Québec psychologique

Aura et eidétisme

Aura et eidétisme

Aura et eidétsime en psychologie

Aura

On décrit classiquement, sous le nom d’aura (étymologiquement : souffle), un ensemble de troubles subjectifs de durée plus ou moins brève qui précèdent immédiatement les paroxysmes objectifs de certains états neuropsychiques, surtout épileptiques et hystériques.

L’aura fait en réalité partie de l’accès qui peut éventuellement se limiter à ce seul prodrome.

Sans grande signification pathogénique dans l’hystérie où elle revêt cependant parfois un caractère symbolique en relation avec la situation conflictuelle, l’aura offre souvent au contraire, dans l’attaque épileptique, un intérêt localisateur précieux trahissant le foyer irritatif conditionnant la crise.

C’est ainsi que Gastaut en particulier a pu attirer à nouveau l’attention sur la richesse des sensations végétatives prodromiques (auras épigastriques, pharyngées, abdominales) déjà remarquées par Voisin, par Gowers, dans les épilepsies partielles, secondairement généralisées ou non, du syndrome «hémiconvulsion-hémiplégie-épilepsie» à localisation surtout temporale rhinencéphalique.

Aura

L’aura de la créature forte. Photo par Megan Jorgensen.

Les auras sensorielles (olfactive, gustative, auditive, visuelle), sensitives (en particulier dysesthésiques pouvant revêtir même la forme de troubles de l’image corporelle) ou intéressant certaines fonctions instrumentales (aphasie, agnosie, apraxie), qu’elles soient isolées ou groupées (par exemple les hallucinations olfactives, gustatives et visuelles associées préludant à la crise uncinée), surtout lorsqu’elles sont nettes et se reproduisent d’une façon similaire au début de chaque paroxysme, ont une grande valeur clinique. On doit toujours s’efforcer d’en faire une analyse minutieuse quand on soupçonne une épilepsie partielle, en vue de diriger les recherches localisatrices complémentaires.

Il existe bien entendu des crises sans aura ou dont l’aura, par son caractère vague ou diffus, réduit à un changement thymique, une angoisse, un pressentiment, un sentiment d’étrangeté ou de déjà éprouvé, ne donne aucune indication. C’est souvent le cas des épilepsies généralisées. P. Carrette a rappelé à propos de Dostoïewski (Communication au Congrès de Pau, 1953) les extases euphoriques ou « auras merveilleuses » des crises du célèbre écrivain. L’observation de certaines auras privilégiées (musicales par exemple) peut éclairer la psychophysiologie des processus de dynamisation des composantes dites sensorielles (S. Piro).

Ch. Bardenat

Eidétisme

Faculté qui présentent quelques sujets de revoir, en fixant une surface unie, l’image d’un objet, d’une photographie qu’ils ont eu un instant devant les yeux. L’image éidétique peut encore apparaître au bout de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines, ce qui la sépare nettement de l’image consécutive ou « post-image » ; les expériences de Dwelshauvers ont montré qu’elle se projette selon les lois de l’optique géométrique selon les lois de l’optique géométrique et qu’elle est perçue avec plus de précision lorsque le sujet se sert d’une loupe; elle est susceptible de modifications spontanées (renversement, croissance quand elle est projetée sur un écran qui s’éloigne, amputations partielle, etc.) , semblant subir l’influence de l’affectivité; on a même attribué à l’eidétisme la possibilité de certaines surcharges dues à l’état affectif ; statues qui s’animent, larmes aux yeux d’une icône.

L’éidetisme a été découvert par les frères Jaensch, de Marbourg, pour lesquels il serait relativement fréquent chez les enfants, avec point culminant vers l’âge de 6 ans, s’atténuant par la suite. L’enfant projetterait sur les images qu’il perçoit toute une charge imaginative et affective et n’acquerait que plus tard la vision strictement objective et la perception sensorielle pure. L’affirmation de Jaensch est contestée par Quercy.

L’eidétisme paraît être en rapport avec une constitution neurovégétative et caractérologique particulière.

Dwelshauvers a également décrit un éidétisme tactile.

Selon Mourgue, l’éidétisme proche de certaines hallucinations, aiderait à en concevoir le mécanisme.

J. – M. Sutter

Cerveau

Le cerveau eidétique. La mémoire eidétique, mémoire photographique, ou mémoire absolue, est la faculté de se souvenir d’une grande quantité d’images, de sons, ou d’objets dans leurs moindres détails. Image : © Megan Jorgensen.

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