Des nouvelles pas fraîches

Guerre aux pétards !

Guerre aux pétards !

Guerre aux pétards !

Il faut, à tout prix, empêcher les commerçants sans scrupule de vendre les pièces pyrotechniques aux enfants et aux adolescents qui ne peuvent les utiliser sans danger pour eux et leurs voisins.

Malgré l’existence du règlement municipal #260, la vente et l’usage des pétards, n’en a pas moins continue, cette année, surtout, la semaine dernière. C’est fatal, le 24 de mai ne peut se passer de pyrotechnies plus ou moins amusantes. Le voisinage de la république yankee, où l’on célèbre la fête nationale (4 juillet), en tuant des centaines de gens avec des pétards canons, des bombes ou des balles de revolver, a fait naître ici, il y a bien longtemps déjà, une si folle effervescence, surtout chez les jeunes, qu’il ne se passe pas de 24 mai sans qu’on ait à déplorer de malheureux accidents, toujours imputables à l’usage de pièces pyrotechniques.

Depuis un mois, au moins, on a commencé à mettre des pétards à l’étalage des magasinets. De toutes dimensions et de toutes natures, ces explosifs attirent l’attention des enfants et leur inspirent un désir irrésistible de manifester bruyamment leur enthousiasme. Peu importent les moyens de se procurer les éternels pétards, on se les accapare à tout prix, souvent même par un vol, et la fête commence.

Une fois que les pétards tant désirés ont été achetés, gare au public! Dans les foules, dans la rue, aux portes de magasins, à l’entrée des théâtres, sur le marchepied des tramways, sous les roues des véhicules, l’explosion se produit et, malheureusement très souvent, il s’ensuit des accidents. Les jupes s’enflamment, les crises se produisent, la foule hurle et le coupable disparait.

Le paragraphe C de l’article 112 du règlement 260 dit :

« Personne ne devra tenir, vendre ou tirer des pétards dans la cité, et personne ne devra fabriquer ou tenir en vente des feux d’artifice avant d’avoir obtenu un permis à cet effet de l’inspecteur des édifices ».

La loi, comme on le voit, est assez précise.

Ce que dit le chef Campeau

Interrogé, le chef Campeau déclare qu’il existe en effet un règlement défendant l’usage de ces explosifs ailleurs qu’à soixante verges des maisons ou de la rue.

Tous les printemps, cependant, et en été, au cours des manifestations patriotiques, on est obligé d’user de tolérance, d’autant plus que la police ne peut être partout pour empêcher les délits de ce genre.

Cependant, le public est d’avis qu’on devrait réprimer les abus et empêcher l’usage des explosifs dans les rues. Le règlement est formel.

(Cet article a été publié dans le quotidien La Presse le 28 mai 1907).

Sur les feux d’artifice

“Nous pouvons, avec le salpêtre et d’autres substances, telles que le soufre et le charbon, fabriquer artificiellement un feu susceptible d’être lancé à toute distance. On peut aussi parfaitement imiter la lumière de l’éclair et le bruit du tonnerre : il suffit d’employer une très petite quantité de ces matières pour produire une vive clarté accompagnée d’un
horrible fracas. Grâce à quoi une ville pourrait être brûlée et une armée détruite. Qui a écrit ceci ? Roger Bacon, le célèbre moine anglais surnommé le “Moine admirable”, né en 1214 et mort en 1294, qui instaura la méthode expérimentale, redressa les erreurs de Ptolémée et d’Aristote, réforma le calendrier, découvrit le principe du microscope, pressentit Galilée et annonça Newton. Que nous sommes loin des prétendus ténèbres du moyen âge.

Feux

Feux d’artifice. Photographie de GrandQuebec.com.

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