Québec psychologique

Chagrin d’amour

Chagrin d’amour

Chagrin d’amour en psychologie

De nombreux symptômes physiques se manifestent lors d’un chagrin d’amour au moment d’une séparation comme conséquence d’une tension émotive provoquée par l’annonce de cette séparation.

Que des gens vivant un chagrin d’amour aient des réactions psychologiques est tout à fait logique et normal.

Le traumatisme émotionnel vécu lors d’un chagrin d’amour génère des complications. En effet, comme toute tension psychologique ou émotive, le chagrin d’amour affaiblit le système immunitaire. Il peut même provoquer des états maladifs chroniques et agir sur le système cardiovasculaire. D’ailleurs, les maladies chroniques déjà existantes dans l’organisme peuvent s’aggraver ou se réveiller.  Plusieurs experts sont d’avis qu’un chagrin d’amour intense peut accélérer la dégénérescence et la mort (ce dernier effet concerne d’abord les gens de 60 ans et plus).

La qualité de la relation joue un rôle essentiel : plus la relation est satisfaisante, plus la rupture est douloureuse. Et au contraire, plus la relation est insatisfaisante, moindres sont les symptômes d’une crise et le deuil se fera plus rapidement.

Curieusement, chez les hommes cet effet sur la santé physique se manifeste dans une plus grande proportion que chez les femmes. Cela est dû au fait que généralement les hommes évitent de verbaliser leurs émotions. En les cachant, les hommes ont plutôt tendance d’agir et non de partager leur état émotionnel avec leurs amis et collègues.

Ainsi, les hommes compensent la rupture par un excès d’alcool (« noyer le chagrin »), de tabac, de stupéfiants ou d’un surplus de travail.

Il arrive souvent que le premier symptôme mental à la suite d’un chagrin d’amour soit l’absence de réactions émotives. La personne qu’on avait quittée réagit comme de rien n’était. Elle n’exprime ni anxiété ni tristesse. Cette personne ne paraît pas en souffrir. Cette personne vit on dirait dans un isolement émotionnel et ne parle pas de ce que lui arrive ; c’est comme si cette personne implosait.  Mais dans ces cas, les réactions émotives sont reportées à plus tard et se manifester finalement d’une façon beaucoup plus dramatique. Au lieu d’une tristesse passagère et temporaire, la personne peut souffrir d’avantage de son chagrin d’amour : la victime remet en question le sens de la vie, devient plus anxieuse, perd la confiance en soi, expérimente la peur de ne trouver personne d’autre à aimer et de qui être aimée.

Un effondrement brutal des mécanismes psychiques de l’individu peut s’ensuivre dans ces cas, menant la victime à une profonde dépression, parfois même à une psychose avec délire paranoïde, nécessitant une médicalisation ou même une hospitalisation.
Pour en réduire les risques, la prévision est le seul moyen qui peut aider à la personne qu’on quitte : une rupture imprévue et soudaine provoque plus de réactions intenses qu’une rupture où les deux partenaires sentent la fin s’approcher, ce qui n’est qu’une belle théorie qui  sera difficile d’appliquer en pratique…

chagrin d'amour

« Une joie partagée est une double joie, un chagrin partagé est un demi-chagrin. » (Jacques Deval, dramaturge français, né en 1875 et mort en 1972. Afin de vivre bel et bien). Image : © Megan Jorgensen.

Tristesse

État affectif déterminé par la douleur morale et s’exprimant par un affaissement des traits du visage, un abaissement des commissures palpébrales et labiales, une dépression globale du tonus musculaire et de l’activité gestuelle, des attitudes en flexion, un ralentissement de toutes les fonctions végétatives, etc.

Formes : Selon l’intensité, la durée et la nature de l’expérience déclenchante, on peut distinguer :

La tristesse émotion, état aigu répondant à une douleur intense. Dans sa forme extrême, elle revêt un aspect dramatique avec pleurer intense et souvent désarroi et agitation motrice. Le chagrin est un état plus proprement dépressif, d’expression plus discrète.

La tristesse peut être un sentiment et une attitude plus diffus, dus non plus à un choc émotif, mais à une situation, une évocation.

Enfin, elle est un ton affectif quand elle polarise pour longtemps toute l’affectivité du sujet, le fixe dans la dépression, le rend inaccessible à toute autre émotion.

C’est cette dernière forme surtout qui, si elle n’est pas motivée, constitue une manifestation morbide, soit constitutionnelle (dépression constitutionnelle, neurasthénie, certaines formes de schizoïdie), soit symptomatique d’une psychose : elle annonce un état dépressif, jalonne l’involution sénile, représente le premier indice d’une schizophrénie ou d’une paralysie générale.

Th. Kammerer

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