Association des idées en psychiatrie
Phénomène psychologique par lequel une idée occupant le champ de la conscience en automatiquement unissant plusieurs autres.
C’est par une extension abusive de l’idée d’association des idées que l’on applique parfois ce terme à des modes d’évocation ne présentant aucun caractère ; automatisme, ce qui conduit à une conception «associationniste» de toute l’activité mentale (Hume et les empiristes anglais).
Chez le schizophrène, elles amènent dans le discours des idées sans connexion apparente avec le motif principal de la phrase, donnant une impression de «pensée abrupte», de bizarrerie souvent impénétrable ; elles sont également sujettes à de brusques interruptions, réalisant alors le phénomène caractéristique du «blocage». Bleuler considérait cette atteinte de la fonction d’association des idées comme l’un des symptômes cardinaux de la schizophrénie.
Le plus souvent, le trouble de l’association des idées apparaît comme secondaire à d’autres altérations psychiques. Il en est ainsi dans certains délires à forte charge affective où l’état passionnel les polarise, aboutissant à des interprétations pathologiques systématiques. Les faits les plus insignifiants ramènent alors, dans le champ de la conscience. Ainsi le thème délirant essentiel et se lui aussitôt incorporent. Dans les états maniaques, s’observe la fuite des idées. Ici, la défaillance du contrôle psycho-affectif général laisse apparaître l’automatisme des associations, leur formation par contiguïté ou par ressemblance, caractères normaux des phénomènes associatifs. Pourtant, habituellement, les instances supérieures du psychisme les freinent ou disciplinent.
Les associations d’idées sont largement utilisées pour l’exploration de l’inconscient, dont elles subissent manifestement l’influence.
J.-M. Sutter.