Québec psychologique

Carbonarcose

Carbonarcose

Carbonarcose

L’anoxémie paraît être un excitant intellectuel comme il résulte de certaines constatations faites à propose de l’asphyxie; cette excitation avait été recherchée expérimentalement par une inhalation de protoxyde d’azote (Montassut et Jacquot).

On doit à Lowenhaart la première technique d’une hypercapnie sans anoxie (1929).

Von Meduna a repris, en 1950, la méthode de cet auteur en l’appliquant plus spécialement au traitement des psychonévroses et affections psychosomatiques. Cette thérapeutique a été largement employée aux U.S.A. où elle a connu un certain succès.

En France, Baudouin, Reymond et Delarue l’ont utilisée chez les épileptiques en état du mal ou à crises fréquentes (Bull. de l’Ac. De Méd., 1947, 131, pp. 483 à 487 ; et Rev. neurol. 1948, 80, p. 615).

Montassut, Gachkel et Leroy en ont présenté une bonne étude à la société médico-psychologique (séance du 21 février 1954, in A. M. P), 1954, mars, p.359), d’après leur expérience personnelle de trois années. Ils emploient la technique préconisée par von Meduna et utilisent un mélange préparé par la Compagnie de Produits oxygénés (C02 : 25% ; 02 : 75%), Inhalations sous le masque de Legendre et Nicloux. Deux précautions sont à prendre : 1) Le masque doit être rigoureusement appliqué sur la figure, une déperdition de C02 entraînant l’anxiété ; 2) L’inhalation doit être suffisamment prolongée. La profondeur de la narcose se juge par la raideur de la nuque qui permet le soulèvement en masse du corps en état de rigidité : 15 à 70 respirations selon les cas.

Cette narcose peut se décomposer en trois phases :

  1. Polypnée avec une trentaine de respirations régulières et de grande amplitude, ébauche de quelques mouvements de défense, puis perte de conscience, parfois aussi hypertonie et mouvements choréiques ;
  2. Narcose vrai durant de 30 secondes à 2 minutes, avec raideur hypertonique ;
  3. Réveil progressif avec réactions émotionnelles, onirisme, durant 1 à 5 minutes, avec sueurs profuses et décontraction musculaire. Cette dernière phase peut s’accompagner d’agitation et d’une véritable abréaction. Nombreuses variantes d’attitudes dans la confusion et le sens des propos. Hallucinose sous forme de phantasmes; expansion affective.

La réorientation du sujet se fait en général au bout de 10 minutes, sous forme de bien-être euphorique et une certaine joie de vivre. Si elle se prolonge sous forme d’agitation anxieuse, c’est une contre-indication à la poursuite du traitement.

Les résultats lointains sont d’une estimation difficile et varient selon les auteurs : de 1 à 50 séances à raison de 2 à 3 par semaine (Montassut et coll).

Le maximum de cas favorables se rencontre dans les névroses et les troubles consécutifs à des situations conflictuelles ; on a vu se lever certains barrages chez des schizophrènes; les échecs ont été surtout relevés chez les vrais mélancoliques et peuvent être dangereux dans les états d’excitation.

L’amnésie consécutive qui est de règle ne permet guère l’exploitation, dans un but psychothérapique, des éléments oniriques fournis par l’abréaction et mal intellectualisés. On discute encore sur les mécanismes pathogéniques.

L’action générale de cette thérapeutique semble être surtout de lever des inhibitions et elle convient particulièrement à toutes les situations de contrainte.

Ant. Porot.

Raven Sondée narcose

On n’avait point encore sondé ce vaste fond des pensées de l’homme, pour en connaître la profondeur. Mais tout commence avec le toit au dessus de la tête. (J.B. Marquis Argens, Lettres Juives (Tome 4 et tome 5). Illustration par Megan Jorgensen.

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