Québec psychologique

Collectionnisme

Collectionnisme

Collectionnisme

Le collectionnisme qui se distingue de la collectionnomanie, consiste dans la recherche et la conservation d’objets sous l’influence d’un besoin plus ou moins électif mais pathologique. Cette conduite répond à des mécanismes divers selon les états où l’on observe.

Sous sa forme élémentaire et grossière d’accumulation n’impliquant aucun choix apparent, le collectionnisme se rencontre banalement dans l’affaiblissement intellectuel et les insuffisances mentales primitives : idiots ou déments d’asile se signalent à l’attention par l’habitude stéréotypée de bourrer leurs poches de matériaux hétéroclites dont la disparition quand elle a lieu, ne leur cause ni surprise ni affliction. Il est aventureux d’assigner à ce comportement une signification instinctuelle générale-possessive.

Cependant, même dans ces cas extrêmes, on peut penser (H. Faure, 1953) que l’attitude, le geste du malade à l’égard des objets qu’il collectionne nous ouvrent une voie d’approche vers l’univers délirant où il est retranché ; ils peuvent nous conduire à rencontrer sa croyance matérialisée par l’objet investi d’une valeur émotionnelle, rationalisante, magique, ou devenant témoin d’un retour aux modes primitifs de l’appréhension de soi et du monde (participation).

Plus transparente est déjà la tendance collectionnante du mégalomane, du maniaque, si fantaisiste qu’elle paraisse : elle répond simultanément à une intention directe d’appropriation rattachable à l’instinct de conservation, et au sentiment de valorisation de ses malades (de vulgaires cailloux devenant des diamants).

Dans l’avarice, il existe parfois un véritable collectionnisme à l’égard des symboles de richesse.

Chez le kleptomane vrai, le besoin de posséder, devenu obsédant, fait habituellement de ce malade un collectionniste.

Dans le fétichisme, souvent compliqué de kleptomanie, la collection est déterminée par la recherche d’objets dont le sujet attend la provocation et la sensation érotiques.

Quand le prodigue devient collectionniste, c’est du sentiment vaniteux qui procède son activité; les objets accumulés, rares, luxueux ou étonnants sont destinés à susciter l’admiration ou l’envie chez autrui.

Le choix des éléments de la collection dépend donc, dans une large mesure, de la « tendance » qui s’associe, pour l’exalter, à l’hypertrophie déviée de l’instinct de propriété. Il est parfois multivalent (polycollectionnisme du maniaque, du prodigue), mais plus volontiers restreint (fétichisme, kleptomanie) : c’est ainsi que l’on cite des fétichistes recherchant uniquement des mouchoirs fins dont ils n’utilisent chacun qu’une seule fois. Il s’agit de monocollectionnisme.

Le collectionnisme se traduit habituellement dans le domaine médico-légale par le vol et, plus spécialement, le vol à l’étalage. Les délits de violence sont exceptionnels.

La responsabilité pénale est essentiellement appréciée selon le degré de lucidité dont dispose l’auteur du délit.

C. Bardenat

Collection des étoiles de mer, des coquillages et d’autres objets pareils. Photo de GrandQuebec.com.

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