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Syndicats ouvriers : chronique

Syndicats ouvriers : chronique

Unions ouvrières au Québec

Chronique ouvrière : Ce sont les syndicats qui obtiennent le juste salaire – Ce n’est pas le gouvernement, quoique beaucoup d’ouvriers le croient – dit M. Arthur Viziau.

Les briqueteurs

« Les ouvriers devraient se rendre compte par eux-mêmes du travail qu’accomplit pour eux leur union. Ils comprendraient de cette manière que ce n’est pas le gouvernement provincial qui leur obtient de meilleurs salaires, mais bien le syndicat auquel ils sont membres.

Si les briqueteurs obtiennent le salaire de 92 sous de l’heure qui a été réclamé cette année des entrepreneurs de la construction ce qui signifie une augmentation de 15 pour cent, ce sera grâce à leur association. »

C’est ce qui déclare l’agent d’affaires de l’union nationale des briqueteurs, M. Arthur Viziau, en commentant les deux derniers entretiens qui eurent lieu entre la Chambre de construction de Montréal et le comité de négociation des employés pour le renouvellement du contrat collectif de cette industrie. M. Arthur Viziau déclare que les entrepreneurs ont refusé catégoriquement d’augmenter les salaires en prétendant que les demandes ouvrières n’étaient pas justifiables. « Je crois, dit-il, que nos demandes sont plus justifiables que les arguments superficiels apportés par la Chambre de Construction. Car, au lieu d’étudier les besoins de chaque corps de métier en particulier, ils ont considéré nos demandes sous leur aspect général.

Monsieur Arthur Viziau affirme que si, en fait, certains corps de métiers ont atteint la limite de leurs salaires, d’autres gagnent encore très peu. Il cite le cas des briqueteurs qui doivent voyager dans divers centres où ils gagnent souvent des salaires inférieurs à ceux de Montréal. Ils ne sont employés la plupart du temps que sur des travaux de construction et d’amélioration. Ils perdent également beaucoup de temps par la mauvaise température ou à attendre les matériaux. Ce qui signifie que beaucoup d’entr’eux gagnent seulement de $360 à $400 par année. « Est-ce un salaire convenable pour faire vivre un famille ? », dit-il.

Puis M. Viziau, en parlant du récent arrêté ministériel du gouvernement qui limite à huit heures par jour le travail des ouvriers de métiers, et à 9 heures celui des journaliers, se demande si cet amendement signifie une diminution d’heures de travail. « Dans ce cas, dit-il, il faudrait une augmentation de salaires correspondante, puisque les rémunérations actuelles ne suffisent pas. Je serais anxieux de savoir si le premier ministre a étudié la question sous tous ses aspects, car elle est certes dommageable aux ouvriers de la construction. »

Monsieur Viziau trouve étrange que le premier ministre ait amendé le contrat collectif, alors que les intéressés sont à négocier le nouveau contrat collectif. « Je crois, dit-il, qu’au lieu d’amender notre entente de travail, le gouvernement eût mieux fait de tenter l’expérience dans les industries qui, actuellement, travaillent de 60 à 90 heures par semaine.

Il termine en demandant aux entrepreneurs de revenir sur leur décision et de donner justice à qui le droit. Aux briqueteurs, il réclame leur coopération. « Si nous voulons vaincre cette opposition, dit-il, il faut être unis. Plus nous serons nombreux, moins les patrons oseront nous combattre. »

L’entretien des employées des hôpitaux et du gouvernement provincial aura lieu aujourd’hui

L’Association des employés des hôpitaux aura un entretien aujourd’hui, à Québec, avec le premier ministre et le ministre du Travail de la province au sujet de l’abrogation de l’ordonnance #11. MM. E.-A. La Caire, agent d’affaires de l’Association, d’autres délégués et le président de la Confédération des Travailleurs Catholiques du Canada, M. Alfred Charpentier, seront reçus par MM. Duplessis et Tremblay.

Le but des représentants ouvriers est de protester contre la décision du gouvernement d’abroger cette ordonnance qui établissait certains minima de salaires pour les employés des hôpitaux. Le gouvernement a abrogé le décret en prétendant que les conseils d’administration ne pouvaient pas payer les salaires prescrits et que Québec ne pouvait, d’autre part, donner des octrois supplémentaires.

Les employés, qui sont des plus mécontents, projettent de prendre des mesures sévères si le résultat de l’entretien avec le gouvernement provincial n’est pas satisfaisant.

Les représentants de l’Union des opérateurs de machine à vapeur dont plusieurs membres, à l’emploi des hôpitaux, ne bénéficient plus des avantages de leur ordonnance #6, auront aussi un entretien, aujourd’hui, à Québec, avec MM. Duplessis et Tremblay. Les chauffeurs de fournaises sont aussi très mécontents de l’attitude de Québec à leur égard.

L’Association des employés d’hôpitaux annonce qu’elle tiendra une réunion vendredi soir prochain, à 8 heures au #1231 est, rue De Montigny, où on donnera un rapport de l’entretien qui eut lieu avec le gouvernement.

Avis aux sections du syndicat des cordonniers

Toutes les sections du syndicat des cordonniers tiendront une assemblée générale conjointe ce soir, à 8 heures au #1231 est, rue De Montigny. Il y sera question de plusieurs projets d’intérêt particulier. On prie tous les membres d’y assister.

Avis des Ouvriers unis de Montcalm-Saint-Édouard

Les Ouvriers unis de Montcalm-St-Édouard tiendront une réunions régulière ce soir, à 8 heures à la salle Marquette, située au #6675, rue Marquette. On y discutera de questions d’un intérêt particulier.

Avis aux débardeurs de la navigation côtière et intérieure

Les débardeurs de la navigation côtière et intérieure, membres de la loge 1004 de la Fraternité des chemins de fer, sont priés d’assister à la réunion régulière qui se tiendra ce soir, à 8 heures au #27 est, rue Notre-Dame. On procédera à l’étude du contrat de travail qui sera mis en vigueur l’été prochain au port de Montréal.

Le syndicat des tailleurs de gants de travail étudiera son contrat collectif

Lors de la réunion qu’il tiendra ce soir, à 8 heures, au #1231 est, rue De Montigny, le syndicat des tailleurs de gants de travail étudiera son contrat collectif qui a été mis en vigueur cette semaine. Cette réunion devait être tenue le 10 courant, mais on a dû en avancer la date à cause de la sanction du contrat.

M, Henri Desjardins, président des chauffeurs d’autobus est décédé subitement, lundi soir

Le président de la section des chauffeurs d’autobus du syndicat des employés de tramways, M. Henri Desjardins, est mort subitement, lundi soir dernier, à sa demeure. Sa dépouille est actuellement exposée aux salons mortuaires, situés au #6520, rue Saint-Denis. Son service aura lieu vendredi, à 8 heures 30, à l’Église Saint-Arsène.

Monsieur Desjardins était président des chauffeurs d’autobus depuis deux ans. Il était au service de la Compagnie des Tramways depuis de nombreuses années. Le syndicat prie ses membres d’assister au service funèbre. Il offre ses sincères sympathies à la famille en deuil.

(Ces nouvelles de la Chronique ouvrière datent du 8 mars 1939).

La création n’est rien d’autre qu’un rêve durement mis en forme. (Gilbert Choquette, « La flamme et la forge ».)
La création n’est rien d’autre qu’un rêve durement mis en forme. (Gilbert Choquette, « La flamme et la forge ».) Rue Montcalm à Laval. Photographie par Megan Jorgensen.

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