Petro-Canada et Ultramar fusionnent

Petro-Canada et Ultramar fusionnent : Les deux pétrolières se renforcent pour le marché américain

(Cette nouvelle sur la fusion entre Petro-Canada et Ultramar date du 7 janvier 1998, texte publié dans le journal La Presse, le 7 janvier 1998).

Afin de réduire leurs coûts et d’accroître leur rentabilité, les pétrolières Petro-Canada et Ultramar fusionnent leurs activités de raffinage et de commercialisation au sein d’une coentreprise qui sera contrôlée à 51 % par Petro-Canada et aura un chiffre d’affaires de 8,5 milliards de dollars C A N et 6000 employés.

Les dirigeants des deux sociétés, qui travaillent à cette fin depuis un an, ont annoncé l’entente au cours d’une conférence de presse commune. La coentreprise, dont le nom reste à déterminer, desservira le Canada et le nord des États-Unis. Ultramar restera présente dans le sud des États-Unis par l’entremise de la maison mère texane, Ultramar Diamond Shamrock.

La coentreprise, qui pourrait voir le jour au printemps après avoir obtenu toutes les autorisations réglementaires, prévoit investir 500 millions de dollars dans l’est du Canada, principalement au Québec, au cours des quatre prochaines années. La plus grande part de l’investissement ira à l’agrandissement de la capacité de raffinage. Cela lui permettra de concurrencer le marché américain.

Petro-Canada et Ultramar

Petro-Canada et Ultramar évaluent les gains de synergies et les économies à 625 millions de dollars. « Ce sera une grande entreprise, a déclaré M. Jean Gaulin, président et chef d’exploitation d’Ultramar, qui nous permettra d’évoluer dans un monde où les grands fusionnent. Elle nous donne une base solide pour concurrencer les autres. » M. Gaulin, qui deviendra président du conseil d’administration de la coentreprise, parle d’une réduction d’effectifs d’environ 5 %. en grande partie grâce à l’attrition.

Des stations-service seront fermées ou vendues, mais il ne pouvait dire combien. Les principales décisions devront être approuvées par les deux partenaires. Petro-Canada détiendra 64 % des éléments d’actif de la coentreprise. Elle y versera tous ses avoirs dans le secteur en aval, y compris les raffineries d’Edmonton, de Montréal et d’Oakville, un réseau de commercialisation national, ses installations de fabrication de lubrifiants de Mississauga, en Ontario, sa participation dans les pipelines de produits et celle dans le pipeline Portland-Montréal, dans l’est du Canada.

Comme La Presse l’a ébruité à la fin novembre, Ultramar, qui aura 36 % de l’actif, y apportera ses activités en aval du Canada, du Michigan et de plusieurs États de la Nouvelle-Angleterre, incluant deux de ses sept raffineries, soit celles de Saint-Romuald et d’Alma (Michigan), ainsi que 1700 points de vente au détail.

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La coentreprise comptera 3517 stations service, cinq raffineries d’une capacité nominale quotidienne de 500 000 barils de pétrole brut et fournira du mazout domestique à plus de 300 000 clients.

Au Canada, la coentreprise utilisera la marque Petro-Canada comme marque nationale. Éventuellement l’enseigne Ultramar disparaîtra des grands centres urbains comme Montréal, mais demeurera en région.

Aux États-Unis, on utilisera la marque Total. La coentreprise aura des éléments d’actif de quatre milliards de dollars et un chiffre d’affaires de 8,5 milliards de dollars, ce qui lui permettra une croissance future, soit par acquisitions ou par pénétration des marchés. Ensemble, les deux pétrolières accapareront 38 % du marché au Québec et 25 % du marché canadien. Cela inquiète d’ailleurs les détaillants indépendants qui ont présentement 20 % du marché. Selon l’Association des distributeurs indépendants de produits pétroliers, les consommateurs et les indépendants risquent gros avec cette fusion et la « surconcentration » du marché.

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