Wilbert Coffin pendu à la prison commune
Wilbert Coffin a été pendu, tôt ce matin, le 10 février 1956, à la prison commune, à Bordeaux (prison de Montréal), sans avoir pu obtenir la permission d’épouser sa concubine, Marion Petrie, et légitimer leur fils de huit ans, James.
Son exécution, qui fut remise à sept reprises depuis sa condamnation à mort, met fin à l’une des causes criminelles les plus longues et les plus riches en incidents de toutes sortes dont fassent mention les annales judiciaires dans notre province.
Coffin, qui était âgé de 43 ans, est monté sur l’échafaud à 12 heures 19 ce matin. Il a été déclaré mort à 12 h 33, soit 14 minutes plus tard.
Le prospecteur, qui avait été jugé coupable du meurtre d’un jeune chasseur américain, assassiné avec ses deux compagnons dans les forêts de la Gaspésie, au début de l’été 1953, s’était enfermé dans un mutisme complet plus de deux heures avant son exécution.
Le shérif Paul Hurteau, C.R., qui a assisté à la pendaison, a déclaré que Coffin a marché calmement à l’échafaud et n’a fait aucune déclaration avant de mourir.
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On a remis corps de Coffin à la famille à la suite de l’exécution. Celle-ci le transportera en Gaspésie, où la famille l’inhumera.
Le shérif Hurteau a fait une déclaration sur les dernières paroles prononcées par Coffin. Il les avait prononcé plus de deux heures avant son exécution. Il protesta de nouveau de son innocence. Plus, il ne prononça une seule parole par la suite.
Le Dr. Marius Denis, médecin de la prison, a constaté sa mort. Le shérif a déclaré que Coffin avait fait preuve d’un grand sang-froid et demeuré calme jusqu’à la fin. Il a ajouté qu’il n’a laissé aucune lettre. Lorsqu’on lui demanda s’il avait quelque chose à dire avant de quitter sa cellule, in ne fit aucune déclaration. In ne reçut aucune visite à la suite de celle que lui fit son avocat, Me François Gravel, dans le courant de la journée d’hier.
Coffin avait mangé du poulet, peu après midi. Il a pris ensuite son dernier repas, composé d’œufs et de jambon, peu après 6 heures hier soir.
Après qu’il eut appris, hier après-midi, que le cabinet avait rejeté sa requête de commutation de peine, Coffin a demandé s’il pouvait encore espérer pouvoir épouser Marion Petrie. L’honorable Maurice Duplessis, premier ministre et procureur général de la province, rejeta cette demande. «Nous ne pouvons permettre à ces deux personnages de se rencontrer, a déclaré M. Duplessis, cela irait à l’encontre de l’intérêt public et de las saine administration de la justice».
(Cela se passait le 10 février 1956).

Voir aussi :
- Forces de l’ordre au Québec (l’index thématique)
- Le pendu de la côte Saint-Michel