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Voyage à Les Escoumins

Voyage à Les Escoumins

Destination touristique : à Les Escoumins

La présence d’une kyrielle de plans d’eau, de vastes étendues de sable de même que la possibilité d’observer la baleine bleue – le plus gros mammifère de son espèce – ou de pêcher la morue sur le fleuve, attirent aux Escoumins nombre de vacanciers à la recherche de soleil et de bains de mer.

D’ailleurs, la position géographique de cette municipalité nord-côtière qui donne sur le Saint-Laurent, à 40 kilomètres environ au nord-est de Tadoussac, entre Bergeronnes et Saint-Paul-du-Nord, favorise cette vocation axée sur la villégiature et les joies du plein air. Avant tout cependant, le nom même de cette entité, également attribuée au bureau de poste ouvert en 1853, a suscité de nombreux commentaires. Traditionnellement, on s’est accordé à y voir le montagnais « iskomin », de « isko » ou « ishko », jusqu’ici, jusque-là, et « min » graines rouges, petits fruits sauvages en général, d’où « il y a beaucoup de graines, jusque-là il y a des fruits, des graines ; ces graines un peu plus petites que les atocas, sont appelées cranberries ou foxberries par les anglophones et pommes de terre par les gens de la Rive-Sud. Ces fruits rouges, proches de l’airelle ou du bleuet, tapissent les rochers et garnissent les plaines de mousse. Ils ont la particularité de passer l’hiver sous la neige tout en conservant leur belle couleur vermeille jusqu’au printemps. Jadis, les Montagnais qui fréquentaient ces parages, reconnus comme le berceau amérindien de la Côte-Nord, ayant épuisé leurs réserves de nourriture au cours de L’hiver, affirmaient aller aux « eskomins » au printemps, à la recherche des petits fruits et ainsi le nom s’est peu à peu implanté dans l’usage.

Plusieurs graphies comme Uscamin, Les Escoumains, Essuie-Mains, L’Esquemin, Lesquemin, Leschemin (Champlain, 1629), L’Esquemain, Lesquemain (carte de Champlain de 1611 et autres textes de 1626), etc. se sont succédé au fil des siècles, et les plus anciennes mentions de ce nom remontent au début du XVIIe siècle (Hakluyt, auteur d’une mappemonde ; carte de Levasseur de 1601, qui porte la forme Escanimes, contrat passé à Saint-Jean-de-Luz en 1604 qui comporte la graphie rare Esguenim).

Le texte de Samuel de Champlain écrit en 1603, qui fournit une très bonne description de l’endroit, mérite d’être reproduit, malgré sa longueur : « Puis, allant à l’Efquemin, vous rencontrez deux petites îles baffes et un petit rochers à terre. Ces dites îles font environ à demi-lieue de Lefquemin, qui font un fort mauvais port entouré de rochers et affiche de baffe mer. Il faut varier pour entrer dedans au derrière d’une petite pointe de rocher, où il n’y peut qu’un vaisseau. Un peu plus haut, il y a une rivière que va quelque peu dans les terres ; c’est le lieu où les Basques font la pêche des baleines. Pour dire vérité,, le port ne vaut de tout rien. »

Selon une théorie plus récente, fondée sur la présence de Micmacs jadis sur la Côte-Nord, il faudrait voir voir dans cette appellation une déformation du terme micmac « eskumunaak », lieu de guet. Par ailleurs, d’autres sources avancent que l’endroit porte le nom d’Essipit en montagnais, dénomination signifiant « rivière aux coquillages. Historiquement, les Basques auraient été les premiers Blancs à fréquenter les lieux puisqu’ils hantaient l’estuaire du Saint-Laurent dès le premier tiers du XVIe siècle. Les premiers Escouminois, blasonnés par la suite comme les Renards, arrivent vers 1825, mais c’est en 1845 que le village prend forme vraiment grâce à de nombreuses familles de la Côte-du-Sud, notamment de Trois-Pistoles, Rivière-Ouelle, Rimouski ainsi qu’un groupe de Charlevoisiens qui s’y installent. Le commerce du bois permettra aux Escoumins de se développer rapidement et d’accéder au titre de municipalité en 1863, sous la forme Les Escoumains, rectifiée en Les Escoumins à compter de 1957.

Toutefois, l’endroit a longtemps porté le nom parallèle de Bon-Désir et le père Laure, missionnaire sur la Côte-Nord de 1720 à 1738, mentionne l’érection d’une croix, en 1723, en l’honneur de Notre-Dame de Bon-Désir. Il assurera les services religieux à la mission identifiée comme Saint-Marcellin la même année, laquelle sera érigée en paroisse seulement en 1946. Quant à la présence de l’article initial dans le toponyme, on peut résumer la situation ainsi : à l’origine, il ne figurait pas (Escoumins et variantes), puis il apparaît sous la forme élidée L’Escoumins aux XVIIe et XVIIIe siècles, pour être fixé sous la forme plurielle (Les Escoumins) à partir du XIXe siècle.

Les Escoumins
C’est au large du village des Escoumins, situé à l’embouchure de la rivière du même nom, que les pilotes du Saint-Laurent prennent le relais de la commande des navires remontant le fleuve. Photo libre de droits.

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