Des nouvelles pas fraîches

Les quatre gifles

Les quatre gifles

Péripéties d’une chicane de voisins devant le tribunal

Un mari réclame sans succès une indemnité pour l’arrestation de sa femme

L’indemnité que M. Harold-Vernon Iverson réclamait pour l’arrestation indue de son épouse lui a été refusée par l’honorable juge H. – A. Fortier, de la Cour supérieure de la province de Québec, qui vient de rejeter sa demande en déclarant que, si on avait fait arrêter Mme Iverson à tort, celle-ci avait eu également tort de gifler celui qui l’avait fait arrêter.

C’est ici l’histoire bien ordinaire d’une chicane de voisins, laquelle a commencé comme ces chicanes commencent : ceux d’en bas trouvent que ceux d’en haut mènent trop de bruit sur leur tête et ceux d’en haut trouvent que ceux d’en bas sont bien exigeants. Résultat : la chicane bat son plein.

Dans la présente action, il s’agit du voisin d’en haut, M. Iverson, qui, comme chef de la communauté, prend action et réclame $ 1,000 pour l’humiliation subie par Mme Iverson quand celle-ci a été arrêtée sur la plainte du voisin d’en bas, M. Allan State, qui, après avoir reçu d’elle quatre retentissantes gifles, l’accusait de voies de fait. La plainte N’était pas bien sérieuse et elle fut rejetée par la Cour des sessions de la paix. Mme Iverson, toutefois, avait été arrêtée, écrouée, photographiée et soumise à toutes les humiliations usuelles de la salle d’écrou et, sa réputation en souffrant d’autant, son mari réclamait indemnité de celui qui l’avait ainsi fait arrêter.

Monsieur State, qui n’a pas réussi à faire condamner Mme Iverson devant la Correctionnelle, a eu plus de succès en Cour supérieure et il a fait rejeter l’action en dommages en plaidant que, premièrement, il avait bel et bien été assailli en recevant ainsi quatre taloches, et, deuxièmement, qu’il avait usé de toute la prudence nécessaire avant de porter plainte, c’est-à-dire, qu’il avait consulté un homme de loi.

La preuve devant le tribunal a révélé l’origine de la querelle et c’est tout simplement que M. State trouvait que Mme Iverson menait trop de train sur son plafond. Le soir du 17 juillet 1936, M. State alla donc se plaindre au concierge et, accompagné de ce dernier, il alla frapper à la porte de Mme Iverson pour faire cesser le prétendu tapage. Mme Iverson ouvrit la porte et la discussion commença. Bientôt, les voisins s’emportèrent et Mme Iverson s’oublia jusqu’à appliquer quatre gifles retentissantes sur la joue du voisin d’en bas. La victime fit arrêter l’assaillante. L’assaillante fut libérée. Le mari de l’assaillante poursuit alors le plaignant, Ce dernier se défend disant qu’il avait raison de porter plainte bien que sa plainte n’ait pas été maintenue. L’honorable juge Gibsone règle l’affaire en rejetant l’action, chaque partie payant ses frais. Son jugement considère que la victime nMaurait peut-être pas dû faire arrêter l’assaillante et que l’assaillante n’aurait pas dû frapper la victime. Il renvoie donc l’un et l’autre dos à dos.

(Cela se passé à Montréal, en juillet de 1936).

Il faut avouer qu’on a bien pénétré dans la difficulté, en disant ce qui ne se peut point; mais il ne paraît pas qu’on l’ait levée en expliquant ce qui se fait effectivement ceux qui nous donnent des sciences ont coutume aussi de nous donner aussi des définitions (Gottfried Wilhelm Leibnitz Lettres et textes divers.) Photographie des Barbie par Megan Jorgensen.
Il faut avouer qu’on a bien pénétré dans la difficulté, en disant ce qui ne se peut point; mais il ne paraît pas qu’on l’ait levée en expliquant ce qui se fait effectivement ceux qui nous donnent des sciences ont coutume aussi de nous donner aussi des définitions (Gottfried Wilhelm Leibnitz Lettres et textes divers.) Photographie des Barbie par Megan Jorgensen.

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