Québec psychologique

Extase

Extase

Extase en psychologie

On désigne sous le nom d’extase un état paroxystique particulier dans lequel le sujet, rompant absolument impénétrable pour autrui et présente une attitude exprimant la béatitude, figée et inaccessible.

1. Extase mystique vraie. – L’extase est un état de contemplation passive, infuse, qui appartient à la « vie unitive » et succède généralement aux phases de purification passive. Elle est caractérisée essentiellement par un « ravissement », une absorption complète dans la vision intellectuelle de Dieu, aveuglante en raison de l’impossibilité de participer aux réalités perçues accompagnée d’une félicité intense et enivrante et simultanément de souffrances (répulsion pour soi-même, crainte de Dieu, scènes de la Passion de Jésus, etc.).

L’extase comporte des composantes somatiques : la motilité et la parole sont complètement suspendues, les afférences sensorielles ne sont plus perçues que confusément ou même complètement abolies, la respiration et le cœur sont imperceptibles ; le sujet à la sensation que son corps se refroidit, les extrémités sont refroidies. Accessoirement, peuvent se produire des phénomènes de lévitation, de stigmatisation, d’auréole lumineuse, d’émanation de parfums.

Comme critères de l’extase mystique vraie, on peut indiquer les caractères suivants (Poulain) :

  • Elle ne dépend pas de la volonté ;
  • La connaissance de Dieu y est obscure et confuse ;
  • Ce mode de communication est à « demi » incompréhensible ;
  • L’union avec Dieu n’est produite ni par des images, ni par des raisonnements ;
  • Elle varie sans cesse d’intensité : fluctuations continuelles entre phases ascendantes (désir) et phases descendantes (souffrance) ;
  • Elle porte par elle-même aux différentes vertus ;

Pendant l’extase, l’état du sujet est sthénique, ne manifeste aucune suggestibilité, aucune hébétude. Le niveau moral est très élevé. Il n’y a aucune atteinte de l’état physique, à l’exception parfois d’une légère fatigue. L’extase a des répercussions pragmatiques cohérentes : elle permet d’accéder à des connaissances synthétiques et suscite la réalisation de grandes entreprises dans la constance et la sérénité, avec bon sens et esprit d’organisation.

Tels sont les caractères et les critères donnés par les théologiens. Ils demandent à être examinés avec beaucoup d’esprit critique et appellent des recherches médicales objectives en ce qui concerne les répercussions somatiques possibles d’expériences intérieures authentiques.

II. Extases pathologiques. – La psychopathologie connaît des états qui comportent des aspects caractéristiques de l’extase : immobilité absolue, expression de joie sublime, inaccessibilité sensorielle, allégation d’une expérience intérieure surnaturelle.

Ces états peuvent se rencontrer :

  • Chez de faux mystiques usant tout simplement de supercherie par vanité.
  • Chez des mystiques pathologiques et particulièrement : hystériques, mythomanes débiles, délirants chroniques, hallucinés. Ils présentent, en général, une intrication de préoccupations religieuses et érotiques. Les extases se mêlent à des accès d’exaltation, d’excitation lubrique et restent absolument stériles dans l’activité pragmatique. Il semble s’agir là de processus de compensation répondant à une insatisfaction instinctuelle ou affective.
  • Les schizophrènes, les maniaques, les confus, les épileptiques en état crépusculaire peuvent également présenter des attitudes extatiques plus ou moins durables. Mais il est rare qu’elles expriment un contenu mystique. Ce sont des phénomènes expressif purs, sans signification explorable, sans contexte cohérent.

Th. Kammerer.

Fierté Foule

Extase. « Quelques générations encore, et le rire, réservé aux initiés, sera aussi impraticable que l’extase. » (Emil Michel Cioran, philosophe et écrivain. Syllogismes de l’amertume). Image : © Megan Jorgensen et GrandQuebec.com.

Association des idées

Phénomène psychologique par lequel une idée occupant le champ de la conscience en automatiquement unissant plusieurs autres.

C’est par une extension abusive de l’idée d’association des idées que l’on applique parfois ce terme à des modes d’évocation ne présentant aucun caractère ; automatisme, ce qui conduit à une conception «associationniste» de toute l’activité mentale (Hume et les empiristes anglais).

Chez le schizophrène, elles amènent dans le discours des idées sans connexion apparente avec le motif principal de la phrase, donnant une impression de «pensée abrupte», de bizarrerie souvent impénétrable ; elles sont également sujettes à de brusques interruptions, réalisant alors le phénomène caractéristique du «blocage». Bleuler considérait cette atteinte de la fonction d’association des idées comme l’un des symptômes cardinaux de la schizophrénie.

Le plus souvent, le trouble de l’association des idées apparaît comme secondaire à d’autres altérations psychiques: il en est ainsi dans certains délires à forte charge affective où elles sont polarisées par l’état passionnel, aboutissant à des interprétations pathologiques systématiques: les faits les plus insignifiants ramènent alors, dans le champ de la conscience, le thème délirant essentiel et lui sont aussitôt incorporés. Dans les états maniaques, s’observe la fuite des idées: ici, la défaillance du contrôle psycho-affectif général laisse apparaître l’automatisme des associations, leur formation par contiguïté ou par ressemblance, caractères normaux des phénomènes associatifs, mais qui, habituellement, sont freinés ou disciplinés par les instances supérieures du psychisme.

Les associations d’idées sont largement utilisées pour l’exploration de l’inconscient, dont elles subissent manifestement l’influence.

J.-M. Sutter

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