Québec psychologique

Coma

Coma

Coma en psychiatrie

Syndrome général neuropsychique caractérisé par une dissolution brutale ou lente et progressive de la conscience et des fonctions de relation avec conservation relative des fonctions végétative qui, cependant, peuvent témoigner de certains désordres.

Suivant l’intensité et la profondeur du coma, on distingue le coma léger ou subcoma dont on peut encore sortir parfois, mais très passagèrement, le malade assoupi et obnubilé; le coma profond, le carus dans lequel la respiration est stertoreuse et bruyante (ronflement); on donne le nom de coma vigil à certains états de perte de conscience dans lesquels le malade, en état de résolution et d’hypotonie musculaire, garde encore les yeux ouverts et quelques mouvements automatico-réflexes des globes oculaires.

Suivant l’étiologie du coma, il peut s’ajouter une série de symptômes secondaires, de nature organique ou humorale, que nous ne pouvons rappeler ici, pas plus que nous n’avons à envisager le diagnostic étiologique des comas.

Qu’il nous suffise de rappeler ici les plus couramment observés : le coma des traumatismes crâniens, étudié au mot Commotion cérébrale, le coma de certains troubles humoraux (coma diabétique, coma azotémique) avec leurs signes d’approche, leurs stigmates propres et leur évolution particulière.

De même, le coma hépatique des grandes insuffisances du foie, qui peut se voir chez des alcooliques et qui l’on tend à intégrer de nos jours dans les encéphalopathies alcooliques carentielles (Voir Alcoolisme chronique), le coma des toxicoses et de certains délires aigus.

Une atteinte grave du diencéphale est souvent en cause dans ces cas.

Le coma qui suit la grande crise épileptique et ses formes atténués (absence et perte de consciences passagères).

Enfin, certains comas toxiques comme les formes comateuses de l’ivresse et le coma barbiturique avec leurs physionomies et leurs traitements propres.

Guy Tardieu a fait en 1942 une bonne mise au point des mécanismes pathogéniques du coma; il a souligné qu’il n’y avait pas de différence de nature avec le sommeil, tous deux étant également réversibles : par le rappel des recherches antérieures et par ses propres expériences avec des toxines introduites dans les ventricules, il a fixé au niveau de la région diencéphalique les centres fonctionnels dont la perturbation entraîne ces phénomènes.

Le degré de dissolution de la conscience dans le coma s’apprécie par ce qui peut rester de possibilités d’attention, de mémoire à l’aide de quelques tests élémentaires : réponses aux questions, opérations simples, etc. En dessous de cette conscience supérieure, les neurochirurgiens, à la suite de Cl. Vincent, admettent une conscience inférieure, végétative, qui s’apprécie par la façon dont le malade exécute les différents temps de la déglutition : le premier temps, des lèvres au pharynx, exige un mouvement encore volontaire des lèvres; le deuxième temps, du pharynx à l’œsophage, est un phénomène automatique réflexe, d’origine bulbaire.

La régression du coma se fait par un processus progressif inverse de celui de la dissolution; au cours de la dissolution, comme de la reconstruction, on peut voir apparaître des manifestations oniriques ou délirantes, de l’agitation automatique indiquant le passage par des paliers de structure différente sur lesquels le sujet pourra demeurer un temps variable et parfois prolongé.

Rappelons que les thérapeutiques modernes de choc utilisées en psychiatrie (insuline, électro-chocs), permettent d’étudier en quelque sorte, expérimentalement les phénomènes essentiels et accessoires du coma et en justifiant la conception diencéphalique.

Ant. Porot.

Hypotension crânienne

Il en existe une forme aiguë majeure précoce dans les traumatismes crâniens (Leriche, Puech), qui aboutit rapidement au collapsus ventriculaire et conduit à un coma profond, souvent mortel si on n’intervient pas.

Le « regonflage » des ventricules dissipe ce coma. Certains auteurs (P.-F. Girard, de Lyon) pensent qu’il en existe une forme mineure qui interviendrait fréquemment dans le syndrome subjectif des anciens commotionnés, elle expliquerait les céphalées spéciales, l’état vertigineux, l’asthénie, les éblouissements et trouve quelquefois, mais non toujours, son contrôle dans une baisse de la tension rétinienne. Elle est parfois améliorée par l’encéphalographie gazeuse. La pression du liquide céphalorachidien se relève à la suite d’injections intraveineuses de nicotamide concentrée ou d’acide nicotinique pur, ce traitement devant être répété par plusieurs séries de 10 injections. La réhydratation massive (sérum à hautes doses) doit y être associée.

Nous avons toute la vie pour nous amuser, nous avons toute la mort pour nous reposer (par Georges Moustaki). Photo de Megan Jorgensen.
Nous avons toute la vie pour nous amuser, nous avons toute la mort pour nous reposer (par Georges Moustaki). Photo de Megan Jorgensen.

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