant pour les cas les plus aigus des surinfections des poumons.

Les épidémies saisonnières avec les virus de grippe classique font en moyenne dans le monde 500 000 morts par an (en général, les personnes âgées, diabétiques ou souffrant d’autres maladies qui les affaiblissent).

Mais lorsque’un virus mutant apparaît, une épidémie de grippe peut s’avérer beaucoup plus meurtrière et toucher toutes populations, même jeunes en bonne santé.

La grippe est la lutte entre le virus et le temps

Le premier virus de la grippe est isolé en 1931, ce qui permet l’élaboration en 1944 d’un vaccin efficace par le Dr. Thomas Francis avec le soutien de l’armée américaine. Ce chercheur repère trois types de grippes: A, B, C, qui elles-mêmes se définissent en seize sous-types Hémagglutinin (H) et neuf sous-types de Neuraminidase (N) qui aboutissent à cent quarante-quatre combinaisons possibles. Cette découverte a permis de restreindre l’impact des pandémies suivantes de grippes.

En 1957, la grippe asiatique (grippe A souche H2N2) ne fit “que” deux millions de morts.

En 1968, la grippe de Hong Kong (grippe A souche H3N2) ne fit qu’un million de morts.

Edmond Wells, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, Tome VII. Bernard Werber, Troisième Humanité. Éditions Albin Michel et Bernard Werber, Paris, 2012.

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